L'homosexualité féminine ou l'inexistence sociétale

symbole lesbien - http://img.zelink.com/pict/event/2495/ZL5uvQM9_L.g
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Moins visibles, moins à la mode que les gays, les lesbiennes sont des femmes "exclues" de la Cité de bien des façons. La réflexion peut mener loin...

Tout pourrait presque se résumer à cette anecdote. On demande à la reine Victoria ce qu'il faut faire des invertis... Celle-ci répond qu'il faut évidemment punir ces hommes, les jeter en prison, etc. Celui qui l'interroge sur le sujet ajoute alors: "Oui, mais les femmes?" La reine répond alors tout de go: "Mais, ça, ça n'existe pas!"

Soit, on ne se plaindra pas de cette indifférence, bien souvent réclamée par les homosexuels hommes ou femmes. Quant à l'anecdote, elle est certes datée.

Il en reste toutefois quelque chose dans notre société avec un impact dans tous les domaines de la vie. Cela va jusqu'à poser la question de la place de la femme dans la société et rejoint les questionnements féministes.

La femme sans homme

Si l'on s'épargne ici toutes les horreurs qui chargent l'inconscient collectif (elle n'a pas rencontré l'homme qu'il fallait, etc.), que reste-il?

Pour l'état civil, cette femme qui jamais ne se mariera sera jusqu'à la fin de ses jours sur les papiers officiels : Mademoiselle X.

Même en concubinage, il est plus facile de se faire appeler "madame"...

De "monsieur", on ignore tout de sa vie privée. De mademoiselle on sait qu'elle n'est pas mariée. On est même bien certain qu'elle n'a pas fait d'enfants. Bref, c'est une femme qui n'a pas rempli son rôle dans la société.

Si cela s'applique aussi bien à "la vieille fille" qu'à la lesbienne, il n'en reste pas moins que dans les deux cas, on classe bien les femmes selon leur passage, ou non, par la cérémonie du mariage ou de la maternité.

Le cas de la lesbienne est naturellement pire. Elle refuse l'homme... Et ce n'est pas ici qu'on apprendra que nos sociétés occidentales sont des systèmes patriarcaux.

Alors puisqu'il y a refus, c'est qu'il doit bien y avoir révolte... Le mythe des amazones a la peau dure (misandrie primaire, guerrières, claniques, mépris pour la maternité), et fait de la lesbienne une femme s'opposant à la société, qui n'aurait donc aucune raison d'y trouver sa place.

Une lesbienne dans la ville

S'imagine-t-on bien ce qu'être une femme implique comme a priori? S'imagine-t-on tout ce à quoi celle-ci est confrontée insidieusement dans la vie quotidienne, tout ce qu'elle doit dire d'elle lorsque les autres n'en ont nul besoin ?

Le médecin auquel il faut dire que, non, on ne prend pas la pilule. A qui il faut dire que, non, le test de grossesse n'est absolument pas nécessaire, quels que soient les symptômes !

Le gynécologue à qui il faudra tout déballer.

Le médecin du travail qui fera son enquête, lui aussi, sur un éventuel mélange pilule-tabac, à qui il faudra aussi dire qu'on ne la prend pas, qui enchaînera sur la contraception ou sur les risques du tabac pour un bébé, à qui il faudra dire au bout du bout que non, on ne tombera pas enceinte et que, non, on n'a pas besoin de ses conseils en contraception.

Tout est rappel de ce que devrait être la vie d'une femme... même non mariée ! Mais qui, au moins, aurait une vie sexuellement "normale".

Passé 30 ans, n'importe quelle conversation "de comptoir" tournera aux questions sur les enfants qu'on n'a pas encore faits... Et il faut y penser, parce que l'horloge tourne !

Passé 30 ans, si la lesbienne n'est pas "visible" par son look, le harcèlement commencera... Avec sa conclusion, toujours la même: "Quand même, c'est dommage !" (ou: "T'es pourtant bonne à marier").

Les modes et les clichés

Les gays seraient tous de grands fêtards, beaux, sympathiques, à la mode, infidèles, artistes.

Les lesbiennes seraient toutes végétariennes, féministes primaires, crane rasé, et hostiles.

