Infiniti voit grand. Le constructeur japonais d’automobiles de luxe, qui s’est implanté en Europe en 2009, entend y disposer d’ici à 2016 d’un réseau de 230 concessions et porter ses ventes mondiales, même horizon, à 500 000 annuelles. Pour l’heure, la firme compte 55 centres sur le Vieux Continent, dont quatre en France : autant dire que la période n’est pas au farniente. Dans ce cadre, Infiniti poursuit logiquement sa stratégie offensive reposant sur l’élargissement de sa gamme. C’est ainsi que les six véhicules qui la composent seront rejoints, l’an prochain, par une compacte concurrente des productions premium allemandes comme l’Audi A3, la BMW Série 1 et la flambant-neuve Mercedes Classe A. Cette nouvelle voiture sera accompagnée, au passage, par l’arrivée d’un moteur quatre-cylindres : celui-ci se posera en alternative aux deux moteurs V6 essence et diesel et au V8 essence déjà existants.

Restylage léger

En attendant, le FX, qui représente la majeure partie des ventes du constructeur, s’est offert début 2012 un léger restylage destiné à redonner un coup de pouce aux ventes, pourtant en hausse de 31% sur l’année 2011. Ce SUV se distingue de la concurrence en ce qu’il arbore des lignes à la fois robustes et sportives. Cette sportivité se retrouve au niveau du long capot bombé, de sa faible hauteur (1,70m), de son empattement conséquent, de sa double sortie d’échappement et, surtout, de sa ligne de pavillon fuyante à la façon d’un coupé. Pour autant, avec ses 4,86m de long et ses 1,93m de large, le FX s’impose bien comme un SUV. Les modifications esthétiques, par rapport à la version précédente datant de 2009, portent sur le bouclier avant, sur le dessin des feux antibrouillards désormais en forme de goutte d’eau et cerclés de chrome, ainsi que sur la calandre délaissant ses torsades pour arborer la grille des concept-car FX Vettel et Essence.

A l’intérieur, les évolutions sont également minimes et se limitent à la couleur de l’éclairage du tableau de bord et des aiguilles, abandonnant le rouge en faveur du blanc. Le FX maintient donc ses prestations, à savoir qu’il offre un habitacle spacieux grâce aux mensurations du véhicule et une finition de grande qualité, composée de plastiques moussés, de cuir matelassé, de moquette en laine et d’érable massif. L’ensemble montre une fabrication solide et une réelle robustesse, laquelle se retrouve au niveau du volant ou encore du levier de vitesse. Le haut de gamme est, ainsi, clairement affiché. Pour le conducteur, la position de conduite se trouve grâce aux multiples réglages électriques du siège et du volant. L’accès à la console centrale est simple et sa manipulation facile, grâce à une disposition pertinente des commandes. Pour les passagers du rang arrière, le confort est également de mise. Il est offert tant par l’espace aux jambes que par la largeur. Pour dégager cette habitabilité, les ingénieurs ont, en revanche, dû payer la taxe qui se traduit par un volume de coffre limité à 410 litres : trop peu, compte-tenu de la taille du SUV.

550 Nm de couple sur le V6 diesel

Le léger restylage opéré en ce début d’année ne s’accompagne pas d’une révision de l’offre des motorisations. Celle-ci maintient ses deux blocs essence, en l’occurrence un V6 de 3,7 litres développant 320 chevaux et un V8 de 5 litres fort de 390 chevaux, et son unique V6 diesel : un 3 litres peaufiné avec Renault-Nissan, affichant 238 chevaux. Ce dernier, qui équipe le FX 30d, lui convient parfaitement. Avec son impressionnant couple de 550 Nm, il confère au SUV une grande souplesse de conduite et une plage d’utilisation pertinente dès les 1 000 tours par minute. Ce qui, en utilisation urbaine notamment, s’avère tout à fait remarquable. Mieux : il permet au FX, en dépit de ses 2,2 tonnes à vide, d’atteindre les 100 km/h, départ arrêté, en moins de 8,5 secondes. Autant dire que les reprises sont franches et que le véhicule ne s’inquiète d’aucune contrainte : côte, insertion sur une voie rapide, dépassement, etc. Lors d’une virée sur les autoroutes allemandes, le FX 30d s’est montré parfaitement à l’aise jusqu’à 200 km/h, voire un peu plus. Si la boite de vitesse automatique à 7 rapports semble à l’aise lors d’une conduite souple, elle fait preuve d’un léger manque de rapidité dans les passages. Pas de quoi, heureusement, entacher l’agrément général qui en découle : la puissance se transmet efficacement aux quatre roues motrices.

