La bûche de Noël est une véritable tradition française, plus ancienne encore que l'arbre de Noël ou la crèche. Aujourd'hui la bûche de Noël pâtissière remplace la véritable bûche traditionnelle, qui à l'origine était en bois véritable.

La bûche magique de Noël comme un appel au soleil

La bûche de Noël emblématique de Noël fut justifiée et associée par les autorités chrétiennes à la lumière apportée au monde par la naissance du Christ. En fait, bruler une bûche à Noël trouve plusieurs origines païennes, son symbolisme visait à encourager le soleil à briller de nouveau. Une bûche magique en quelque sorte, dont les flammes communiquaient de la force au soleil renaissant. Si l'on s'en tient au symbolisme et cette signification d'autrefois, décorer la bûche de Noël avec des petites bougies, rappellerait le passé auquel elle renvoie.

La bûche de Noël pâtissière dans le monde

Hautement symbolique, on retrouve ce gâteau en bûche de Noël en France, en Belgique (Wallonie), au Liban, au Québec et au Vietnam, principalement. Cette pâtisserie est connue dans le monde entier, notamment aux États-Unis où l'appellation française « bûche de Noël » est souvent conservée.

Origine, histoire de la bûche de Noël

Cette grosse bûche de bois était soigneusement choisie et provenait selon les régions, d'arbres fruitiers comme le prunier, le cerisier, le pommier, l'olivier ou bien de chêne ou encore de hêtre. Souvent, des fragments de la bûche de l'année précédente étaient conservés pour allumer la nouvelle, cette action symbolisait le cycle de la vie, le temps sans cesse renouvelé. L'allumage de la bûche de Noël était un acte rituel de bénédiction. On la mettait généralement à flamber la veillée de Noël, à quelques différences près selon les régions. C'est autour de la flambée de la bûche de Noël, qu'au retour de la messe, les familles se réunissaient pour prendre le repas de Noël, en chansons.

Parfois, du sel était saupoudré sur la bûche, ou elle était arrosée de vin, d'eau bénite, d'huile, de lait ou de miel. Généralement, la coutume voulait que la bûche brûle durant trois jours. Si la bûche ne voulait pas brûler ou se consommait entièrement, c'était un présage de malheur.

La bûche de Noël en Provence

Elle se nommait "calignaou" ou "tréfoir" et était déposée par le patriarche devant la porte d'entrée. Un enfant guidé par son grand-père, versait à trois reprises un peu de vin sur la bûche enflammée, tout en prononçant les paroles sacramentelles.

La bûche de Noël en Bourgogne

Dans cette région, la bûche appelée la "suche" était creusée et remplie de gourmandises: fruits secs, bonbons et fleurs séchées. Refermée, elle était déposée dans le foyer de la cheminée, la bûche brulait lors de la veillée de Noël.

Les enfants pour découvrir leurs cadeaux devaient alors frapper avec des bâtons pour parvenir à enlever le capuchon de la bûche, des chants encourageaient les enfants.

La bûche de Noël en Poitou-Charentes

Dans la Vienne, le patriarche se faisait apporter une grosse bûche que l'on nommait le tison de Noël. A la veillée de Noël, il la saupoudrait de sel et l'arrosait d'eau pour ensuite la mettre à flamber pour trois jours.

En Franche-Comté, la bûche de Noël était nommée la tronche, la choque en Picardie, Etéau-nedelecq en Bretagne, tandis qu'en Normandie on l'appelait le "tréfeu" ou le "tréfouet", signifiant en latin trois feux.

La bûche de Noël, une tradition Celte?

Les Celtes avaient pour coutume de choisir une grosse bûche de chêne ou de fruitier, qui, après avoir été arrosée de vin ou d'huile devait brûler du 25 décembre jusqu'au solstice d'hiver, le Yule. La chaleur dégagée par la bûche démontrait l'énergie produite par l'arbre. Rappelons, que la date du 25 décembre célébrant la naissance de Jésus n'a été instaurée qu'au IVe siècle.

Les superstitions liées à la bûche de Noël: prospérité et protection

La bûche de Noël a été de tout temps reliée à des superstitions. Dans certaines régions, elle devait bruler jusqu'au premier jour de l'année, sous peine de malheurs à venir. Au contraire, si elle brûlait bien, cela signifiait que le ciel l'avait bénie. La bûche protégeait la maison et ses habitants, ses restes étaient ensuite déposés dans les étables ou dans le verger pour protéger des maladies et apporter la prospérité.

