Les particularités et les ressources y existantes, peuvent hisser cette région qui regroupe cinq wilayas (départements) au moins (Boumerdes, Tizi Ouzou, Bouira, Bejaia et Sétif), au rang des destinations privilégiées des bailleurs de fonds occidentaux, notamment Français.

Un fort potentiel peu exploité

En plus de sa position géographique stratégique d’une région méditerranéenne, séparée de quelques dizaines de kilomètres de mer seulement des grandes villes de sud de l’Europe comme Marseille, la Kabylie est forte avec ses importantes ressources naturelles et ses paysages attirants permettant le lancement de projets d’investissement dans le tourisme et l’agriculture. La culture locale est caractérisée également par l’ancrage de la langue française que les populations ont sauvegardée au lendemain de l’indépendance de l’Algérie en 1962, ce qui permet de faciliter en conséquence le contact et l’adaptation des étrangers qui y sont établis. Cependant la population locale est berbérophone de souche connaissant un degré d’émancipation avancé.

Le Djurdjura, la beauté du paysage kabyle

Le tourisme présente d’innombrables opportunités d’investissement dans cette région à qui les maghrébins ont attribué le surnom de « la Petite Suisse ». Il faut noter que la Kabylie compte de somptueux sites naturels qui font d’elle le plus beau paysage du nord de l’Algérie. Les Européens qui ont habité la région à l’époque coloniale (1830-1962) ont été amplement impressionnés par la beauté de la chaîne montagneuse du Djurdjura et l’interface qu’elle forme avec la Méditerranée. Peu de complexes touristiques y existent à ce jour mais peuvent être facilement mis en valeur. Il s’agit des établissements du tourisme de montagne comme Tikejda ou Tala Guilef dont la relance ne nécessite que peu de moyens.

Un artisanat local attractif et diversifié

L’artisanat local diversifié peut être un facteur d’attractivité par excellence. Les bijoux traditionnels d’argent, connus pour leurs couleurs vives et leur raffinement, est la principale activité qui fait la réputation de cette région d’Algérie. La bijouterie locale comprend plusieurs modèles comme les broches, les fibules, les bracelets, les ceintures, les bagues et les boucles à oreilles.

Les bijoux, la poterie et la tapisserie

L’autre activité artisanale connue en Kabylie est la tapisserie et le tissage permettant de réaliser une gamme variée de produits en laine et autres objets à une grande importance sociale. Quant à la poterie, qui continue d’enregistrer des succès dans le registre des petits métiers exercés localement, permet de concevoir un équipement domestique et une vaisselle de cuisine authentiques. Le travail du bois permet, lui, la fabrication de plusieurs sortes d’objets d’ameublement à la sculpture rustique comme les coffres, les tables, éléments de literie, portes.

Des atouts pour une excellente agriculture de montagne

Outre, le tourisme et l’artisanat, la Kabylie est aussi une région à vocation agricole. Avec un climat sec en été, pluvieux et froid en hiver et un potentiel considérables en ressources hydriques, les terres de Kabylie sont exceptionnellement adaptées à l’agriculture de montagne. L’olivier, le figuier et le cerisier connaissent une forte concentration dans la région depuis des siècles. Ajouter à cela, les cultures maraichères, céréalières et des élevages de toutes sortes qui sont des activités pouvant être facilement développées. Cependant, il y existe un fort potentiel forestier comme les massifs de Yakourene, Akfadou, Boumahni et Mizrana très adaptés aux activités forestières.

Danone et Novo Nordisk, des exemples à suivre

Il est utile de noter que la Kabylie représente près de 4 millions d'habitants, soit 12% de la population totale de l'Algérie (34 millions d'habitants). Cependant, faute d'une exploitation adéquate des richesses de la région, le chômage au niveau local est estimé à plus de 20% de la population active, un taux fortement supérieur à la moyenne nationale qui est de 11%. En outre, en dépit de toutes les potentialités qui y existent, la Kabylie n'est pas encore la destination privilégiée des investissements directs étrangers (IDE), à l'exception du groupe français Danone qui a installé à Béjaïa depuis 2002 sa filiale algérienne, Danone Djurdjura Algéri, et le géant danois de produits pharmaceutiques, Novo Nordisk, installé depuis 2007 à Tizi Ouzou.