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Homosexualité et religion : face au Vatican et au catholicisme

Homosexualité et religion - http://andrew.canalblog.com
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Alors que les médias se gargarisent de l'homophobie liée à l'Islam, un retour vers l'homophobie catholique et vaticane semble, hélas, bienvenue.

Regarder la poutre dans son oeil avant de montrer le brin de paille dans celui du voisin. Ce pourrait être la volonté de cet article. Passage à tabac des "PD" des cités, homophobie de l'Islam ou plutôt de ses pratiquants, voilà qui nourrit les médias, un refrain rôdé. On sait bien que le Vatican et la Gay Pride ne sont pas faits pour s'entendre, soit. Mais la position de l'Eglise Catholique va plus loin que la simple réprobation du défilé dans lequel, d'ailleurs, tous les homosexuels ne se reconnaissent pas, même si l'on peut en comprendre l'idéologie.

Au commencement était le Verbe

La Bible. C'est bien de là que sont, ou devraient être tirées les positions de l'Eglise catholique romaine. Si l'Ancien Testament est fameux pour l'épisode de Sodome et Gomorrhe (1), peu de fidèles comprennent la véritable exégèse de ce passage biblique.

C'est avant toute autre chose, l'absence d'hospitalité, de charité, et la luxure comme seul mode de vie que Dieu punit dans ce texte. La colère du dieu de l'Ancien Testament n'a d'ailleurs pas été réservée aux homosexuels ! Saint Paul à son tour reprendra des versets de l'Ancien Testament en redisant que l'Homme ne doit pas disperser en vain la semence : en terme clairs et plus triviaux, une éjaculation ne doit exister que dans le cadre de la procréation. Comme souvent, que ce soit dans les textes religieux ou les lois des hommes, l'homosexualité féminine n'est que peu ou pas évoquée. Le dogme moderne la rattrapera.

La Sainte Eglise des pêcheurs

Tous des pêcheurs oui, mais pas tous logés à la même enseigne. Concrètement, un croyant et pratiquant homosexuel se voit interdit de Communion. C'est aussi le cas des divorcés d'ailleurs. Selon le dogme catholique, qu'est-ce que cela implique ? Il faut pour cela comprendre et connaitre ce qu'est l'Eucharistie, on ne serait pas dans l'erreur en disant ceci : ne plus avoir le droit de communier, pour un catholique, c'est ne plus avoir le droit de participer à la mort et à la résurrection de Jésus Christ. Autrement dit ne pas participer à la Vie Eternelle. Confession ? Non ! A moins d'aller faire repentance et d'affirmer vouloir abandonner toute pratique homosexuelle. Le Baptême ? Un catéchumène, adulte, vivant son homosexualité et l'assumant se verra refuser le baptême.

Le Cardinal Ratzinger, avant de devenir Benoit XVI, était préfet de La Congrégation pour la Doctrine de la Foi (organe héritier de la Sainte Inquisition). Dans cette fonction il a travaillé et publié nombre de textes, au nom du Vatican, sur le sujet de l'homosexualité. « La condition homosexuelle a donné lieu à des interprétations excessivement bienveillantes, certaines allant jusqu'à la qualifier d'indifférente ou même de bonne» écrit-il en 1975. Sans contrefaire ou exagérer son propos au cours de son cardinalat, les écrits de Jospeh Ratzinger associent le comportement homosexuel au Mal. C'est là le tour de passe-passe de l'Eglise catholique, différencier le comportement homosexuel de la personne homosexuelle, le premier étant le Mal, la seconde un pêcheur qui doit retrouver le chemin de Dieu : une dualité intenable, car en collant le comportement homosexuel à la porte des églises, ce sont des personnes que l'on en exclut.

Jean-Paul II n'aura guère été plus "ouvert" et remonter dans le temps, que ce soit de Constantin, premier empereur romain chrétien, à Pie X ne révèle pas plus de compréhension, d'acceptation ou de clémence sur le sujet.