Encore une fois, il fait meilleur être un homme qu'une femme.

Et ce n'est pas "Gazon maudit", quasi premier film français traitant du sujet, qui aura arrangé les affaires des lesbiennes.

Les séries étrangères mettant avantageusement en scène les gays sont nombreuses.

"L Word", malgré son indéniable succès, mériterait son lot de critiques. Elle ne met en scène qu'un groupe de femmes privilégiées, à la garde-robe inépuisable, aux vies jamais conformes à la réalité hors de leur quartier idyllique de San Francisco... Et avec un casting propre surtout à faire fantasmer les hétérosexuels.

Conclusion temporaire

Car la réflexion est loin d'être aboutie et il y aurait tant à dire et sur la "condition" de la lesbienne et sur celle de la femme ....

A lire aussi : Manipulation par les mots et discours politique, désintoxiquons-nous !

Hélène Flaux, LnF

Hélène Flaux - J'aime partager mes découvertes, mes croyances, mes espoirs, mes interrogations. Ecrire, c'est communiquer, et depuis toujours ...

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Commentaires

6 juil. 2010 22:50
Guillaume Moreau :
Les femmes ne sont franchement pas à plaindre en 2010, il y'a des causes bien plus nobles
7 juil. 2010 10:18
Anonyme :
C'est très joliment dit!
Grand bravo à l'auteure, et Merci!
8 juil. 2010 12:51
Hélène Flaux :
Cher Guillaume, après une longue réflexion, je vous publie, vous un confrère 101.
Vos propos vous humilient vous même.
Je n'ajouterai donc rien.
9 juil. 2010 08:45
Anonyme :
Il n'y a pas grand'chose à répondre à un homme, justement... Parité, peut-être, violence faite aux femmes, différences de salaires, impossibilité d'avoir une promotion ? J'en passe mais monsieur n'y voit sans doute que pacotille ? On pourrait aussi parler de l'agression à coups de barre de fer à Montpellier. Non ?
9 juil. 2010 14:52
Anonyme :
« La "noble cause" des uns représente toujours une menace pour d'autres contre laquelle il semble juste de se protéger. Et le cycle des guerres et des destructions paraît ainsi ne pas devoir trouver de fin... Mais qui permettra un jour aux individus de ne suivre que leur cause personnelle sans interférer sur celle des autres ? » Geoffroi
En France :
Plus de 140 000 jeunes filles seraient aujourd’hui menacées par ces violences dites coutumières. Les mutilations génitales féminines et leurs graves conséquences sur la santé concernent quelque 120 millions de femmes et de fillettes sur le seul continent africain, soit le tiers de la population féminine.
Chaque année 70 000 femmes sont menacées de mariage forcé, et il y a entre 55 000 et 65 000 femmes et jeunes filles excisées ou menacées de l’être.
Les femmes battues : 184 personnes décédées sous les coups du conjoint, 157 femmes et 27 hommes en France en 2009.
Le nombre de faits de violences volontaires sur les femmes par leur conjoint ou ex-conjoint est considérable. Cette violence vécu par les femmes, qu’elle soit physique, psychologique, économique ou sexuelle, semble pourtant toujours un sujet tabou, car très difficile à aborder pour celles qui subissent et elle est encore peu abordée dans les médias. Cette spirale infernale, peut continuer toute une vie ou s’arrêter un jour.
En Afrique du Sud, on viole les lesbiennes pour les "guérir ".
Eudy Silemane, une footballeuse lesbienne de l’Afrique du Sud, elle a été violée en réunion avant d'être tuée. Les coupables ont été condamnés entre 15 et 20 ans. Le meurtrier, lui, il a été condamné à la prison à vie. Eudy Silemane est morte en avril 2008 à cause de ce que le machisme comporte de plus odieux et insupportable…
C’est la première fois dans ce monde, en 2010, qu’un meurtrier d’une lesbienne est condamné à la prison à vie. Et il y a du boulot à faire dans chaque pays et dans tous les pays, même en France.
Les droits de la Femme, est une noble cause.
Les droits des Homosexuels/Homosexuelles, est une noble cause.

