Jeu de la tomate, rêve indien, jeu du foulard, rêve bleu, jeu de la grenouille, 30 secondes de bonheur… Des noms qui laissent rêveurs ? Tous désignent des "jeux" aujourd'hui prisés dans les cours de récréation. Leur objectif est d'obtenir, par strangulation, la privation d’oxygénation du cerveau, afin de provoquer, comme l’explique bien la brochure du ministère de l’Éducation nationale, des visions « pseudo hallucinatoires », ou au contraire, obtenir une hyperventilation pour provoquer des vertiges comme on peut en ressentir lorsqu’on court trop longtemps par exemple.
Pour obtenir ces sensations intenses, certains enfants pratiquent le jeu de la grenouille. Il consiste à faire des flexions pendant plusieurs minutes afin de provoquer des sensations de « tête qui tourne » pouvant parfois aller jusqu’à l’évanouissement.
Dès la maternelle…
Les enfants, et même les adolescents s’adonnant à ces jeux, n’ont pas conscience de mettre leur vie en danger car ils se croient immortels. La faute, selon certains médecins urgentistes, aux jeux vidéo, qui montrent aux enfants que l’on peut mourir et ressusciter 5 minutes plus tard. Le jeu qui sévit le plus en maternelle et à l’école primaire est le jeu de la tomate, variante du jeu du foulard, qui consiste - comme son nom l’indique - à essayer d’étrangler un(e) camarade et à le faire devenir « tout rouge ». Celui qui est le plus rouge a gagné !
Souvent, les enfants invités à pratiquer ces jeux dangereux acceptent d’y participer par peur de se sentir exclus. D’autres fois, et plus violemment, ils sont directement agressés par un camarade qui leur saute par surprise sur le dos en les étranglant.
Les signes s'alerte
Si votre enfant se plaint régulièrement de maux de tête, qu’il est angoissé à l’idée d’aller à l’école, que vous remarquez certaines marques bleues sur son cou, ou si votre adolescent s’enferme souvent dans sa chambre, soyez vigilant. N’attendez pas d’entendre un bruit de chute pour intervenir. Certains enfants peuvent faire un malaise vagal, subir des séquelles neurologiques irréversibles ou, au pire, décéder (300 décès officiels depuis 13 ans, davantage selon les associations).
La Loi Loppsi 2
Dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (deuxième version) adoptée le 17 février 2010 - dite loi Loppsi 2 - un amendement de Philippe Goujon sanctionne la promotion des jeux dangereux sur Internet. Cet amendement satisfait les associations mais déclenche une polémique dans l’opinion publique.
Prévenir plutôt que guérir
En effet, rien ni aucune loi ne remplacera la discussion et la prévention. Discutez des dangers de ces pratiques avec vos enfants. S’ils veulent obtenir des sensations fortes, faites-leur faire du sport pour qu’ils se défoulent !
Pour aller plus loin
Ministère de l’Éducation nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl1697.asp
Associations : SOS benjamin, APEAS