Homosexualité hors les murs

Hors des murs du Vatican, il en va de l'homosexualité des fidèles comme de l'ensemble des préceptes moraux liés au dogme catholique. L'abbé Pierre prêchait qu'il ne fallait pas ajouter le crime (de ne pas porter de préservatif) au fait de ne pas savoir vivre la fidélité ou même la sexualité uniquement au sein du mariage. C'est la confrontation entre le dogme et la vie. Le débat théologique et dogmatique devient alors une affaire d'hommes et de femmes qui vivent dans la société. Le discours des prêtres concernant l'homosexualité est variable. Du plus dur au plus ouvert, la rencontre avec les prêtres et les religieux amène, à celui qui les questionne, des réponses bien différentes :

  • Pour les plus radicaux, c'est la ligne morale du Vatican qui s'applique. Celui qui se dit ou se découvre homosexuel s'entendra dire soit qu'il doit guérir, soit que cette tentation de comportement contre nature sera sa Croix sur Terre et qu'il devra toute sa vie lutter contre elle et s'en repentir.
  • Certains évoquent une différence entre l'homosexualité essentielle (ancrée et qui ne peut pas être raisonnée) et l'homosexualité circonstancielle. Il s'agirait de discerner ce qui relève de l'identité ou de la facilité, celle-ci étant pour un individu de se rapprocher de son semblable et de ne pas se confronter à l'altérité de l'autre sexe. Dans le premier cas, on tolère, dans le second on prêchera véritablement la nécessité de guérison.
  • Pour les plus modérés, sans renier la supériorité du couple hétérosexuel, de sa sexualité et de l'enfantement dans le cadre du couple consacré par l'Eglise, l'homosexualité vécue dans la fidélité, sans plus de frasques que dans un couple hétérosexuel, reçoit l'indulgence et l'acceptation. Cette position n'est pas, cependant, la mieux partagée parmi le clergé.

Pourquoi m'as-tu abandonné ?

La question de Jésus sur la Croix, des homosexuels catholiques se la posent. Et s'ils ne la posent pas à Dieu, c'est à l'Eglise qui les rejette qu'ils la soumettent. Devoir choisir entre sa pratique religieuse et sa vie personnelle, amoureuse avant même d'être sexuelle... un dilemme inhumain qui conduit à bien des drames.

Peu de groupes ou d'associations, permettant aux catholiques homosexuels de débattre et se retrouver, existent, l'une d'elle est incontournable : David et Jonathan.

Repentir : c'est la seule voie admise pour voir se ré-ouvrir les portes de son église, de l'Eglise, de saint Pierre et de la Vie éternelle... mais, comment se repentir de son Être et de son bonheur ?

Au printemps, on pouvait lire dans Le Point, que le Vatican, via le cardinal Tarcisio Bertone, numéro deux du palais pontifical, tenait la pédophilie pour "liée à l'homosexualité". Habituée à associer l'homosexualité avec de véritables crimes ou pathologies, l'Eglise semble avoir bel et bien choisi de renier ces personnes aux comportements "intrinsèquement désordonnés".

A lire aussi : Coming-out, quand il se passe bien et Homosexualité féminine ou l'inexistence sociétale

Note : (1) Génèse

Références : Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, Joseph Ratzinger

Lettre aux évêques de l'église catholique sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles, Joseph Ratzinger

Pour le Vatican, il y a une relation entre homosexualité et pédophilie, Le Point, 13 avril 2010

Hélène Flaux, LnF

Hélène Flaux - J'aime partager mes découvertes, mes croyances, mes espoirs, mes interrogations. Ecrire, c'est communiquer, et depuis toujours ...