Le moteur reste bruyant, mais bénéficie toutefois d’une bonne insonorisation et, en tout état de cause, n’est pas pénalisant en ce qu’il émet un son feutré donnant au SUV de la prestance. Ce niveau de performance se traduit par une consommation en cycle mixte tournant autour des 9 litres pour qui fait preuve d’un pied léger, et des 10, sinon 11 litres, pour qui préfère écraser la pédale de droite de manière irrationnelle. Evidemment, avec 238 grammes de CO2 au kilomètre, le malus écologique s’impose.

Le FX 50, de son côté, équipé du V8 de 390 chevaux, joue dans une autre cour : avec ses 500 Nm de couple, il propulse la bête à 100 km/h en 5,5 secondes : mieux qu’une Nissan 370Z ! Et, de fait, s’avère également à l’aise sur les autoroutes, sur lesquelles il ne montre aucune réticence à se maintenir à 230 km/h. Logique, du coup, que la consommation dépasse alors allègrement les 13 litres en cycle mixte.

Un châssis réglé pour le dynamisme

Sur la route, le FX 30d surprend : son châssis réglé avec une grande précision confère au SUV un dynamisme exceptionnel, bien servi par des suspensions fermes. Celles-ci maîtrisent tout à fait le roulis, du coup inexistant. Vrai que le FX est doté, de série, de méga-jantes de 20 pouces. Néanmoins, ces amortisseurs se montrent capables de compenser efficacement les irrégularités de la route. Ainsi les ingénieurs ont-ils su trouver un compris idéal entre le dynamisme et le confort. Le FX 30d, en dépit de son gabarit, reste agile. Une qualité qu’il doit à son système de transmission intégrale, lequel répartit le couple en temps réel sur l’essieu avant ou arrière afin de maintenir une adhérence optimale. Propulsion le plus souvent, le FX 30d peut, ainsi, fournir 50% du couple sur les roues avant. Sur le sable ou la neige, ou encore sur route mouillée, ce système trouve tout son intérêt.

Si la direction reste suffisamment ferme, elle souffre toutefois d’un léger manque de consistance qui la pénalise d’un manque de précision et d’une difficulté à tenir l'axe, en virage notamment. Le freinage, de son côté, ne semble avoir peur de rien et demeure très poignant. Un gage de sécurité, à vrai dire, rapport au poids du véhicule. Pas pour rien que le FX se soit vu décerner les 5 étoiles aux crash-tests Euro Ncap.

Le FX 50, lui, présente les mêmes caractéristiques, à ceci près qu’en finition S, il bénéficie de roues arrières auto-directionnelles participant à la précision de conduite. La sonorité du V8, également, impose avec évidence les prétentions de la voiture, bien qu’elle demeure parfaitement masquée, dans l’habitacle, par une insonorisation extrêmement soignée.

Liste d'équipements large

Avec son prix d’appel de 59 050 euros (pour le FX 30d GT), le FX présente un rapport qualité prix remarquable. Sa version suprême, le FX 50 S Premium, se limite à 79 600 euros. A ces tarifs, le FX dispose, de série, d’un équipement particulièrement riche : palettes magnesium au volant, transmission intégrale à gestion automatique du couple, sièges avant chauffants et ventilés, toit ouvrant, hayon électrique, vitres arrières surteintées, etc. La liste est longue. Et celle-ci demeure l’une des forces du FX.