Flavius Claudius Julianus (Julien) naquit à Constantinople en 331 de notre ère. Il était le fils de Jules Constance et de Basilina. Son père était le fils de l’empereur Constance Ier et de Théodora. Cet empereur avait eut un premier fils d’une première union : le célèbre Constantin. Constantin décéda en 337. Ses fils, Constantin II, Constance II et Constant se partagèrent l’empire. Ils firent aussi assassiner la plupart de leurs rivaux potentiels. Ils exécutèrent Jules Constance et ses deux frères Flavius Dalmatius et Annibalien ainsi que sept autres neveux de Constantin. Julien et son demi-frère Gallus échappèrent au massacre. Ils furent exilés. La concorde ne dura pas entre les fils de Constantin. L’ainé, Constantin II fut assassiné et Constant fut exécuté par un usurpateur.

Constance II et Julien

Constance II seul maître de l’Empire ne parvenait plus à tout gérer lui-même. En 351, il nomma, Gallus César. Constance autorisa Julien à se rendre à Nicomédie pour étudier la philosophie. Celui-ci s’intéressa essentiellement au néo-platonisme et adopta les théories de Maxime d’Ephèse. En 354, Constance II exécuta Gallus pour trahison et convoqua Julien à Milan. Il fut sauvé par l’impératrice Eusébia. L’année suivante, Constance II se résigna à nommer Julien César et l’envoya en Gaule pour combattre les Germains. Jusque-là, Julien vivait coupé du reste de l’Empire, il se plongeait dans la lecture. Il décrivit lui-même sa passion : « Les uns aiment les chevaux, d’autres les oiseaux, d’autres les bêtes fauves ; moi, dès mon enfance, je me suis épris d’un désir passionné de posséder des livres » (Lettres, 107, 1-5).

Julien craignait toujours d’être exécuté par Constance II : « On me décore du nom et du manteau de César. Véritable servitude : menace de mort chaque jour suspendue sur ma tête, et quelle sorte de menace, grands dieux ! Portes verrouillées, geôliers, mains de mes domestiques surveillées, afin qu’il ne me parvienne aucun billet de mes amis ; serviteurs étrangers » (Au Sénat et au peuple d’Athènes, 7).

Julien et le christianisme

Julien regrattait sa bibliothèque et ses amis philosophes et lettrés. Il renonça au christianisme dans lequel il avait été élevé. Il était outré par le pardon accordé aux disciples de la nouvelle foi. Pour lui, les empereurs chrétiens étaient des meurtriers. Constantin avait fait assassiner son fils ainé Crispus et sa première épouse Minerva et ses fils étaient responsables du massacre de la famille de Julien. Dans un traité appelé Les Césars Julien mit en scène Constantin avec la Mollesse et la Débauche divinisées aux Enfers : « Ainsi put-il [Constantin] aussi trouver Jésus qui hantait ces lieux et criait à tout venant : « Que tout séducteur, tout homicide, tout homme frappé de malédiction et d’infamie se présente en confiance. En le baignant dans l’eau que voici, je le rendrai pur aussitôt, et s’il retombe dans les mêmes fautes, lorsqu’il se sera battu la poitrine et frappé la tête, je lui accorderai de redevenir pur ». Ravi de cette rencontre, Constantin emmena ses enfants hors de l’assemblée des dieux. Mais ils furent traqués, lui comme eux, par les démons de la Vengeance, non seulement à cause de leur athéisme, mais encore pour expier le sang de leurs proches » (Les Césars, 38).

Julien César

Devenu César de Constance II en 355, Julien devint un brillant général il rétablit l’ordre en Gaule. Il chassa les Barbares au-delà du Rhin. Il remporta plusieurs victoires éclatantes. En 360, une partie de ses troupes le proclama Auguste à Lutèce. Julien accepta le titre. Constance II marcha contre lui mais décéda quelques mois après la proclamation de Julien. Ainsi, ce dernier se retrouva maître de l’Orient.

Julien à Antioche

Julien se rendit à Antioche de Syrie en 262. Il passa l’hiver dans cette riche cité de l’Orient romain. Mais les rapports avec la population se dégradèrent rapidement. Julien ne comprenait pas les besoins du peuple. Il reconnut lui-même ses erreurs. Il se heurta aux chrétiens, il s’aliéna les marchands. Il détestait les plaisirs du peuple : jeux du cirque, de l’amphithéâtre... Entouré de brillants lettrés, Julien ne comprenait guère l’Empire qu’il dirigeait. Il quitta Antioche vexé et frustré au début de l’année 263. Il décéda quelques mois plus tard lors de son ultime campagne militaire en Perse.

Il entra dans l’histoire comme l’un des plus impitoyables adversaires du christianisme. Il fut nommé l’Apostat. Constantin fut, quant à lui, sanctifié. Le règne de Julien fut souvent décrié part les historiens modernes. Pourtant, Julien fut un brillant intellectuel, un excellent capitaine et l’un de ses empereurs à admettre qu’il commettait des erreurs. S’il n’avait pas été confronté au christianisme il serait probablement devenu un personnage historique admiré et respecté comme Marc Aurèle !

Bibliographie sélective :

BLOCKLEY (R.C.), Constantinus Gallus and Julian Caesars of Constantius II, dans Latomus, t. 21, 1972, p. 432-468.

BOWERSOCK (G.W.), Julien l’Apostat, trad. DAUZAT (P.-E.), Paris, 2008.

LEEDOM (J.W.), Constantius II : three revisions, dans Byzantion, t. 48, 1978, p. 132-145.

LUCIEN-BRUN (X.), Constance II et le massacre des princes, dans Bulletin de l’Association Guillaume Budé, série 4, 1973, p. 585-602.

RÉMONDON (R.), La crise de l’Empire romain, Paris, 1997.