Homosexualité et homophobie : comment vaincre les discriminations

SOS HOMOPHOBIE - SOS HOMOPHOBIE
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Mariage, adoption, autant de questions qui demeurent tabous. Lutter contre les violences verbales, physiques à caractère homophobes devient alors essentiel

Ils sont trentenaires ou quadras aujourd’hui. Ils ont traversé le temps entre la découverte du virus du sida et la prise de conscience de vivre différemment leur sexualité, tout en essayant de se faire admettre d'une société qui, de par ses codes et ses institutions reste plutôt conservatrice, encore frileuse en matière de droits des homosexuel(le)s. Le PACS est bien sûr une avancée, mais ce droit n’est pas le domaine réservé de cette frange de la population qui réclame à corps et à cris (à tort ou à raison?) les mêmes droits que ceux de leurs concitoyens hétérosexuels. Mariage, adoption: autant de questions sociétales qui demeurent tabous, offertes en pâture à une assemblée parlementaire tantôt mutique ou violemment prolixe de par ses démonstrations indisciplinées et chahutées de cours d’école (faut-il revenir sur l’intervention de Roselyne Bachelot – alors simple députée du Maine et Loire, qui, en larmes, a défendu le texte du PACS devant un parterre d’élus réfractaires voire hostiles à son adoption?). Pourtant à l’heure où les slogans de "liberté, égalité et fraternité" résonnent de plus en plus fort, les violences verbales ou physiques à caractère homophobe ne sont pas rares. Pire, il semblerait que ces agressions soient en recrudescence.

Coming out

Il n’est jamais simple, facile de faire entendre à ses proches que l’on peut être "différent" -faire son "coming out"–, qu'il existe une sexualité, un mode de vie alternatif, au modèle déjà en place. Ces trentenaires et quadras, héritiers du combat mené par leurs aînés de Stonewall (émeutes du 28 juin 1969 à New-York, qui représentent le moment symbolique du début du mouvement des droits civiques des homosexuels aux États-Unis et partout dans le monde) auront pourtant dû avancer à tâtons quant à l'acceptation de l'homosexualité, à l'acceptation de soi face au regard de leur ascendant. Quant à s'affranchir de l'incompréhension du reste du monde et d'un société encline à stigmatiser cette différence de plus en plus présente aussi bien à la scène qu'à la ville, la génération qui suit et celles qui suivront, connaîtront, faut-il le croire, une totale indifférence aux choix de la personne qu'ils, elles aimeront.

Il était une fois...

Il était presque une fois... une rencontre, légèrement banale, terriblement imprévisible. Théo et Jérôme, rencontrés sur Internet, même si, au fond, ils se « connaissaient » déjà – peut-être avaient-ils juste besoin d’un coup de pouce pour « se reconnaître »…

Après quatre années de vie commune, deux déménagements, l’achat d’une maison et des promesses de vieillir ensemble, l'histoire continue de s'écrire, inlassablement. Ils habitent aujourd’hui entre terre et mer, là où le regard s’égare entre cet horizon vallonné de blé et de maïs, de prairies vertes et rouge coquelicot, mais où l’on a vite fait de se retrouver les pieds dans l’eau puisque les plages ne sont pas très éloignées…Épouser le calme et la plénitude de ces paysages de campagne.

Théo a donc arrêté de "promener son homosexualité" dans les bars, de jouer les dancing queens dans les boîtes qu'il quittait presque chaque dimanche matin à 5h00. Changer tout, vouloir le meilleur, de boire enfin ses rêves…

S'affranchir du regard des autres

Bien qu'il soit « bien » dans sa vie, il essaie pourtant d’apprendre à ne plus faire attention aux regards trop inquisiteurs et interrogateurs, trop méchamment méprisants et ignorants d’une majorité hétérosexuelle et plutôt rurale. Le sourire en coin de la caissière qui fait signe à sa collègue d’en face qu’il y a les deux pédés du coin qui viennent faire leurs courses…Ces silences vils et violents de l’incompréhension, complices de l’incrédulité abjecte d’avoir raison, que seuls un homme et une femme ont le droit et le devoir de s’aimer.

