A partir de 1859-1861, l’Italie réalise son unité. Depuis la chute de l'empire romain, la botte italienne était partagée entre plusieurs entités.

Une Italie divisée en plusieurs états rivaux

A l’issue du Congrès de Vienne en 1815, chargé de réorganiser l’Europe après l’épopée napoléonienne, l’Italie est divisée en plusieurs états rivaux.

Les Etats pontificaux remontent au Moyen âge. En 756, le roi franc Pépin le bref (714-768) avait fait don au pape Etienne II, du centre de l’Italie. Le pape gouverne en souverain temporel et absolu un espace géographique couvrant le Latium, l’Ombrie, les Marches, la Romagne.

Au nord du pays, le Royaume de Piémont Sardaigne est dirigé par la Maison de Savoie. Cet Etat regroupe le duché de Savoie, le Piémont, la Sardaigne , et l’ancienne république de Gênes, qui avait durée du XIe siècle jusqu’à 1797.

Le Royaume Lombard-vénitien est inféodé à l’Autriche. Il regroupe le territoire de l’ancienne république de Venise, détruite par Napoléon Ier en 1799, et l’ancien Duché de Milan, état autonome jusqu’en 1797.

Le duché de Toscane a été cédé après la mort du dernier des Médicis au duc de Lorraine François III 1708-1765. Ce dernier devint empereur du Saint empire germanique. Le duché de Toscane est gouverné par un cadet de la Maison de Habsbourg. Il s’agit d’un état satellite de l’Autriche[1] Le Duché de Parme a à sa tête une autre branche de la famille de Bourbon : Bourbon Parme. Le duché de Modène est gouverné par la maison d'Este.

Au sud, le Royaume des deux Siciles a comme souverain un membre de la maison des Bourbons des deux Siciles. Depuis 1720 le royaume de Naples a annexé la Sicile. La capitale est Naples. Cet état connaît un régime féodal archaïque.

Après le Congrès de Vienne en 1815, les anciens états italiens sont restaurés. L’Autriche retrouve une situation dominante dans la péninsule avec le royaume lombardo-vénitien et le duché de Parme, confié à l’ex-impératrice Marie-Louise. L'Ancien régime fait un retour dans toute la péninsule.

La Révolution 1848 en Italie

Alors, le printemps des peuples arrive et la monarchie de Juillet en France est renversée en février 1848. Ce printemps des peuples tente de mettre à bas le système politique issu du Congrès de Vienne. Il atteint l’Italie. En 1847, le pape Pie IX réalise des réformes modérées dans son Etat. Puis, La Toscane, le Royaume de Piémont-Sardaigne et l’Etat pontifical signent une union douanière. Enfin, Charles Albert roi de Sardaigne (1798-1849) et Léopold II grand duc de Toscane (1797-1870) promettent en février 1848 une constitution, de même Ferdinand II des Deux Siciles doit l’accepter. La révolution de 1848 en Italie touche Milan en mars. Venise chasse les autrichiens. De même la révolte gronde dans les duchés de Parme et Modène. A partir de la fin décembre 1848, Pie IX quitte son Etat et la république romaine est proclamée. L’échec de ce mouvement italien débute par la défaite de l’armée sarde face aux autrichiens à Novare, le 23 mars 1848 et la répression s'abat un peu de partout dans les états de la péninsule, où les anciens pouvoirs sont restaurés.[2]

Le rôle moteur du royaume de Sardaigne

A l'issue de ce premier échec, il devait revenir à la maison de Savoie de réaliser l’unité italienne. Après sa défaite, le roi Charles Albert abdique en faveur de Victor Emmanuel II (1820-1878), son fils. Ce dernier à l’aide de son ministre Camillo Benso comte de Cavour (1810-1861) réalise l’unité de la péninsule. Pour ceci, il s’assure l’alliance de Napoléon III (1808-1873). Après l’attentat du patriote italien Felice Orsini (1819-1858) à Paris le 14 janvier 1858, l'empereur des français se rallie à la cause de l’Italie. L’entrevue de Plombières[3] entre Cavour et Napoléon III, le 21 juillet 1858 assure au royaume de Sardaigne, l’appui de la France lors d’un conflit avec l’Autriche. D’avril à mai 1859, le conflit avec les autrichiens permet au royaume de Sardaigne d’annexer la Lombardie et rattacher les duchés de Parme, Modène et Toscane. En avril 1860, Palerme et Messine se révoltent contre François II de Naples (1836-1894). L’expédition de patriotes sous l’égide de Giuseppe Garibaldi (1807-1882), père fondateur du royaume d’Italie,[4] dite Expédition des milles, le 6 mai 1860, aboutit à l’annexion du sud de la péninsule. D’autre part, au cours de l'année 1860, les Marches, l’Ombrie et la Romagne votèrent l’annexion au nouveau royaume. Le Pape ne conserve plus que le Latium. Manquent la Vénétie, encore sous occupation autrichienne, et le Latium pontifical, pour parfaire l’unité du pays. Le 17 mars 1861 à Turin, un parlement national proclame Victor Emmanuel II roi d’Italie.[5]La France annexe la Savoie, berceau de la dynastie, et Nice, ville natale de Giuseppe Garibaldi, au traité de Turin le 24 mars 1860.

L’annexion de Rome et du Latium dut attendre la défaite française de 1870, car Napoléon III protégeait Rome. La guerre de 1866 entre l’Autriche et la Prusse et la victoire prussienne à Sadowa permit l’annexion de la Vénétie. Il restait désormais à construire une nation[6]

[1] Voir Jacques Godechot, Histoire de l’Italie moderne 1770-1870, Paris, Hachette, 1972, p. 16

[2] Voir Catherine Brice, Histoire de l’Italie, Paris, Perrin, 2003, p. 309-314

[3] Voir Roland Conilleau, L’entrevue de Plombières, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1991, 175 p.

[4] Voir Gilles Pecout, « Garibaldi l’aventurier », L’Italie 150 ans d’une nation, Les collections de l’histoire, n°50, janv. mars 2011 , p. 9-13

[5] Voir Pierre Milza, Histoire de l’Italie : des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2005, la partie intitulé La formation du royaume d’Italie, p. 687-723

[6 Voir Catherine Brice, "L'Italie est faite, il faut faire les italiens", "Dossier : L’Italie 150 ans d’une nation", Les collections de l’histoire, n°50, janv. mars 2011, p. 16-23 voir aussi la bibliographie réalisée par la Bibliothèque nationale de France dans le cadre de cet anniversaire http://www.bnf.fr/documents/biblio_unite_italie.pdf