En 1963, la formule à la mode, c’est « dans le vent ». C’est même le titre d’une célèbre émission de radio animée par Michel Cogoni sur Europe n°1. En 1963, Jacky Moulière, Michel Paje, Hector, Billy Bridge sont dans le vent. Mais le vent a tourné, depuis… sur le lot, deux, seulement, sont restés : Michel Berger et Stevie Wonder.

Quand on est yé-yé, on est dans le vent. Et vice versa…

Un jeune chanteur bien sympathique, discret, propose un titre… à la page : Michel Paje obtient un joli succès avec l'excellent « Nous on est dans le vent ». Paje joue sur le velours. Dans le même registre, on appréciera Jacky Moulière avec « Valérie », « Lam di lam » et « Un Beau Jour ».

Paje et Moulière…

Tous deux n'auront chanté qu'un été avant de s'installer au Canada. Michel Roy, alias Paje, y devient animateur de radio, de télé, et enregistre des spots publicitaires. Moulière, lui, reviendra au premier plan de l'actualité musicale deux ans plus tard : « Aline », tube de l'été 1965, est calqué sur sa chanson intitulée « La Romance ». L'éditeur musical de Christophe reconnaît les faits et propose un arrangement à l'amiable. Désormais, le nom de Jacky Moulière figurera sur la partition d' « Aline », et Jacky touchera son dû sur les exemplaires déjà vendus. Mais Henri Salvador, Pdg de la maison de disques de Jacky Moulière, se montre plus exigeant. Il attaque Christophe en justice pour plagiat. En première instance, Christophe est condamné et verse une forte somme au camp adverse. Fort de sa bonne foi, l'interprète d' « Aline » fait appel et, trois ans plus tard, un jugement contradictoire est rendu. Il ne reste plus à Salvador et à Moulière qu'à restituer les sommes reçues... Dépité, désespéré, Jacky Moulière s'installe au Canada. On sait avec certitude qu'il y a passé quelques années. Ensuite on perd sa trace.

Hector, surnommé "Le Chopin du twist". C'est exagéré !

Avec son groupe les Médiators, il a enregistré quelques disques volontairement exécrables. Il porte les cheveux les plus longs de l'Hexagone, se déplace avec son valet, se coiffe d'un chapeau haut-de-forme. Il dîne aux chandelles, avec Salvador Dali, dans les catacombes de Paris. Bref, en un mot comme en cent, il défraie la chronique. "Il", c'est Hector, bien obligé de faire carrière sous un nom d'emprunt car, pour l'état civil, il est Jean-Pierre Kalfon, et on le confond toujours avec le jeune acteur qui porte même nom et même prénom.

Eté 1963 : premier disque pour Michel Berger.

Pour un coup d'essai, on peut se montrer indulgent, d'autant que l'artiste en herbe n'a que seize ans. «La Camomille », titre principal, ne deviendra pas la tasse de thé des programmateurs. Extrait du texte : "J'en ai assez, des tasses de thé, ou des camomilles, oh-oh, en famille". Un prochain vinyl, « D'Autres Filles », permettra à Michel de présenter un peu mieux son jeune talent.

Pendant l'été, on découvre un génie de douze ans : Little Stevie Wonder.

Il est noir et aveugle, comme Ray Charles. Et il joue de l'harmonica comme Albert Raisner ou comme Bob Dylan. Il est au hit-parade avec un fabuleux morceaux, « Fingertips », malheureusement trop long pour passer à la radio. Qu'à cela ne tienne ! Le titre est scindé en deux parties (« Fingertips part one » et « part two »), formaté pour un vinyl radio. Résultat : n°1 aux Etats-Unis !