TT
10 juil. 2010 18:37
Valérie Bagouet :
Bravo Hélène pour cette réflexion intelligente ! Cet article contribue à alimenter le débat sur la cause féminine ce qui, au vu de la réaction de certain, n'est pas inutile ! Je recommande à juste titre cet article !
23 mai 2011 00:11
Anonyme :
Merci pour cet article.

Les droits de la femme sont effectivement une noble cause.

Femme d'un homme, mère, hétéro bien sûr, c'est ce que la pression sociale demande aux femmes de nos pays riches. Même lorsqu'elle travaille,elle ne peut prétendre à être l'égal de l'homme : salaire, reconnaissance et possibilités de carrière sont encore, en 2011, des choses à revoir.
La TV, le ciné, le reste nous présente souvent ces "wonder woman" du quotidien, ces femmes qui, comme Julie Lescau ou autre, cumulent leur rôle de mère et leur carrière avec brio tout en faisant rêver la ménagère de moins de 50 ans qui doit quitter son boulot à 4h30 pour aller chercher les petits à l'école, réussir ses objectifs de ventes et rendre compte à son patron... qui est souvent... un homme. Au terme des 70H00 d'activités entre les gosses, la tenue de la maison ( quelle femme serait une mauvaise maitresse de maison ??), le boulot, les performances, elle serait assez cruche pour se ruer sur le dernier numéro des grands magazines féminins pour y lire une énième fois quel régime faire, combien d'heure de sport elle doit faire en salle de fitness pour rester belle, jeune, désirable le plus longtemps possible ( pour qui, on se le demande !!)...C'est son rôle, c'est ainsi qu'on le conçoit et c'est ainsi qu'elle sera heureuse...du moins c'est ce que lui promet cette société. Sois hétéro, sois mère, sois femme, sois compétente au travail (mais pas trop ! ) sois belle et tu seras heureuse... et surtout : tais toi car c'est ce qu'on demande de toi.

Franchement, exige t on tant d'un homme ?

Quand au phénomène L word, si, c'est vrai, il a contribué à forger une sorte de culture lez, et en particulier chez les jeunes, je ne pense pas que cela reflète effectivement une réalité.
Elles ont ce qu'il faut, et surtout, toutes correspondent à des stéréotypes qui ne font que contribuer à véhiculer une masse impressionnante d'idées reçues.

Non, les homosexuel(les) n'ont pas des apparts impressionnants en banlieu chic, ne sont pas tous fondu d'art. Non, les hommosexuelles, mêmes lorsqu'elle sont qualifiées de "fem" ne se baladent pas toutes en talon haut, tailleur et mini jupe, et les "butchs" en treillis ou en chemisette blanche. Non, le look à la "Shane", n'est pas révélateur d'une communauté, pas plus que celui de "Jennifer Beals", non toutes les homosexuelles ne se font pas des scènes de ménages à l'italienne, non le cercle d'amis même lesbien n'est pas un baisodrome où on change de nana comme de cornflakes le matin, non toute rencontre n'est pas aussi facile qu'au "Planet", non il n'y a pas de back rooms dans tous les cafés estampillés arc en ciel, non la vie d'une lez de base n'est pas un cercle exclusivement féminin et du milieu. Je précise en effet que pas mal de lez côtoient des hétéros, qu'elles ne sont pas toutes allergiques aux hommes, qu'elle ont souvent un pote, un ami, un copain avec qui elles ont des relations amicales et qui n'est pas lui même un trans. Elles ont même des amies hétéro qu'elles n'ont pas forcément envie de baiser au premier coup d'oeil et avec qui elles peuvent avoir d'autre dialogues que oui oui baise moi... Il est vrai qu'on peut reprocher à la série, que, je précise, je n'ai pas vue en entier, loin s'en faut, de faire plus fantasmer les hétéros (mâles de préférence)... il faut dire que les nombreuses et interminables scènes érotiques n'y sont pas pour rien. Elle a cependant le mérite de faire fantasmer une partie des lez qui s'assument ( ou non d'ailleurs) en les plongeant au pays de Lez'land... un décor, en carton pâte, c'est vrai, le samedi soir, ça fait pas de mal de temps à autre.

