Le sexe des "anges" dans l’histoire et la bible

Dans la mythologie grecque le fruit de cet accouplement est appelé "fils ou fille de dieu". Lors des lupercales, cérémonies orgiaques romaines, femmes et vierges, les vestales, usent d’ hallucinogènes pour atteindre la jouissance sans le besoin d’un mâle, sans doute dans un but de d’appeler l’accouplement avec le divin.

Les théologiens et de nombreux auteurs débattent depuis toujours de la question du "sexe" des anges.

A priori ils sont asexués, néanmoins la bible nous dit :

"Les fils (anges au masculin) de Dieu, virent que les filles des hommes étaient belles … après qu'ils furent venus vers elles, … elles eurent des enfants : des héros fameux dans l'antiquité".

Dans le mystère de la naissance de Jésus une vierge engendre un enfant qui sera appelé "le fils de dieu".

La bible poursuit :

"Dieu leur interdit cette pratique, mais certains refusèrent d’obtempérer, … exilés aux enfers l’un d’eux, Satan, prit la tête de la révolte".

On peut dès lors imaginer qu’ils ont, au moins, un sexe mâle, mais sans doute l’ont t’ils uniquement dans certaines circonstances … !

Selon cette supposition les anges déchus auraient vraisemblablement conservé un sexe (M/F) lors de l’exil aux enfers, mais sans certitude on peut se référer à d’autres sources. Un "sorcier" Ardennais, libre penseur, mort vers 1980 proposait une hypothèse somme toute assez logique.

"Anges et surtout les démons ont la faculté de prendre possession du mental d’un humain pour lui faire exécuter, à son insu, certains actes d’une manière directe, ou indirecte en induisant à la cible des rêves susceptibles de modifier son comportement, avec la certitude qu’un ange n’a jamais débauché sexuellement un humain. Les démons sont sexués et peuvent prendre forme humaine afin d’avoir des relations sexuelles avec un homme ou une femme, incubes et succubes sont les formes mâles et femelles que tout démon peut prendre en fonction de ses objectifs. Le démon ne pouvant engendrer directement sera succube pour obtenir la semence d’un homme afin de la transmettre à une femme en devenant incube".

Des "demi démons", comme Merlin l’enchanteur, seraient issus de ces unions.

Incubes et succubes

Dans les textes de diverses origines on trouve le plus fréquemment mention d’ accouplements entre humains et de démons de deux types.

L’incube : démon mâle réputé pour ses capacités de séduire les femmes.

Le succube : démon femelle séduisant,essentiellement les hommes.

Selon la racine latine (1) : Incube signifie "qui est dessus", succube "qui est dessous", nuance importante : le premier possède et le second séduit.

Pour l’église catholique l’existante des démons est incontestables. Voir l’article " L'église, Satan et les démons", du même auteur.

Les textes regorgent d’anecdotes, explicites, sur leurs manifestations.

Les édifices religieux foisonnent de sculptures et de bas-reliefs, de représentations démoniaques, gargouilles monstrueuses et dragons, toujours tournés vers l’extérieur pour leur interdire l’accès aux maisons de dieu.Certaines chapelles et églises en France montrent des bénitiers supportés par Asmodée, un démon majeur, probablement pour confirmer cet interdit à la créature qui aurait franchi le porche les yeux fermés.

Sabbats, inquisition, sorcières

Dès le moyen âge, en Europe, le clergé radicalise sa position en menaçant d’excommunication et de damnation tout comportement contraire et opposé aux règles de la sainte mère, l’église.

On note que l’on parle plus de sorcières que de sorciers Satan est réputé plus enclin à débaucher cette créature faible et influençable.

Les femmes : rousses, vivant seules, possédant chat ou chien noir, préparant des remèdes avec des substances illicites, sont suspectées de tous les maux.

Elles sont maléfiques, propagent la peste et comble de l’horreur copulent avec le "malin" lors de sabbats, à la pleine lune, ou elles se rendent en volant.

Il n’en faut pas plus pour les "confier" au jugement de la sainte inquisition qui dispose de méthodes radicales pour faire avouer ce que les juges ont envie d’entendre.

Une sorcière Isobel Gowdie, fut pendue après avoir avoué en détail sa relation avec le Diable, précisant que son sexe était dur et froid, un détail fréquent dans les confession à différents époques et endroits.

Le pape Sylvestre II (999-1003) aurait eu une relation avec une succube nommée Meridiana.

Les auteurs du "Malleus Maleficarum" (2) ( publié vers 1486) sont particulièrement précis dans le détail des relations sexuelles avec les démons.

Certains auteurs pensent que les démons peuvent procrér, l’Antéchrist serait né d’un démon et une sorcière, thème abordé dans le film" Rosemary’s Baby".

Incubes et succubes d’hier et d’aujourd’hui

Dans "TheWitch", Thomas Middleton, dont Shakespeare a tiré le chant "Black Spirits" pour Macbeth, une des sorcières dit :

"What young man can we wish to pleasure us, But we enjoy him in an Incubus ?"

Reginald Scot dans "Discoverie of Witchcraft"(3), décrit les effets de l’onguent des sorcières : "Dans la nuit, éclairé par la lune, Elles semblent voler dans les airs, s’amuser, s’embrasser et avoir des relations avec ceux qu’elles aiment et désirent le plus". Des sorcières mexicaines utilisent le "toloachi" (à base de Datura Tatula), dont l’usage procure une jouissance extrême sans intervention de l’homme. Ces hallucinations peuvent être la base des histoires impliquant incubes et succubes. Des psychiatres mentionnent ces phénomènes, parfois associées à des cas supposés de vampirisme.

De nos jours les récits de succubes parlent de femmes séduisantes sous l’aspect de courtisanes ou de prostituées.

Conclusions

Démons et sorcières sont intimement liés dans ces manifestations dont la véracité reste à prouver, nous n’avons que des témoignages récoltés sous la torture, issus de l’imagination de personnes faibles et influençables, et d’expériences vécues l'action d’hallucinogènes.

Le croyant "lambda" se référera aux textes canoniques et aux minutes des nombreux procès qui ont jalonnés l’histoire, depuis le moyen âge.

Les théologiens et exorcistes reconnaissent, avec prudence, les faits du passé et abordent les pseudo-possessions de nos jours, comme devant être analysées au préalable par les psychiatres.

Une interprétation psychanalytique du phénomène des incubes (et succubes), serait le dédoublement de la personnalité, une projections d'un "moi" qui rejette et refoule certaines tendances sexuelles, qui prendrait alors la forme d'un "double" extérieur et persécuteur.

Comme le déclarent les néo exorcistes, "Il ne faut pas voir le diable partout".

(1) Du latin subcubare, coucher sous.

(2) "Malleus Maleficarum" , (Marteau des sorcières), traité de dominicains allemands publié vers 1486.

(3) Traité de la sorcière, du diable et du sabbat publié en 1584.