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Commentaires

12 févr. 2011 01:22
Anonyme :
Il serait intéressant de relire tout d'abord le catéchisme de l'Église catholique à la rubrique homosexualité. On y découvrirait que le mot condamnation (ou ses dérivés) ne s'y trouve pas. Que l'Église reconnaît la souffrance de beaucoup d'homosexuels qui n'ont pas choisi leur état et qu'ils doivent par conséquent, être aidés et soutenus sans aucune discrimination par l'Église. Enfin elle rappelle que les homosexuels sont appelés à mener une vie spirituelle comme tous les chrétiens. Finalement ce que l'Église récuse, ce sont les relations sexuelles hors mariage : fornication, adultère, relations homosexuelles… Insistons pour dire que les personnes ne sont pas condamnées, mais les actes. Nuance de taille, mais tout à fait élémentaire en théologie morale. Pourquoi les relations sexuelles sont elles récusées, hors mariage ? C'est en raison de l'idée que l'Église se fait de l'Amour. Dieu est Amour et l'homme est invité à vivre avec lui. Il ne le pourra que s'il veut devenir Amour lui aussi. Or, l'Amour en Dieu est un don total définitif, sans regret. La mort et la résurrection du Christ en sont la preuve la plus évidente. Pendant que les pécheurs que nous sommes tous clouent le Christ à la Croix, celui-ci continue de nous aimer. Il s'agit donc d'un amour qui ne revient pas sur soi. J'aime l'autre, pour lui-même exclusivement. Je veux son bien, quoiqu'il arrive même au prix de ma mort. Il ne s'agit nullement d'un amour pour soi, d'un amour qui aime parce que ça me fait plaisir d'aimer et d'être aimé. Non, il n'y a pas trace d'égoïsme dans l'Amour en Dieu. L'Eucharistie est la participation à la mort et la résurrection du Christ, donc à la reconnaissance de cet Amour. Comment quelqu'un qui ne voudrait pas vivre de cet amour, parce que sa vie manifeste qu'il ne veut s'attacher qu'à un amour pour lui, pourrait-il participer à la communion ? Cela signifierait qu'il acquiesce à l'Amour de Dieu durant la messe et qu'une fois sorti de l'Église, il le renie. C'est une simple question de vérité avec soi-même. L'Église ne condamne pas ceux qui ne pensent pas comme elle, elle dit ce qu'elle croit et s'interroge sur ceux qui ne partagent pas sa foi en un Dieu d'Amour, au sens qu'on a très brièvement expliqué, mais voudraient faire partie de ses enfants.
J'ajoute qu'il n'y a aucun tour de passe-passe dans la distinction entre l'acte homosexuel et la personne homosexuelle. La personne hétérosexuelle, non mariée, et la personne homosexuelle, comme tous les hommes, sont appelées à la sainteté. Mais ce chemin de Vie, pour elles, passe par une abstinence sexuelle. Pour ces personnes, la chasteté se confond avec l'abstinence, ce qui n'est évidemment pas le cas des personnes mariées. Que ce chemin soit ardu, nul n'en doute. Que nous tombions tous en route ce n'est que trop évident, "le juste tombe sept fois par jour, dit la Bible, mais se relève". Ce n'est pas parce que nous sommes pécheurs que nous ne pourrions pas appartenir à l'Église. Au contraire, celle-ci n'est composée que de pécheurs. Mais comment quelqu'un qui n'accepte pas de marcher sur son chemin pourrait-il lui appartenir ? Le péché n'est pas un problème, ce qui est un problème c'est de refuser de reconnaître le péché. Qu'un homosexuel ait des relations, même fréquente, n'est pas un empêchement à appartenir à l'Église. Ce qui est un empêchement, c'est de dire : "je n'ai pas péché". Ajoutons que se reconnaître pécheur n'est pas un drame, au contraire, c'est libérateur. Car cela me permet de comprendre que je suis aimé pour ce que je suis, comme je suis, je n'ai pas besoin de faire croire que je suis saint pour être aimé, car Dieu et l'Église continue de m'aimer même pendant que je commets mon péché. Je sais que je ne serais jamais jugé. "Si ton cœur t'accuse, Dieu est plus grand que ton cœur" dit saint Jean.
Si on veut vraiment redécouvrir le catholicisme, il faudrait au préalable se débarrasser d'idée toute faites, notamment concernant la notion de péché. « Dieu me présenta à l'esprit… (plusieurs pécheurs sauvés) et tant d'autres que l'Église militante connaît, avec leurs péchés, qui ne sont plus sujets de honte, mais de gloire. » écrit sainte Julienne de Norwich au 14e siècle.
Notre vrai problème, à nous catholiques, c'est que nous ne savons pas communiquer le trésor qui nous habite, et que nous blessons souvent les autres en disant ce que nous croyons, simplement parce que nous pensons que tous savent les rudiments de la foi catholique.
Merci à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu'au bout.
12 févr. 2011 18:22
Hélène Flaux :
1- Lire les Évangiles et un catéchisme est une chose bien différente, malheureusement.