Par ailleurs, j'aimerai poser une question à l'ensemble de la communauté hétérosexuelle :
Comment expliquer que l'on ne se demande jamais, et l'on ne demande jamais à un couple hétéro ce qu'il fait au lit, alors qu'on pose la question à un couple homo. Je fais référence à " mais qu'est ce qu'elle font au lit ?" ou encore, " qui fait la femme et qui fait l'homme" etc...
Une bonne fois pour toutes, je pense qu'on peut faire de la pédagogie et expliquer qu'un couple homo est composé de deux personnes du même sexe... si elles avaient voulu un homme, je pense qu'elles seraient capables d'en avoir un, et si ils avaient voulu une femme, je pense qu'ils ne se baladeraient pas main dans la main....
Ces réflexions nombreuses si elles étaient seules encore...
Quand la violence, le viol ou le harcèlement moral est exercé pour justifier une "remise dans le droit chemin" de l'homosexuelle, ça fait moins couler d'encre et de larmes que quand DSK a des soucis de caleçon...

Quel que soit le pays, être homosexuelle aujourd'hui c'est s'exposer, c'est risquer de vivre un enfer pour vivre ce que l'on est.
Les assos gays et lesbienne militent pour plus de visibilité... mais quelle fierté pour être ce que l'on est ? on n'est pas fier d'être blanc, ou fier d'être lez... on l'est c'est tout. On ne choisit pas son orientation sexuelle ( sinon j'en connais plus d'une qui se seraient passé de leur homosexualité ), mais on peut choisir de la vivre, ou non, de l'assumer, ou non et on peut aussi choisir de la passer sous silence.
Si je comprends que la communauté gay et lez ait besoin de cette visibilité pour faire valoir ses droits, et notamment le droit à vivre ensemble, et les droits parentaux, ce n'est que pour mieux m'indigner devant une contradiction :
La loi punit la discrimination sur le fait de l'orientation sexuelle notamment à l'embauche, elle donne donc le droit aux homosexuels d'exister, mais elle leur refuse ou tarde à leur accorder ce qu'elle accorde naturellement à des couples hétéro des autres communautés que cette même loi protège ( en particulier les personnes issues de l'immigration ou d'autres religions que la religion catholique ).

Je tiens à dire qu'une femme, quelle que soit son orientation sexuelle est avant tout, une femme. Elle vit, mange, rêve, dors, aime, rit comme un être humain de sexe féminin. Elle peut avoir un désir d'enfant comme une hétéro, elle peut aimer les gamins, avoir des envies de fonder une famille, se promener au bord d'un lac, faire du shopping et aimer ça, elle peut aimer les talons hauts ou les baskets, elle peut même aller au cinéma voire des films américains qui mettent en scène des couples hétéro et comprendre que deux personnes de deux sexes différents s'aiment.... dernier point, qui, visiblement, échappe encore à pas mal d'hétéro... L'homosexualité a toujours existé, elle existera aussi longtemps que la planète nous le permettra. Elle n'est ni une maladie, ni une déviance. On peut être con et hétéro, ou con et homo, on peut être poli et hétéro ou poli et homo.. rien ne change dans la nature humaine lorsque sa sexualité n'est pas 'normalisée'.

Pour moi, le problème n'est pas "d'être visible pour être respecté", de revendiquer un "droit à la différence et à l'indifférence"... il est question de faire changer des mentalités, de faire comprendre qu'un homme, une femme, ce n'est pas QUE son orientation sexuelle, que c'est infiniment plus complexe que cela, qu'un humain reste un humain, et qu'il est donc questions de droits de l'humain, pas de droit de l'homo.

Cdlt
31 juil. 2011 13:29
Anonyme :
Guillaume Moreau, dans ton échelle personnelle des causes nobles, quelles sont les cinq premières ?
bah non je plaisante, tu ne dois pas savoir de toute façon... car on ne cherche pas de la noblesse en toute chose mais des causes légitimes. Question d'humanité, d'idéal de vie pour mieux être ensemble.
Merci pour ce texte si vrai.
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