Il se disait aussi que les cendres jetées dans un puits éloignait les serpents. Boire de l'eau mélangée à ces cendres protégeait des maladies. Pour certains, placer des morceaux de cette bûche dans les cercueils portait chance aux défunts pour l'au delà.

Dans le Périgord, les croyances conféraient aux cendres et charbons de la bûche de Noël des vertus de guérison des glandes engorgées. Les cendres recueillies dans un linge blanc préservaient le maisonnée des incidents. Les charbons quant à eux guérissaient les moutons du goumou.

La bûche, toujours selon ces croyances, portait malheur à ceux qui enjambaient la bûche ou s'assoyaient sur elle, avant qu'elle flambe. Ils risquaient alors d'attraper des furoncles.

La maîtresse de maison conservait quelques charbons de cette bûche pensant assurer ainsi la prospérité des poulets. Grâce à elle, il y aurait autant de poulets que d'étincelles sorties de la bûche attisée.

Certains disaient que les charbons restants de la bûche flambée la veillée de Noël avaient la propriété d'empêcher les renards d'entrer dans le poulailler et les sorciers dans les habitations.

Pour les Celtes, la bûche augurait de bonnes récoltes.

Dans le limousin, les cendres avaient le pouvoir d'accroître les semences, de protéger de la foudre et d'abréger l'agonie des mourants.

Quand la bûche de Noël est devenue une pâtisserie, une création Lyonnaise, Monégasque ou Parisienne?

Déjà à l'époque, les progrès techniques vont modifier cette tradition séculaire, l'arrivée des poêles en fonte vient peut à peu remplacer l'âtre.

Difficile de trouver le véritable créateur de la bûche de Noël pâtissière parmi les différentes références historiques. Pour certains ce serait un apprenti pâtissier parisien oeuvrant dans une chocolaterie du quartier de Saint Germain des Prés qui en aurait eu l'idée vers 1834.

Pour d'autres, ce serait une invention lyonnaise datant des années 1860. Stéphane Bonnat, célèbre chocolatier, pense qu'à l'origine il s'agissait d'un dessert glacé. Toutefois, le carnet de recette de son grand-père Félix Bonnat fait état d'une recette de bûche pâtissière à la ganache de chocolat.

Enfin, une autre hypothèse rend au pâtissier glacier du prince Charles III de Monaco Pierre Lacam, le bénéfice de la première bûche de Noël pâtissière en 1898. Parmi 3500 recettes, on retrouve dans son Mémorial de la pâtisserie et des glaces, une recette de bûche pour garnir de glace. Ce dessert était composé d'une pâte d'amande moulée autour d'une bouteille, fourrée de glace et recouverte de fondant au chocolat pour simuler l'écorce d'une bûche de bois.

La bûche de Noël pâtissière de nos jours

Les pâtissiers et les cuisinières(ers) rivalisent de créativité pour créer une farandole de bûches de Noël, gourmandes, dont voici quelques exemples:

  • les bûches de Noël maison de grand-mère étaient souvent garnies et recouvertes de chocolat, confitures ou crème de marron,
  • les bûches de Noël garnies et décorées avec une crème au beurre au chocolat, café, praline, noisette, pistache, amande, vanille..., parfumées à l'alcool ou non,
  • les bûches glacées à la vanille, praline, café, chocolat, noix de coco, sorbets de fruits, garnies parfois de meringue,
  • les bûches de Noël aux fruits, comme par exemple poire-chocolat, orange-chocolat, ananas et kirsh, en mousse de fruits, en nougat aux fruits, en crème pâtissière fruits, en chantilly fruits,
  • les bûches de Noël chocolat-menthe en meringue italienne,
  • les bûches façon diplomate, fourrées à la crème pâtissière avec de petits fruits confits, recouvertes de pâte d'amande,
  • les bûches de Noël façon tiramisu, crème brulée, nougat, ou forêt noire...
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Sources :

Louis Pierre F. Adolphe Chesnel de la Charbouclais (marq de.) Dictionnaires des superstitions, erreurs, préjugés et traditions populaires, 3ème encyclopédie théologique, JP Migne, éditeur, 1856 - Limousin, Encyclopédie Bonneton, 2010 - De Prelle, de Wouters, R. A. Remy, le guide de l'étiquette & du savoir-vivre, éditions Racine, 2001 - De Contenson Elisabeth, Le chocolat et son histoire: L'histoire du chocolat, Archives & Culture, 2010