2- Oui, c'est bien connu, on ne peut pas aimer quelqu'un absolument, totalement, à donner sa vie pour l'autre sans être marié...

3- L'altérité génitale est une chose, indéniable. L'altérité au sein d'un couple homosexuel est une réalité aussi. Si être du même sexe anéantissait la notion d'altérité, on le saurait je crois.

4- Réduire les relations sexuelles hors mariage, homosexuelles ou non, à un péché dénote d'une absence totale de connaissance ou d'expérimentation de ce que faire l'amour a de transcendant, lorsque l'on parle de cela au sein d'une relation amoureuse.

5- Je vous ai lu jusqu'au bout, et, on peut marcher sur le chemin du Christ en étant homosexuel, en ne considérant pas que vivre son homosexualité est un péché, et plus encore en vivant l'Amour. Manifestement, et c'était l'objet de cet article, suivre le chemin de l'Eglise, la Sainte Eglise des pécheurs, en étant accueillis à la Table du Christ, n'est pas possible.

Loin d'être une charge anti-catholique, cet article est le témoignage d'une tristesse profonde et partagée par un grand nombre de catholiques homosexuels à qui l'on ne propose que cette alternative :

Renonce à vivre ton homosexualité, porte la comme ta Croix, ou bien tu ne seras plus le ou la bienvenue au Festin.
13 févr. 2011 00:25
Anonyme :
Chère Hélène,
Merci de votre réponse. Il est peut être temps pour moi de me présenter. Je suis ermite et il se trouve que pour quelques jours, j'ai eu la possibilité de surfer. Je suis tombé par hasard sur ‘Suite 101’ et que ce site m'a plu. Je ne me suis pas inscrit car bientôt je retournerai dans mon ermitage. Je réponds donc à vos objections en étant persuadé que finalement ce qui nous est commun est infiniment plus important que ce qui nous sépare.

1- Lire les Évangiles et un catéchisme est une chose bien différente, malheureusement.

— Permettez-moi de ne pas répondre, car la question est un peu hors sujet, vous en conviendrez. Je pense qu'il vaut mieux ne pas s'éparpiller.

2- Oui, c'est bien connu, on ne peut pas aimer quelqu'un absolument, totalement, à donner sa vie pour l'autre sans être marié...

— Vous savez bien qu'il y a de nombreux célibataires qui apprennent à aimer comme Dieu aime dans leur vie de tous les jours à commencer par les prêtres et religieuses et religieux, mais je crois que ce n'est pas ce que vous envisagez ici. Ce que vous contestez, c'est la position de l'Église selon laquelle la relation sexuelle hors mariage n'aide pas à apprendre à aimer, c'est un handicap. Cette affirmation ne veut pas dire que l'Amour surnaturel soit inaccessible à ceux qui auraient des relations hors mariage. Vous conviendrez avec moi, cependant, que l'adultère détruit l'Amour. De même, les relations sans lendemain, juste pour se faire plaisir sont une négation de l'Amour. Autrement dit, l'Amour a besoin pour se déployer d'une stabilité dans le couple.

3- L'altérité génitale est une chose, indéniable. L'altérité au sein d'un couple homosexuel est une réalité aussi. Si être du même sexe anéantissait la notion d'altérité, on le saurait je crois.

— Je suis parfaitement d'accord avec vous, mais j'ajouterai : l'altérité n'implique pas une relation sexuelle pour se déployer. Bien plus, tout l'enseignement des ascètes et mystiques chrétiens de tous les temps affirment que l'abstinence facilite grandement l'apprentissage de l'Amour. Ils s'appuient non seulement sur saint Paul : « Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien; n'es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas de femme. Si pourtant tu t'es marié, tu n'as pas péché; et si la vierge s'est mariée, elle n'a pas péché; mais ces personnes auront des afflictions dans la chair, et moi je voudrais vous les épargner. » (1 Corinthiens 7, 27-28) mais aussi sur les paroles du Christ : «  Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne ! » (Matthieu 19, 12)

4- Réduire les relations sexuelles hors mariage, homosexuelles ou non, à un péché dénote d'une absence totale de connaissance ou d'expérimentation de ce que faire l'amour a de transcendant, lorsque l'on parle de cela au sein d'une relation amoureuse.

