Multifonctions, les abris de jardin sont devenus incontournables, à l’instar des célèbres cabanes de jardinier omniprésentes depuis toujours dans un coin du potager. Mais attention, ces petites constructions ne peuvent être implantées n’importe où (*).

L'installation d'un abri de jardin relève-t-elle d'une autorisation d'urbanisme ?

La réglementation relative à l’implantation des cabanes de jardin, abris, serres, et autres petites annexes ne doit pas être sous-estimée.

- si le projet doit se faire sur un terrain nu, ne comportant aucune construction, il y a obligation de demander un permis de construire, quelle que soit la superficie envisagée.

- si le projet se fait sur un terrain supportant déjà une construction, une déclaration de travaux est nécessaire si le projet à une emprise au sol comprise entre 5 et 20 m2. Au dessus de 20m2, c’est un permis de construire qui s’impose. Depuis le premier mars 2012, le décret n°2012-274 relève le seuil de dispense de formalité des travaux de construction : les travaux dont la surface est inférieure ou égale à 5 mètres carrés sont dispensés de formalité (contre 2 mètres carrés auparavant).

Mais il y a beaucoup de subtilités qu'il ne faut surtout pas ignorer.

La notion d'emprise au sol est importante, car elle inclut les débords de toit, auvent, parties de l’abri qui ne sont pas couvertes ou qui ne sont pas entourées de parois : une avancée de toit ou une partie appentis sur le côté de l’abri sont obligatoirement incluses dans la surface.

À ces règles s’ajoutent le respect des disposition d'urbanisme en vigueur dans chaque commune (implantation par rapport aux limites séparatives, aux voies, aspect architectural etc.) : ainsi, le Code de l’urbanisme est très précis quant aux distances d’implantation par rapport au voisinage, à moins que ce ne soit un règlement de lotissement qui ne prévale, le cas échéant. Le meilleur conseil reste dans tous les cas de bien se renseigner directement à la mairie auprès du service d’urbanisme compétent.

Où implanter l’abri dans le jardin, à quel endroit le construire ?

À cette question, la réponse est : à quels usages est destinée la cabane de jardin ? Dans tous les cas, elle est facilement accessible par une allée suffisamment large et confortable, y compris avec une brouette ou un engin à moteur (tondeuse, mini tracteur avec ou sans remorque, motobineuse…). L’espace qui l’entoure permet de bricoler et travailler facilement (empoter des végétaux, tailler des piquets, repeindre ou nettoyer le salon de jardin…).

La meilleure place est souvent à l’entrée du potager, stratégiquement entre les espaces agrément et culture, ou entre potager et verger. Dans le même temps, elle est aussi très facile d’accès depuis la maison, et elle comporte à proximité le coin compostage. Quand le jardin est de petite taille, la cabane de jardin peut être un simple prolongement d’un garage, par exemple. Par contre, dans tous les cas, l’abri comportant outils et produits doit être un lieu fermé, inaccessibles aux enfants et aux animaux domestiques.

Dans quelles conditions de milieu implanter la cabane au jardin ?

Quel que soit le matériaux choisi, l’abri de jardin reste une construction légère qui ne doit pas être soumise à trop de variations du milieu : les successions « chaleur du jour et froid de la nuit » ou « forte humidité et période sèche » font beaucoup jouer les matériaux et assemblages au risque de créer des fuites d’air ou d’eau et des problèmes d’ouverture de porte ou de fenêtre… De même, une cabane ayant sa base dans l’humidité et la tête au soleil va subir beaucoup de contraintes et des risques accrus de moisissures et pourritures.

Si l'esthétique est importante, et l’aspect fonctionnel essentiel, la salubrité de l’abri et sa durabilité sont aussi fondamentaux. S’inspirer des abris de jardinier dans les parcs et jardins publics est une bonne idée : une cour de 15 à 35m2 (ou plus), gravillonnée, avec la cabane sur un côté, le tout entouré d’une palissade, d’une haie ou d’une jolie clôture, avec un arbre apportant une ombre légère. Un tel lieu permet d’accueillir l’espace compost, une table de rempotage, les châssis de culture, le matériel et les matériaux encombrants, le stock de pots, piquets, grillage, peut-être la mini serre…. Bref, un lieu très fonctionnel, un peu à l’abri des regards et des enfants et animaux, où il est facile de travailler, stocker, ranger en toute sécurité.

Peut-on implanter l’abri directement sur le sol du jardin ?

La réponse est plutôt « non » ; Idéalement, l’implantation doit se faire sur sol sec et sain : cette condition est essentielle pour la cabane autant que pour ce qu’elle doit contenir (outils, graines, substances et matériaux divers…). Quatre solutions sont possibles :

  • Drainer la surface d’implantation : décaisser sur 20cm de profondeur, sur une surface d'1m plus large que les côtés de l’abri ; remplir de tout-venant adapté au drainage. La pose préalable d’un géotextile spécifique est utile.
  • Construire sur plots de béton laisse circuler l’air sous l’abri. Enfoncés de 50cm ou plus dans le sol et dépassent de 15cm, ils permettent de fixer l’abri et son plancher un peu en hauteur. Une petite rampe facilitera l’accès. L’écartement entre les plots doit être bien étudié selon le type d’abri pour empêcher toute déformation de la structure.
  • Variantes des plots, les longerons conviennent partout où les risques de tempêtes existent ; ce sont des « poutres » de béton ancrées sur toute leur longueur dans le sol et dépassant de 15 cm. Implantés parallèlement les uns aux autres (espacés de 60 cm ou plus suivant le type d’abri), ces longerons de longueur égale à la largeur de l’abri laissent ainsi l’air circuler sous la cabane.
  • La surélévation du sol est une autre idée intéressante en sol peu humide ; Un léger promontoire de 15 à 25cm de haut, damé et stabilisé, protège l’abri des ruissellements et écoulement d’eau de pluie.
Lire aussi "Comment bien choisir son abri de jardin : métal, pvc, bois ?"

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Avec des informations issues de Cabanes et abris de jardin : comment construire