
- la conduite chez les personnes âgées - http://storage
Avec les jeunes de 18 ans à 24 ans, les conducteurs de plus de 65 ans sont ceux qui meurent le plus sur nos routes. Réflexes moins aiguisés, vue et audition en baisse, perte des repères, sans compter un Code de la route qui ajoute de nouvelles règles et de nouveaux panneaux tous les six mois... Difficile pour un automobiliste qui a décroché son permis dans les années 1940 de se sentir à l’aise dans le trafic d’aujourd’hui. Prendre le volant à 70, 80 ou 90 ans… La question des dangers que font encourir, pour elles-mêmes et pour les autres usagers de la route, les personnes âgées au volant revient régulièrement sur le devant de la scène au détour d’accidents, parfois dramatiques, de la circulation.
Vue et audition en baisse
De plus en plus nombreuses sur les routes et au volant, en raison de l'allongement de la durée de la vie, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent actuellement huit millions de détenteurs du permis, soit 20% des 40 millions de permis délivrés en France.
Outre une vue et une audition souvent en baisse, d’autres symptômes touchant les personnes âgées sont régulièrement pointés du doigt comme pouvant représenter de réels dangers sur la route. Parmi eux, altération des réflexes, capacités de réaction altérées, baisse de la vigilance, médicamentation afférente à des problèmes de santé liés à l’âge ou encore pathologies dont les manifestations avant diagnostic peuvent être dangereuses au point d’être incompatibles avec la conduite (maladie d’Alzheimer).
Vers une réforme imposant des contrôles médicaux aux seniors
De ce fait, lors d'accidents impliquant des personnes âgées, des voix s'élèvent régulièrement pour imposer des contrôles médicaux aux seniors. Aujourd'hui, seule l'autorité judiciaire ou administrative peut interdire la conduite avec à l'appui une expertise médicale.
A la différence d’autres pays, la France n’a pas encore sauté le pas du contrôle médical pour les conducteurs très âgés. Aux Pays-Bas, le permis de conduire n’est valable que dix ans et son renouvellement, au-delà de 70 ans, exige la présentation d’un certificat médical. Des mesures similaires sont en vigueur au Danemark, en Espagne ou encore en Grande-Bretagne.
En décembre 2002, le ministère des Transports avait pourtant tenté de mettre en place un suivi de l’aptitude à la conduite pour ces usagers de la route. Une idée finalement abandonnée par le gouvernement face aux difficultés d’organiser une visite médicale pour les quelque 60 0000 conducteurs de plus de 75 ans. Les associations de personnes âgées s’étaient également emportées, estimant que les priver de voiture entraverait leur autonomie. L’Europe pourrait changer la donne dans les années à venir. La mise en place du nouveau permis de conduire européen, d’ici à 2033 au plus tard, prévoit d’étendre la surveillance médicale - déjà obligatoire tous les cinq ans pour les chauffeurs de poids lourds - à l’ensemble des conducteurs.
« Vers une cessation progressive de la conduite »
Aujourd'hui, des idées moins catégoriques voient le jour. Selon une étude publiée en mars 2009, par la Prévention Routière et la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), les seniors tiennent à conduire, pour conserver mobilité, relations amicales et familiales. Mais ils reconnaissent ne pas être à l'aise dans certains cas : dépassements, conduite près des poids lourds, maintien d’une vitesse de même niveau que celle des autres véhicules, redémarrage au stop ou en côte, conduite de nuit ou avec une mauvaise météo, forte densité de circulation.
Le Dr Charles Mercier-Guyon, secrétaire du conseil médical de la Prévention Routière, assure qu'« il n'y a pas d'âge limite pour conduire ». Ce spécialiste se dit en effet prêt à autoriser un centenaire à conduire. « Il faut dissocier le vieillissement normal des pathologies individuelles », dit M. Mercier-Guyon, soulignant que très peu de pays imposent des contrôles médicaux aux seniors.
Ce médecin suggère de « former les médecins à détecter les pathologies susceptibles d'altérer les capacités de conduire » et de « faire en sorte que les médecins traitants vérifient davantage les aptitudes (acuité visuelle, troubles de l'équilibre, apnée du sommeil, hyper-somnolence ...) de leurs patients âgés. Plutôt que d'interdire brutalement à un senior de conduire, il vaut mieux l'orienter vers une cessation progressive de la conduite », conclut-il.
Des voitures autonomes pour conduire les personnes âgées… Une réalité d’ici 10 ou 20 ans
Dans ce contexte, les chercheurs et les ingénieurs d’aujourd’hui cherchent à inventer la voiture de demain qui pourrait être totalement autonome (sans chauffeur), ce qui pourrait permettre aux personnes âgées de vivre en toute liberté, de se promener, de se déplacer plus aisément sans avoir à craindre le jour fatidique où elles ne pourront plus conduire.
Ces voitures-robots seraient des véhicules qui avancent tout seul, qui trouvent leur chemin grâce à leur ordinateur de bord, qui ralentissent pour laisser passer les piétons, qui évitent les embouteillages, etc.
Certes, ce type de transport n’existe pas encore, mais les ingénieurs, les chercheurs et les scientifiques travaillent petit à petit à leur mise au point. Et certaines technologies commencent déjà à émerger et à laisser deviner ce que pourrait être la voiture de demain. Enfin, plutôt d’après-demain.
On commence d’ailleurs à voir émerger, chez certains constructeurs, des technologies d'Aide à la Conduite, telles que la détection dans l'angle mort, la surveillance de la trajectoire latérale et le stationnement semi-automatique. Ces nouvelles technologies sont devenues aujourd'hui une réalité de la conduite et devraient s'étendre à une vaste gamme de véhicules à mesure que la demande en sécurité et confort s'intensifie.
CONT11