— L'instinct sexuel est un symbole d'Amour extrêmement fort. Il nous concerne à l'intime de notre être le plus profond. L'homme et la femme, en se donnant l'un à l'autre, s'ils ne le font pas en se chosifiant mutuellement, c'est à dire, en utilisant l'autre simplement pour se procurer une satisfaction pour soi, l'homme et la femme peuvent se manifester un Amour authentiquement surnaturel, par le don total d'eux-mêmes, sans rien se réserver. Et cela s'exprime saintement et charnellement, dans le plus grand plaisir possible, par le don total, définitif de leur corps et la réception, l'accueil du corps de l'autre. Or, ce corps symbolise tout leur être, l'homme et la femme ne peuvent faire un don plus concret d'eux-mêmes qu'en donnant leur propre corps. Ce don est total, c'est à dire : d'une part, définitif, sans repentance, comme l'Amour de Dieu pour les hommes, comme l'Amour du Christ pour l'Église qu'il symbolise. D'autre part, ce don mutuel d'eux-mêmes est exclusif car l'homme et la femme n'ont qu'un corps et ne peuvent le donner, par conséquent, totalement et définitivement, qu'à un seul partenaire.
C'est bien ce que dit aussi l'Église dans la troisième préface du mariage : « Tu as voulu que l'homme, créé par ta bonté, atteigne une telle grandeur que l'affection mutuelle des époux soit une image de ton Amour ; et ceux que tu as ainsi créés parce que tu les aimes, tu les appelles sans cesse à aimer comme toi pour leur donner part à ton Amour éternel. » L'union conjugale amène les époux à se manifester, de la manière la plus concrète, cet Amour surnaturel vers lequel ils sont en chemin. Dans la prière eucharistique N°4, le célébrant demande au Père que les communiants, « ceux qui vont partager ce pain et boire à cette coupe, » soient spirituellement « rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps. » Si l'union conjugale, sans bien évidement chercher à faire d'amalgame avec la communion sacramentelle, est vécue par les époux comme l'expression de leur quête ensemble de l'Amour surnaturel et, jusque dans une certaine mesure, de leur mutuelle communion dans cet Amour qu'ils commencent déjà à s'approprier, on peut dire qu'ils sont, eux aussi, d'une certaine manière, mais physiquement « rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps. » Le philosophe Yves Semen a pu écrire : « un couple qui fait l'Amour dans un don total de soi à l'autre est une icône vivante de la Trinité. » (La Sexualité selon Jean-Paul II) Et cela se réalise avec un plaisir qui n'est rien d'autre que l'annonce du bonheur éternel que nous trouverons tous à vivre avec Dieu dans son Amour, après notre naissance au ciel. Il est évident, en effet, que dans le Royaume de Dieu, notre corps sera de la fête lui aussi et pas simplement notre esprit.
Il suffit de relire l'ensemble du Cantique des cantiques, un des livres de la Bible, pour se convaincre de tout ce qui vient d'être dit : la nécessité d'une sensibilité épanouie, d'un Amour qui ne revient pas sur soi, de la place du corps et du plaisir dans l'Amour. « (La bien-aimée :) Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! tes caresses me sont meilleures que le vin. La senteur de tes huiles surpasse tout arôme, ton nom est un parfum répandu : pour cela les filles t’aiment. Enlève-moi, courons! Que le roi m’introduise dans sa chambre, et nous exulterons, nous serons en fête, nous célébrerons tes caresses plus que le vin : pourrait-on ne pas t’aimer ? » (Cantique des cantiques 1, 2-4) « (Le bien-aimé :) Tu as pris mon cœur, ô épouse, ma sœur! tu m’as pris : d’un seul de tes regards, d’une perle de tes colliers. Qu’ils sont beaux tes seins, ô épouse, ma sœur, tes caresses me sont meilleures que le vin, tes huiles odorantes surpassent tous les baumes! Tes lèvres, ô épouse, distillent du nectar, lait et miel se cachent sous ta langue, et la senteur de tes vêtements est comme le parfum du Liban. » ( Cantique des cantiques 4, 8-11) Il est évident que le Cantique des cantiques ne chante pas simplement l'Amour entre un homme et une femme mais aussi l'Amour entre l'homme, chacun d'entre nous, la bien-aimée, et Dieu, le bien-aimé. Mais, pour dire cet Amour surnaturel qui nous unit à notre créateur, Dieu utilise un langage humain compréhensible par nous et qui nous soit accessible, c'est à dire, dans le cas du Cantique des cantiques, l'Amour humain parfait, guéri de toutes ses blessures et en particulier de la convoitise, et de toute incurvation vers soi, qui ramène tout à soi. Mais Dieu fait appel à toutes les composantes de l'Amour humain, on est à des années lumières d'un Amour platonique. La chair et le sang y ont une place de choix, dans leur sensibilité et le plaisir qu'ils y trouvent.
On comprend pourquoi, l'acte sexuel accompli en dehors du mariage, c'est à dire, en dehors de cette perspective d'un don définitif et exclusif ne sera qu'un mensonge. C'est un retournement complet de la portée mystique de la sexualité. Au lieu d'être orientée vers l'autre, pour son vrai bonheur et pas du tout pour lui procurer un plaisir fallacieux et passager, la sexualité se trouve retournée vers moi, pour moi, dans une perspective exclusivement égoïste, pour me donner à moi d'abord et accidentellement à l'autre le plaisir fallacieux et passager qui seul est recherché. Il est hors de question, en effet, ni de se donner, ni de recevoir l'autre, pour toujours, ni que l'union débouche sur l'accueil d'un enfant. On est à ce point aux antipodes de l'Amour qu'on ira jusqu'à donner de l'argent à une prostituée pour pouvoir la chosifier.

