Eschyle le père de la tragédie grecque

Eschyle - www.projethomere.com/.../eschyle/eschyle.htm
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Acteur surdoué, auteur de théâtre de génie, Eschyle fut le grand homme à l'origine du théâtre grec. Encore aujourd'hui son œuvre reste incontournable.

Eschyle est passé à la postérité pour son talent et parce qu'il est le créateur de la tragédie. Certes Théspis et Phrynichos s'y sont essayés, au VIe siècle av. J.-C., mais pour nombre de spécialistes, c’est Eschyle qui en a créé les premières formes et qui a élevé ce genre à un niveau que seuls Sophocle et Euripide peuvent concurrencer.

Au regard de ces deux successeurs, Eschyle, leur aîné de 40 ans environ, semble appartenir à un temps ancien, celui où les hommes s’effacent encore devant les dieux. Son œuvre l’atteste car, malgré l’émergence de la figure du héros, le chœur y joue un rôle central, tandis que Sophocle et Euripide placent l’homme sur le devant de la scène, présenté sous un abord souvent tragique ou passionnel.

Et pourtant, Eschyle, qui bien souvent est son propre metteur en scène, n’a jamais cessé d’innover dans son art scénique. Soucieux de grandiose, il développe en premier un système rudimentaire de machinerie théâtrale et amplifie l’usage des costumes et des masques. De même, en lutte contre la monotonie des formes et pour éviter l’impression statique de ses œuvres, il introduit un deuxième acteur, se détournant du modèle premier de l’acteur unique aux multiples rôles.

Aux origines d’une vie et d’une époque

La Grèce est alors à une époque charnière de son histoire. Les réformes de Solon et Clisthène offrent à Athènes les prémisses de sa démocratie, l’envahisseur perse s’annonce aux portes de la mer Egée. A l’aube du siècle d’or athénien, Eschyle vit durant une période charnière, trouble, mais à laquelle il sait apporter fécondité et créativité.

Il naît dans une famille aristocratique vers 525 av. J.-C. à Eleusis, ville du nord ouest d’Athènes, réputée pour ses initiations aux secrets de Déméter.

Patriote, il participe, en 490 av. J.-C., à la bataille de Marathon et, en 480 av. J.-C., à celle de Salamine qu’il relate dans Les Perses.

Sa réputation est d’abord liée à son talent pour la poésie, car il n’a de cesse de remporter des prix durant les concours de théâtre organisés chaque printemps lors des Grandes Dionysies d’Athènes. L’histoire lui attribue entre 13 et 28 de ces prix. C’est Sophocle qui le premier réussit à le battre.

Une vie féconde qui s’achève dans l’exil

Bien qu’attaché à Athènes il connait à plusieurs reprises un exil volontaire en Sicile le plus vraisemblablement à l’invitation du tyran de Syracuse Hiéron Ier.

C’est là-bas qu’il fait jouer en avant-première trois de ses pièces: Les Etnéennes, Les Perses et L’Orestie.

La Sicile est aussi le théâtre de sa fin. C’est lors d’un ultime voyage dans l’île qu’il trouve accidentellement la mort en se fracassant le crâne dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées.

Une fois son corps rapatrié en Grèce, des funérailles grandioses sont organisées. Aujourd’hui encore son tombeau est un lieu de pèlerinage pour les gens de théâtre.

Une œuvre riche et profonde

Son œuvre comporte 90 pièces dont seulement 7 ont été conservées (Les Perses (472 av. J.-C.), Les Sept contre Thèbes (467 av. J.-C.), Les Suppliantes (459 av. J.-C.), Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides (458 av. J.-C.). Ces trois dernières composant L’Orestie, seule trilogie parvenue intacte

L’essentiel de ses compositions emprunte leur sujet à la mythologie, comme Les Suppliantes relatant l’exil des Danaïdes vers Argos. Mais les préoccupations historiques n’en sont pas absentes comme dans Les Perses où il relate la bataille de Salamine.

Sa création est parcourue de considérations philosophiques et humanistes. Le destin est-il une fatalité humaine? Quelle place l’homme doit-il réclamer face aux dieux? La justice existe-elle? Cette dernière préoccupation hante plus particulièrement l’auteur, qui ne cesse d’interroger la place qu’occupe la faute dans la vie et le destin des hommes. C’est sur ce thème qu’il traite de l’ennemi des Grecs dans Les Perses où il met en scène un empire perse en détresse à cause de la démesure de Xerxès qui voulait tout conquérir.

Sa préoccupation est identique lorsqu’il traite de la malédiction de Laïos dans Les Sept contre Thèbes. Œdipe, son fils, Etéocle et Polynice, ses petits-fils auront à subir ses fautes. Car pour Eschyle tout dépassement des limites appelle inexorablement une punition des dieux. Là est le tragique de l’existence et le pouvoir sans cesse démontrer des Erinyes pour que vengeance se fasse.

Ce cercle vicieux de crimes, de malédictions et de vengeances hante littéralement l’esprit du dramaturge, qui épris de justice tâche d’apporter son expérience à ses contemporains athéniens dans la transformation de la cité en démocratie. Lui, l’aristocrate de vieille famille, s’essaie dès lors dialectiquement à concilier cet ordre ancien qui s’efface devant un ordre nouveau, qui peut réserver de désagréables surprises s’il est l’expression d’une trop grande prétention mal maitrisée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Eschyle

http://remacle.org/bloodwolf/tragediens/eschyle/Eschyle1.htm#BIBLIOGRAPHIE

Grégory Vuibout - Assistant d'édition de profession, mais auteur amateur par plaisir. A l’origine j'ai une double formation en histoire et ...

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