
- Livre Généalogistes Anecdotes de professionnels - L. Abensur-Hazan
Le monde de la généalogie professionnelle regroupe deux catégories de généalogistes: les successoraux, chargés de retrouver les héritiers inconnus d’une personne décédée et les familiaux travaillant pour des particuliers désireux de retrouver leurs racines.
Un même nom pour deux métiers
Pour les généalogistes successoraux, la recherche généalogique n’est qu’un moyen pour retrouver les héritiers inconnus d’une personne décédée. Une fois ceux-ci identifiés et retrouvés, tout près ou à l’autre bout du monde, le généalogiste successoral ne va pas plus loin et ne recherche pas les autres membres de la famille. Il ne cherche pas non plus à reconstituer le plus précisément possible la vie des personnes retrouvées.
Le généalogiste familial, au contraire, peut poursuivre sa quête sans savoir ce qu’il recherche précisément, hormis bien sûr répondre à la demande de son client qui souhaite dans la plupart des cas reconstituer son ascendance ou retrouver des cousins perdus. Il arrive, qu’en cours de route, le généalogiste soit amené à réorienter ses recherches ou à poursuivre celles qu’il avait entamées au-delà de ce qui était prévu au départ parce qu’un personnage, un événement ou tout autre élément découvert aura donné envie à son client d’en savoir plus. Un familial peut ainsi reconstituer l’histoire d’une famille, d’un personnage, mais aussi d’une maison, d’un village, d’un lieu, les conditions dans lesquelles un événement s’est produit… Ses recherches dépassent donc bien souvent le cadre strict de la généalogie.
Les successoraux travaillent le plus souvent sur demande des notaires. La clientèle des généalogistes familiaux est en revanche plus large : particuliers, généalogistes amateurs, journalistes, biographes, propriétaires de biens immobiliers, entreprises…
Une utilisation de sources parfois différentes
Les généalogistes successoraux exploitent principalement les registres d’état civil, les recensements de populations, les listes électorales et les archives de l’enregistrement. Les sources utilisées par les familiaux sont, elles, beaucoup plus variées. Outre ces documents de base, ils utilisent aussi très souvent les actes notariés et toute une série d’autres sources en fonction de la famille qu’ils étudient. S’il travaille sur une famille d’origine étrangère, un généalogiste familial cherchera par exemple la trace d’un dossier de naturalisation. S’il veut en savoir plus sur le parcours scolaire ou la carrière d’un individu, il s’orientera vers les registres du monde scolaire et les archives professionnelles.
Les familiaux peuvent aussi exploiter les trésors des bibliothèques, comme la presse ancienne pour y retrouver trace d’un faire-part par exemple. Lorsqu’une difficulté survient, ils sont donc amenés à la contourner en recherchant des sources auxquelles on ne pense pas forcément en matière de généalogie. Quantité d’autres documents peuvent ainsi les y aider, toujours choisis en fonction du cas particulier qui les occupe.
Un système de rémunération différent
Une différence majeure entre les généalogistes familiaux et successoraux réside dans leur mode de rémunération. Les premiers établissent, avant toute recherche, un contrat en double exemplaire présentant le devis qu’il propose à leur client en fonction de sa demande. La tarification est habituellement établie sur une base horaire ou sur des forfaits. Il est d’usage de verser au généalogiste lors de la signature, à titre de provision, un pourcentage du montant du devis. Le solde est généralement à régler à la fin de la recherche. Le généalogiste familial étant tenu d’une obligation de moyens et non de résultat, il est rémunéré pour le temps passé à effectuer la recherche et non sur le résultat obtenu. Dans tous les cas, il doit fournir à son client un rapport précis sur les recherches qu’il a effectuées.
Les généalogistes successoraux se rémunèrent, eux, sur le montant de la succession en percevant, avec l’accord des héritiers lors de la signature du "contrat de révélation" (document par lequel le généalogiste "révèle" la succession à l’héritier qui l’ignorait), un pourcentage de la part leur étant due. Ayant pour rôle de retrouver des héritiers inconnus, ils sont, par définition, obligés d’effectuer toutes les recherches avant même d’avoir reçu le moindre centime. Ils avancent donc l’ensemble des frais qui peuvent être assez élevés, en particulier lorsqu’il y a des déplacements à effectuer.
A la fois identiques par leur appellation, et parfois par leur appartenance aux mêmes instances professionnelles, les fonctions de généalogistes successoraux et familiaux se révèlent assez différentes. Si les premiers accomplissent une mission bien délimitée, les seconds exercent, eux, une activité beaucoup plus ouverte puisqu’elle ouvre des débouchés très vastes et parfois inattendus. Certains d’entre eux allient ainsi cette profession à d’autres activités, souvent connexes, telles l’écriture, la présentation artistique d'arbres généalogiques ou l'organisation de voyages alliant tourisme et découverte du patrimoine…
Pour en savoir plus :
http://www.suite101.fr/content/comment-devenir-genealogiste-professionnel--a16221
