Exit les premiers pas de l'homme sur la lune et la fiction de la "planète des singes". Plusieurs grands quotidiens s'interrogent après la mort de Neil Armstrong : "Qui retournera sur la Lune (et au-delà) ?". Même les Américains semblent avoir renoncé à leurs ambitions !

Le site Wikipedia a le mérite de dresser la "liste des missions spatiales habitées entre 1961 et 1986", avec une liste détaillée des missions spatiales habitées de 1961 à 1986, couvrant les programmes russes Vostok, Voskhod, et Saliout et les programmes américains Mercury, Gemini, et Apollo, ainsi que le programme Space Shuttle (navette spatiale) et le désastre de Challenger.

Le pied droit de Neil Armstrong sur le sol lunaire, le 21 juillet 1969 : un beau souvenir !

Force est de partager ce constat : depuis décembre 1972, plus personne n'a marché sur la Lune. Entre les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune et ceux de son compatriote Eugene Cernan trois ans plus tard, seuls douze astronautes ont eu le privilège de fouler un sol extra-terrestre... Du coup, avec sa réputation de sérieux, Le Monde.fr analyse cette terrible évolution : "Et pourtant, le "grand pas pour l'humanité" de feu Neil Armstrong devait être le début d'une ère où voyages et conquêtes lointaines allaient se banaliser.

"Et pour cause ! L'exploit d'Armstrong et de ses compères d'Apollo 11 n'avait eu lieu que treize ans après la mise en orbite du premier satellite artificiel – Spoutnik en 1957 – et soixante-six ans après le premier vol des frères Wright. Le progrès devait se poursuivre à ce rythme....".

La NASA a revu à la baisse ses coûteuses ambitions

Les premiers pas de l'homme sur la lune auront permis à des générations de cinéastes de faire de très beaux films et de faire rêver des milliards d'individus. De l'Odyssée de l'espace à la planète des singes, tous les scénaris possibles ont été exploités.

Lorsque les journalistes se penchent sur la presse de l'époque, les surprises ne manquent pas. "La NASA veut voir au-delà. Alors, que comme saisis d'enthousiasme, ses responsables affirment que le prochain pas de l'homme dans la conquête de l'espace doit être un débarquement sur Mars, l'administration spatiale vient de signer ses premiers contrats pour la construction d'une station orbitale et l'établissement d'un système de navette entre la Terre et l'espace", écrivait en première page et en toutes lettres le quotidien Le Monde, daté du 26 juillet 1969. L'affaire était entendue : partir au-delà de nos contrées et y séjourner serait aussi simple que de prendre un avion.

Plus réaliste, le Monde.fr constate aujourd'hui : "Depuis, quelques centaines d'astronautes ont certes quitté la Terre pour quelques jours ou quelques mois ; plus récemment, des touristes fortunés ont pu les imiter. Mais il n'ont jamais plus dépassé la proche banlieue de la Terre....".

George W. Bush avait lancé une nouvelle ère de la conquête spatiale avec Mars

Que s'est-il passé depuis ? Pas grand chose, par manque d'argent, par souci d'économie, suite à des techniques et des inventions qui n'ont pas progressé aussi vite que la vitesse de la lumière. A tel point que certains journalistes reconnaissent aujourd'hui : "bien sûr, une des motivations des Américains, en pleine guerre froide, était de damer le pion aux Soviétiques après que ces derniers derniers leur ont grillé la politesse en mettant en orbite Spoutnik. Cette rivalité entre les deux blocs a permis de faire passer auprès de l'opinion les dépenses colossales d'argent public qui étaient pourtant justifiées par les avancées technologiques majeures qui ont découlé de la conquête spatiale.

"Retourner sur la Lune, conquérir Mars ou s'aventurer sur un astéroïde apporterait sans nul doute son lot de découvertes nouvelles qui auraient leur utilité pour le commun des mortels....". La NASA les avait listées, comme le rappelle un scientifique suisse sur son blog.

En initiant le programme Constellation en 2004, George W. Bush avait lancé une nouvelle ère de la conquête spatiale avec Mars en ligne de mire, via la Lune. Las, la crise économique est passée par là et son successeur à la tête des Etats-Unis a dû renoncer au projet.

Ce qui fait dire au Monde.fr : "l'heure est à la realpolitik. On ne parle plus guère de "conquête spatiale" mais d'"exploration". Et cette exploration d'une partie de l'univers se fait désormais à distance. Dernier exemple en date, les premiers tours de roue de Curiosity sur Mars. Un projet à 2 milliards d'euros contre 98 milliards pour le programme Apollo. La sonde est déjà à l'œuvre, transmettant de fantastiques images aux Terriens que nous sommes, alors que l'on redoute toujours les effets d'un voyage aller-retour de 500 jours vers la planète rouge sur le physique et le mental d'une équipe d'astronautes...."

La Chine veut alunir, alors que des dizaines de millions de chinois crèvent de faim

Dans deux pays, des rêves fous sont portés à bout de bras, au mépris des données économiques. Il y a notamment la Chine, qui est d'ores et déjà en position pour envoyer, à son tour, des hommes, et sans-doute la première femme, sur la Lune. Dans ce but, la Chine a déjà envoyé deux sondes (Chang'e 1 et 2) autour de notre satellite. La prochaine étape est prévue pour 2013 : la mission Chang'e 3 devrait comprendre l'alunissage d'un module chargé d'effectuer des analyses scientifiques.

Ce sera le premier alunissage de la Chine, qui met les bouchées doubles pour s'affirmer en tant que membre du club très fermé des grandes puissances spatiales. Une mission ultérieure prévoit, quant à elle, le retour d'une sonde lunaire sur la Terre. Le programme est censé culminer ensuite avec l'envoi d'hommes sur la Lune. De quoi presque réveiller Mao dans sa tombe, lui qui était prêt à tous les sacrifices pour imposer la grandeur et la puissance de la chine éternelle !