5- Je vous ai lu jusqu'au bout, et, on peut marcher sur le chemin du Christ en étant homosexuel,
— bien sûr !

en ne considérant pas que vivre son homosexualité est un péché
— l'homosexualité ne peut en aucun cas être un péché, pas plus que le fait d'avoir des yeux bleus ou des cheveux blonds, ou les pieds plats, ce qui est un péché, c'est l'acte homosexuel,

et plus encore en vivant l'Amour
— vivre l'Amour n'implique pas obligatoirement des relations sexuelles. On peut vivre son homosexualité dans la chasteté, c'est possible et ça existe.

Manifestement, et c'était l'objet de cet article, suivre le chemin de l'Eglise, la Sainte Eglise des pécheurs, en étant accueillis à la Table du Christ, n'est pas possible.

— Tout homme de bonne volonté est accueilli à la Table du Christ, il n'y aura pas que les catholiques qui seront sauvés, heureusement. Je vous dis ce que je crois, ma conviction, qui est celle de l'Église et dans laquelle je me reconnais totalement. Je ne vous oblige nullement à y adhérer, votre liberté est et doit être totale. Qui est fidèle à sa conscience et se livre à l'Amour, sera sauvé. C'est l'enseignement constant de l'Église.


Loin d'être une charge anti-catholique, cet article est le témoignage d'une tristesse profonde et partagée par un grand nombre de catholiques homosexuels à qui l'on ne propose que cette alternative :
Renonce à vivre ton homosexualité, porte la comme ta Croix, ou bien tu ne seras plus le ou la bienvenue au Festin.

— Chère Hélène, j'ai parfaitement compris tout cela et cette incompréhension, cette souffrance me fait mal à moi aussi. Je n'ai pas écrit tout cela pour me justifier ou justifier l'Église, je voulais simplement montrer qu'il n'y a aucune arrogance, mais une grande cohérence dans les affirmations de l'Église. Ceci dit jamais l'Église n'a prétendu qu'un homosexuel qui renoncerait à porter sa Croix ne serait pas le ou la bienvenu(e) au Festin. Jamais ! L'Église propose un chemin inouï, qui fait peur, qui est fou. Mais elle ne demande pas de résultat, elle n'exige pas que nous soyons tous des saints, elle nous invite seulement à entrer sur un chemin que le maître nous a montré le premier : « Jésus disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. » (Luc 9, 23) Ce chemin est un chemin de bonheur, aussi incroyable que cela puisse paraître. Celui qui a fait l'expérience de Dieu dans sa vie n'a pas besoin qu'on lui en dise davantage, il comprend d'instinct. Pourquoi croyez-vous que je suis devenu ermite, dans une maison perdue à 1000m d'altitude, dans la forêt, sans électricité… et sans relations sexuelles :-)… Je vous assure que je ne suis pas maso. Moi aussi je porte ma croix, moi aussi je me casse la gueule, mais je sais qu'IL m'aime et c'est tout mon bonheur.
Merci de votre patience. Frère Marc.
13 févr. 2011 16:23
Hélène Flaux :
Cher frère Marc,

