De son vrai nom Fernand Contandin, il est l’un des monstres sacrés du cinéma français. Son ami Jean-Alexis Moncorgé alias Jean Gabin lui survivra moins de cinq ans. Les deux compères avaient fondé une société de production cinématographique. Jamais à court d'idées saugrenues, toujours à l'affût d'une bonne plaisanterie, ils avaient imaginé de la nommer à partir de la première syllabe de chacun de leurs noms, Moncorgé et Contandin. Après réflexion, ils optèrent pour Gafer (Gabin et Fernandel) plutôt que "Mon Con" ! Fernandel, qui avait tourné cinq Don Camillo dans les années cinquante et soixante s'apprêtait en 1970 à tourner le sixième, Don Camillo et les contestataires. La pleurésie ne lui permit d'en tourner qu'un tiers. Le film ne sera jamais achevé.

Un fabuleux héritage

125 longs métrages, 33 courts métrages ou apparitions, et une poignée de téléfims. Tout ça en quarante ans (1930-1971), c’est impressionnant : quatre tournages par an ; l’homme était un bosseur. Même si tout n’a pas encore été édité en DVD (vous seriez bien en peine de trouver « Irma la voyante », 1947… même en VHS), il faut néanmoins faire le tri dans une filmographie qui a connu des hauts et des bas ; les bas, ils sont finalement assez faciles à repérer (et donc à éviter).

Les moins bons films de Fernandel

Vous les trouvez à bas prix dans les grandes surfaces. Réaction : « 5€ pour un Fernandel, c’est pas cher ». Hélas, une fois devant l’écran, on se dit que la modeste somme a été mal investie, pour un film qu’on ne regardera pas une seconde fois ; exemple : «Dynamite Jack », un film de 1961 de Jean Bastia ; Antoine (Fernandel, vous l’avez deviné) fuit la France pour faire fortune au Far-West. Et là-bas, que croyez-vous qu’il arrivera ? Il tombera nez-à-nez avec le célèbre bandit Dynamite Jack, son sosie… puisque Fernand tient les deux rôles ; hélas les histoires de sosie ça tourne en rond. Le gag est éculé. D’autant que l’idée avait déjà été exploitée, avec brio, quelques années auparavant.

Le Mouton à cinq pattes (1954)

Le réalisateur, c’est Henri Verneuil, un gage de qualité. Fernandel y tient, non pas deux, mais six rôles : celui du père, acariâtre, bougon, et ceux de ses cinq fils. Désopilant !

Les Gaités de l’escadron (1932)

Dispensable ! C’est la période qui veut ça, le style « comique troupier » fait recette. Le film est loin d’être intéressant, mais il vaut pour la rencontre avec Raimu : les deux cabotinent comme pas possible ! Et puis ce sont quasiment les débuts de Jean Gabin avec qui, on l'a vu, Fernandel fondera la société GAFER. Bref… Ce film fait partie du patrimoine cinématographique.

La série des Pagnol

Là, tout est bon : « Angèle » (1934), « Regain » (1937), « Le Schpountz » (1938), « La Fille du puisatier » (1940)… et «Naïs » (1945), dans lequel Fernandel tient le rôle bouleversant du bossu : celui qui n’a pas pleuré est un menteur !

L’Armoire volante (1948)

Il faisait froid, cet hiver-là. Mme Lobligeois, octogénaire têtue, part pour Clermont-Ferrand avec deux déménageurs afin de ramener à Paris ses quelques meubles. Son neveu (Fernandel) le lui déconseille. La vieille meurt de froid dans le camion de déménagement. On s’en débarrasse dans une armoire ; hélas l’armoire en question disparaît dans un lot d’armoires semblables. A mourir… de rire, pas de froid.

François 1er (1936)

Le réalisateur Christian-Jacque utilise le thème du voyage dans le temps. Fernandel, avec un Bottin et un colt, à la cour du roi, c’est impayable. Et puis il y a la scène de la torture, la question comme on disait à l’époque. Voyant que des litres de vin ingurgités ne le faisaient pas avouer, le bourreau imagine de faire lécher les pieds de Fernandel par une chèvre.

Notre conseil...

Toute cette semaine (sauf mercredi) FR3 diffuse un Fernandel chaque jour à 15H.