Né en 1954, Ra’anan Lévy partage sa vie entre Jérusalem et Paris depuis 1989. L’artiste expose pour la deuxième fois au musée Maillol, après une rétrospective présentée en 2006, où figuraient les différents aspects de son travail sur les vingt dernières années.

Cinq ans plus tard, une sélection rigoureuse faite parmi ses œuvres récentes propose une vision plus satirique de sa création. Ra’anan Lévy s’inscrit dans la lignée des grands artistes de ce début du XXIe siècle.

La fondation Dina Vierny – Musée Maillol

Le musée occupe un ancien hôtel du faubourg Saint-Germain, célèbre pour sa fontaine sculptée. L'exécution de la façade est confiée au sculpteur Edme Bouchardon, qui choisit le thème des quatre saisons.

Aristide Maillol (1861-1944) est né en 1861 à Banyuls- sur- Mer. C’est l'un des plus grands sculpteurs français et il est surtout connu pour ses sculptures féminines aux formes généreuses. Ouvert en mars 1995 à Paris, le musée présente l'œuvre de Maillol sous tous ses aspects : dessins, gravures, peintures, sculptures, art décoratif, plâtres originaux et terres cuites.

Dina Vierny (1919- 2009) est la muse d’Aristide Maillol pendant une dizaine d'années et le modèle de plusieurs peintres. Collectionneuse, elle est à l'origine de la fondation qui porte son nom et du musée Maillol à Paris.

La peinture comme expression de la vie

Dans l’univers de Ra’anan Levy, espace de création et espace de vie sont très intimement liés, juxtaposés dans le même lieu. Ainsi, son atelier et son appartement coexistent et il passe de l’un à l’autre sans aucun effort. S’il poursuit son travail sur une série de sujets qui lui sont depuis longtemps familiers (lavabos sales, bouches d'égout, appartements vides), ses dernières œuvres révèlent une très forte tendance sur le thème de l'eau.

Eaux qui s'écoulent des robinets, eaux se répandant sur les lattes des parquets, glissant le long d'escaliers à peine entraperçus et qui s'épandent en taches, halos mystérieux. Lorsque son regard s’arrête sur ce qui constitue son environnement au quotidien, il retranscrit la réalité avec un sens aigu de la matière.

La métaphysique du vide

Les tableaux de Ra’anan Levy inquiètent, dérangent, perturbent, car ils troublent la perception de la réalité et remettent en cause les repères. Les sujets qu’il affectionne font partie du quotidien apparemment le plus ordinaire, mais c’est par leur soudaine étrangeté qu’ils imposent, presqu’avec brutalité.

Circulations étranges que le peintre cadre dans des perspectives qui provoquent le vertige. Il pénètre alors dans des dédales de pièces aux portes et fenêtres multiples toujours entrouvertes. Ces habitations désertées s'assimilent à des organismes vivants, les bouches et plaques d'égout, les bondes des éviers se font bouches humaines ou œil, orifices corporels qui regardent ou absorbent.

Ra’anan Levy décrit avec une précision quasi scientifique, frôlant l’insupportable, les scènes, réelles ou imaginaires, qui l’obsèdent.

Parcours de l’exposition

Les sections de l’exposition reprennent la plupart des thèmes de prédilection de l’artiste : lavabos, bouches d’égout, intérieurs étrangement vides, fragments de corps, portraits et bien sûr autoportraits, qui semblent incarner sous des formes multiples une seule et unique question : "Qui suis-je ?".

Certains titres sont particulièrement explicites : bouche, lèvres, cœur, veine, nombril, cicatrice ... La construction de chacune de ses œuvres s’élabore à partir d’un ouvrage d’anatomie, livre de chevet où le peintre puise en permanence ses références.

L’eau est présente de manière récurrente, tantôt suggérée, parfois envahissante, toujours sous une forme inhabituelle, non pas jaillissante, mais stagnante, vidée de toute vitalité ou bien s’écoulant avec la lenteur d’une interminable agonie.

Renseignements pratiques

  • Musée Maillol – Fondation Dina Vierny
  • 59-61, rue de Grenelle - 75007 Paris
  • Tél : 01 42 22 59 58
  • Fax : 01 42 84 14 44

Sources d’information