notre échange aurait probablement été différent si vous vous étiez présenté ! Et à ce propos, si vous le souhaitiez ou pouviez me laisser un moyen de communiquer avec vous, j'en serais enchantée, mais je crois en plus que nos échanges seraient enrichissants.

Reprenons ... même si je vais être moins exhaustive et tenter de synthétiser mon propos.

Pour commencer, je note à plusieurs reprises dans votre message que vous associez l'homosexualité vécue, consommée, "active" en quelque sorte, à une absence d'engagement, à l'adultère parfois, et en tous les cas à une absence de don définitif et absolu.

Ce n'est pas ce que vivent la majorité des couples homosexuels... La fidélité, l'exclusivité, le don de soi, tous les voeux prononcés lors d'un mariage (à l'exception de la procréation sur laquelle je réserve mon jugement) peuvent s'appliquer et s'appliquent dans ces couples !

Aimer une âme, avec dévouement, loyauté, abandon de soi, existe hors de l'hétérosexualité. Parce que l'Amour, véritable et transcendant frappe parfois à la porte de manière inattendue. Et ce n'est pas pour autant qu'il est moindre, moins pur, moins total et oblatif.

J'ajouterai même que cet Amour là, fait avancer sur Le Chemin, celui du Grand Aimant, du Grand Amant, en ce qui me concerne en tous les cas.

Comment pourrais-je confesser quelque chose qui me tient, toujours un peu plus, dans la Présence de Dieu ? Et comment accepter de ne pas être invitée au Repas qu'il a préparé pour moi aussi, alors même que je suis - aussi bien que je peux- Son ultime commandement ?

Pécheresse, je le suis comme tout être humain, avec mes fautes et mes petitesses. Et je connais ce Pardon divin, peut-être mieux encore qu'à l'époque où, investie dans la vie de l'Église, je demandais ce Pardon par l'intermédiaire des prêtres. Maintenant, je le demande à Dieu, et, Grâce indicible : IL me répond.

Les valeurs de fidélité, de don de soi, de don définitif, de vie menée sous le regard et dans la main de Dieu sont les miennes. La vie que vous menez, j'ai failli la mener aussi...

Je pourrais, après tout, continuer à participer à l'Eucharistie... Et ce n'est pas la Loi de Dieu qui m'en empêche, juste celle des hommes qui ont légiféré. Je la respecte non par "vengeance" ou "colère", j'en ai juste pris acte, et suis mon chemin autrement.

Les témoignages de catholiques, homosexuels, vivant des relations pleines, fidèles, et dans l'Amour sont pléthores... ces témoignages sont souvent pleins d'une colère, celle de l'abandon, celle du rejet...
Ce stade est pour moi dépassé.

L'Eglise ne me permet plus de participer à la "commémoration" toujours Vivante du sacrifice du Christ, elle ne m'a pas éloignée de Dieu pour autant. Parce que le don de la Foi qui m'a été fait ne peut pas être défait par les hommes, et que Dieu est au coeur même de l'Amour que je vis, dans cette vie terrestre.

Pour finir, couple homosexuel ou hétérosexuel, on aime aussi toujours pour soi, en partie, c'est la faille de l'être humain... ce qui le rend imparfait et en quête de perfection...
Être homosexuel et vivre son homosexualité dans la plus pure fidélité et le plus pur Amour (autant qu'un être humain en soi capable) ne diffère pour moi en rien d'un couple hétérosexuel ne souhaitant pas d'enfants ...

La conversation pourrait être longue encore, et riche... je m'arrête cependant en vous indiquant que vous pouvez probablement prendre contact avec moi en vous rendant sur la page de mon "profil" et en cliquant sur l'enveloppe qui nous permettrait de communiquer de façon plus privée : http://www.suite101.fr/profile.cfm/tardigrade



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