Encore ce souvenir d'un passé pas si lointain, au moment de l’adoption du PACS par l’assemblée nationale, les hurlements déchaînés sur la place de la mairie de Rennes où Théo habitait alors, « les pédés au bûcher ». Eux aussi, aimeraient avoir des enfants, les aimer et les élever dans l’Amour et l’estime d’eux. Vivre encore longtemps dans l’illusoire ?

Bien sûr, ni Théo ni Jérôme ne finiront dans un camp de concentration avec un triangle rose sur la poitrine, comme pendant le Seconde Guerre Mondiale, ni ne finiront en prison pour outrage aux bonnes mœurs. Ils ne seront pas lapidés ou torturés à mort parce qu'ils commettent un péché mortel. Ils ne seront pas non plus, comme les homosexuels Cubains enfermés et parqués comme le sont les « déviants » pour qu'ils ne « contaminent » pas le reste de la population. Dans d'autres endroits de la planète, les homosexuel(le)s doivent s cacher, vivre dans le mensonge ou la clandestinité.

Mais, parce qu'ils aiment un autre garçon, que c’est un homme avec qui l'un et l'autre ont choisi de vivre, ils peuvent subir des propos blessants et homophobes. Oui, ils peuvent subir le regard de l’intolérance de leurs congénères.

Des êtres ordinaires

Et contrairement à ceux qui défendent une religion bafouée, Dieu n'a rien a voir là-dedans ! Nombreux ont été baptisés catholiques romain, d'autres ont pensé trouver leur salut dans le judaïsme ou l'athéisme. Mais leur vérité, aujourd'hui, c'est celle qu'ils vivent, celle que ces gays et lesbiennes portent en eux et qui les guide : aimer l'Autre au-delà des obscurantismes ambiants. Parce que même si on leur assène l'acceptation de l'homosexualité, Théo, Jérôme et les autres savent, pour vivre en milieu rural (mais ici ou ailleurs, qu'importe, finalement l'endroit) que rien n'est encore gagné ! Car ce sont sans doute les silences, les regards inquisiteurs et moralisateurs les plus blasphématoires dans ce qu'ils, elles sont; intrinsèquement.

En effet, dans « cette » histoire, l'on oublie qu'ils sont des hommes, qu'elles sont des femmes...tout simplement ! Gays et lesbiennes voudraient pouvoir adopter des enfants, les aimer et les élever dans l’Amour de ce qu’ils, elles sont. Dans l’estime d’eux. Quand ? Devront-ils vivre encore longtemps dans l’illusoire ?

C'est aussi vivre l'Amour que l'on voue à l'Autre, affronter les murmures et les silences parfois aussi meurtriers que les insultes, c'est montrer à la face du monde que deux garçons ou deux filles peuvent s'aimer de le respect et l'envie de l'Autre. Et surtout, ne jamais avoir honte de ce qu'ils sont, ni de qui ils sont. La minorité doit être celle qui naît sous son écrasante bêtise !

Lutter contre l'homophobie et toutes les discriminations

La haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) est une autorité administrative indépendante créée par la loi du 30 décembre 2004. Elle mène des actions pour promouvoir une réelle égalité des chances et lutte contre les discriminations prohibées par la loi tout en tâchant de fournir toute l’information nécessaire pour identifier et promouvoir le principe d’égalité. La HALDE doit permettre aux victimes de se faire entendre et les aider à agir contre toute forme de discrimination (inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi, comme l’origine, le sexe, le handicap etc., dans un domaine visé par la loi, comme l’emploi, le logement, l’éducation, etc.)

Parce qu’aujourd'hui, en France, il y a encore (!) de gens qui viennent souiller l'amour que des êtres de même sexe peuvent éprouver l'un pour l'autre. L'association SOS HOMOPHOBIE soutient elle aussi les victimes et lutte contre toutes les discriminations. Lutter contre l’homophobie, c’est aussi ne pas rester seuls !

Un éclat de moi, Stéphane THOMAS-LE ROLLAND

Stephane Thomas-Le-Rolland - Je crois aux rencontres, de celles qui croisent par hasard (?) votre vie...parce que de par leur improbabilité, elles vous ...

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