Votre enfant vous semble en avance de manière significative? Il exprime le fait de se sentir "différent" des enfants de son âge? Il s'ennuie même à la maternelle? Il analyse, verbalise plus qu'un enfant de son âge? Il pose mille questions et est avide de connaissance pure? Votre enfant est peut-être surdoué. Les institutrices sont souvent les premières à détecter ces tendances, et la mode est hélas assez à trouver tout enfant anormalement doué.

Le test de QI, qui doit être mené par un pédo-psychiatre, peut sembler "traumatique", ou superflu... Pourtant, savoir de source sûre qu'un enfant est doté d'un QI supérieur peut changer la donne pour le reste de sa vie. Faire tester son enfant, le découvrir surdoué, voici ce que cela peut changer pour lui. Si tant est que ce soit bien effectué pour l'enfant, et non par fierté mal placée, et sans mettre sur ce test aucune pression.

L'enfant reconnu surdoué

Face aux sentiments, douloureux souvent, de différence exprimés par un enfant surdoué, l'adulte, le parent pourra lui expliquer pourquoi. Cette réponse là est sans prix, si elle est bien formulée et ne résume pas l'enfant à sa simple intelligence. Car, comme l'explique Jeanne Siaud-Facchin, c'est tout l'être, de son mode de pensée à sa vie émotionnelle qui est concernée par cet "excès" d'intelligence. On pourra expliquer à l'enfant pourquoi il réagit différemment des autres, pourquoi il s'ennuie, pourquoi il se pose des questions que les adultes balayent parce qu'ils le considèrent trop petit pour comprendre, pourquoi il se sent mal, si c'est le cas.

C'est aussi lui permettre de construire son identité, non sur cette seule donnée, mais avec cette donnée qui impactera toute sa vie d'enfant puis d'adulte et en étant "reconnu" dans sa différence.

Le positionnement des adultes face à l'enfant surdoué

Bien des parents témoignent de leur soulagement, une fois le "diagnostic" posé: leur enfant n'est donc ni feignant, ni fou, ni atteint d'une quelconque pathologie mentale, ni bête (oui... parfois la méprise est possible!).

Au delà des parents, s'ils consentent à informer l'entourage de l'enfant, c'est l'ensemble des adultes qui gravitent autour de l'enfant qui peut l'aider en revoyant ses réactions. Ne pas envoyer promener un enfant qui parle politique à 6 ans, ne pas considérer ce qu'il raconte comme des délires enfantins, comprendre son avidité à participer aux conversations d'adultes sont autant de services à lui rendre.

Sans même envisager la possibilité de sortie du système scolaire classique, c'est aussi pouvoir informer les enseignants et leur permettre d'être particulièrement vigilants et stimulants pour ces enfants.

A enfant à part, solution à part

Découvrir son enfant comme surdoué, si ses parents ne tournent pas cette information en pression (réussite, exigence extrême, attente d'une maturité affective qui ne suit pas le QI, etc.) c'est se donner les moyens d'agir pour son bien. Voici des pistes, qui excluent le transfert en "école pour surdoués", ce qui reste néanmoins une solution possible.

  • Suivre les désirs et besoins de l'enfant quant à ses centres d'intérêt: nourrir ses passions, même éphémères, pour ce qui le fascine (insectes, dessin, musées, ...)
  • Ne pas négliger ce qu'il verbalise et exprime, et le rassurer sur sa différence
  • Ne pas le considérer comme un petit adulte sous prétexte qu'il comprend vite et mieux que les autres. La maturité affective ne suit pas nécessairement, et même rarement la courbe (souvent en progression) du fameux QI.
  • Savoir expliquer aux adultes qui l'entourent comment il fonctionne, de son institutrice à son professeur de judo, chacun, adulte référent, compte
  • Valoriser ses réussites en ne lui ôtant pas sous prétexte de ses facilités
  • Agir en conséquence en cas d'échec scolaire
  • Savoir lutter parfois pour lui faire intégrer des groupes d'activités extra-scolaires ou ne sont habituellement admis que les enfants plus âgés
  • Savoir dire à son enfant "je ne sais pas" lorsqu'il pose des questions auxquelles le parent n'a pas de réponse, sans le renvoyer dans ses pénates, et mieux encore, lui dire "je ne sais pas mais on va chercher ensemble!"
  • Prendre en considération l'hypersensibilité, si liée à son intelligence et l'aider à la maîtriser, l'apprivoiser, et en faire une force
  • Communiquer ! Dans bien des cas, l'enfant surdoué est aussi un enfant très intérieur...

Pour conclure

Peut-être encore plus qu'un autre enfant, le petit surdoué a besoin d'être rassuré, et non évalué sur ses performances. Trop poussé, rêvé avocat, ou médecin, ou chercheur, par ses parents alors qu'il n'a encore que 6 ans, il y a fort à parier qu'il se mettra en situation d'auto-échec. Un enfant surdoué reste un enfant. Savoir qu'il l'est donnera à tout ses proches l'occasion de mieux le connaître et d'agir au mieux pour lui.

L'histoire continue ici

A lire : L'Enfant surdoué, Jeanne Siaud Facchin, aux édition Odile Jacob

A lire aussi : sur l'adulte surdoué http://www.suite101.fr/content/adulte-surdoue-que-devient-lenfant-precoce--a13404

A voir aussi : http://www.cogitoz.com/