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Les ressortissant des pays de la CEI ayant acquis la citoyenneté russe sont désormais susceptibles de se la voir retirer s'ils se retrouvent mêlés à des trafics de drogue. C’est ce que rapportait récemment le journal Kommersant. Le Service Fédéral de Contrôle de la Circulation des Stupéfiants (SFCS) a en effet décidé d’introduire cette mesure en réaction à la prolifération de l’héroïne en provenance d’Afghanistan, qui transite par les pays frontaliers de la Russie (Tadjikistan, Ouzbékistan, Kirghizistan et Kazakhstan). Un citoyen tadjik aurait déjà fait les frais de cette nouvelle réglementation, tandis que des dizaines d’autres seraient sur le point de subir le même sort.
La Russie leader mondial de la consommation d'héroïne
Le durcissement de la lutte contre le trafic d’héroïne en Russie peut s’expliquer par la hausse vertigineuse de la consommation de cette drogue, notamment au sein de la jeunesse russe. «L’héroïne recouvre toutes les régions de Russie», pouvait-on lire le 26 décembre 2009 sur le site du journal officiel Rossijskaja Gazeta. L’article assez alarmiste rapportait des données policières selon lesquelles aucun sujet fédéral du pays ne serait désormais épargné par les produits dérivés de l’opium, dont les adeptes se seraient multipliés ces dernières années, au point de faire de la Russie le peu glorieux leader mondial de la consommation d’héroïne selon un rapport de l’ONU publié en octobre dernier par l’agence de presse RIA novosti.
Un prétexte pour de nouvelles discriminations ?
Ce contrôle plus strict des personnes transitant par les pays d’Asie Centrale semble donc s’inscrire dans le combat contre l’expansion de l’héroïne afghane, que la Russie entend mener conjointement avec l’Union Européenne, comme en atteste la récente visite de l’eurodéputé italien Pino Arlacchi à Moscou. Certains défenseurs des droits de l’homme craignent cependant que cette mesure ne soit qu’un nouveau prétexte à la discrimination des nationalités non-russes.
C’est le cas de Lev Ponomarev, directeur exécutif du «Mouvement pour les droits de l’homme», qui dénonce, dans un entretien accordé au journal Kommersant, cette initiative du SFCS. Selon lui, en retirant la citoyenneté russe aux ressortissants des pays de la CEI, on inflige à ces derniers une double peine. En effet, un citoyen "russe de souche" sera, pour le même crime, "seulement" incarcéré, tandis que le citoyen issu des pays de l'ex-URSS se verra en plus dans l'obligation de retourner vers sa région d'origine. Plutôt que de vouloir affirmer leur importance en élaborant de telles mesures inégalitaires, la police des stupéfiants ferait mieux, toujours d’après L.Ponomarev, de se concentrer sur ses réelles missions, que sont l’infiltration et le démantèlement des réseaux de trafiquants de drogue.
Liens vers les articles cités :
· http://www.kommersant.ru/daily/?date=20100127
· http://www.rian.ru/society/20091022/190049837.html
