Edward VI d'Angleterre, l'héritier d'Henry VIII

Edward VI par Guillim Scrots - Domaine public
Edward VI par Guillim Scrots - Domaine public
Seul enfant mâle d'Henry VIII, fils de Jane Seymour, le jeune roi ne régna que 6 ans mais fit entrer son royaume au cœur de la Réforme entamée par son père.

C’est Henry VIII qui a engagé la plus grande réforme religieuse et politique de son pays pour divorcer de sa première épouse, Catherine d’Aragon. Il a ensuite épousé, puis fait décapiter, sa deuxième femme, Anne Boleyn. Et tout cela dans quel but? Dans l’espoir d’avoir enfin un fils, un descendant mâle pour assurer la continuité de la dynastie des Tudor en montant sur le trône à son tour. Malheureusement, si Edward, le fils tant espéré, vient enfin au monde et succède à son père, il meurt trop jeune pour engendrer lui-même un nouveau monarque. Le pouvoir est laissé aux filles…

L’enfance d’un roi, dans l’ombre d’Henry VIII

Le 31 janvier 1547, Henry VIII s’éteint et son fils unique, Edward, est proclamé roi d’Angleterre et d’Irlande sous le nom d’Edward VI. Il a 9 ans. Edward n’est pas l’aîné des descendants d’Henry VIII, mais par l’Acte de succession rédigé en 1536, l’ancien monarque a établi l’ordre de priorité d’accession au trône parmi ses enfants: Edward, puis Mary, puis Elizabeth. Edward VI étant bien entendu trop jeune pour régner véritablement, un conseil de régence est mis en place, destiné à durer jusqu’à ce que le jeune souverain atteigne sa majorité, à savoir octobre 1555. Même si le garçonnet est doté d’une vive intelligence et s’il reçoit une éducation raffinée, ce sont ses conseillers qui gouvernent et sont à l’origine des lois et décrets qu’il ratifie. Aimé du peuple comme l’était son père, Edward n’en a pas le caractère. C’est un enfant pensif, dont le regard exprime une certaine tristesse qui le fera taxer par certains d’arrogance. Il est plus proche de sa sœur cadette, Elizabeth, dont il partage les jeux. Il est d’ailleurs élevé au milieu de femmes, qui tentent de remplacer sa mère morte quelques semaines après son accouchement, laissant un Henry désespéré. Jusqu’à son dernier remariage, avec Katherine Parr, Henry, n’a que très peu de contacts avec le petit Edward. Peut-être lui reproche-t-il inconsciemment la mort de sa bien-aimée. Katherine Parr tente en vain de prodiguer au jeune orphelin un peu renfermé l’affection d’une mère, mais très vite le jeune roi se sent investi de sa mission et le sens du devoir qu’on lui inculque depuis toujours passe avant les sentiments. Malgré son âge, Edward prend en effet son rôle très à cœur et fait preuve d’une grande maturité intellectuelle, en particulier en ce qui concerne les affaires religieuses. Instruit par des précepteurs protestants, il développe rapidement une grande ferveur et se passionne, comme son père, pour la théologie.

Dans l’ombre de puissants protecteurs

Trop jeune pour gouverner, Edward est placé sous la coupe d’un protecteur, un conseiller extrêmement influent qui assure la régence.

Le premier, Edward Seymour, est son oncle (le frère de sa défunte mère, Jane Seymour). Le duc de Sommerset possède d’indéniables qualités. C’est un soldat respecté, néanmoins attaché à maintenir le royaume en paix. Décrit comme libéral et généreux, voire idéaliste, il rêve d’une résolution pacifique du conflit entre l’Angleterre et l’Écosse – qu’il entend d’ailleurs évangéliser et convertir au protestantisme. Pour parvenir à ses fins, il envisage un mariage entre son protégé et la « reine des Écossais », Mary Stuart. Mais ce projet tombe à l’eau quand Henri II, le roi de France, parvient à convaincre les Écossais d’unir Mary à son dauphin, le futur François II. Des rebellions internes et un complot fomenté par son propre frère – qui a en secret épousé la veuve Katherine Parr – signent la fin tragique d’Edward Seymour, duc de Sommerset. Il est condamné pour félonie par son successeur, John Dudley, comte de Warwick. Avide de pouvoir, redouté pour son cynisme et son machiavélisme, ce dernier maintient néanmoins la paix en Angleterre, malgré les tensions religieuses et politiques, et la mise en place de la Réforme.

Le rôle de Thomas Cranmer, l’homme de l’ombre

Sous le protectorat de Dudley, comme sous celui de Warwick, le gouvernement poursuit la Réforme initiée par Henry VIII et Thomas Cromwell. Sous le règne d’Edward, le royaume d’Angleterre devient le pays le plus farouchement antipapiste d’Europe. Le jeune Roi, nous l’avons vu, n’est pas l’instigateur des mesures mises en place, mais seulement celui qui les entérine. Néanmoins, il est loin d’être un enfant comme les autres et prend très au sérieux ces évolutions. Il insiste pour inviter les plus grands prédicateurs à la cour et n’hésite pas à prendre des notes pendant leurs sermons. Sur la base d’une profonde réflexion théologique, il décrit le pape comme l'«antéchrist» ou le «fils du diable». Il faut dire qu’Henry lui a laissé en héritage un pays religieusement instable et divisé. Sous l’influence de Thomas Cranmer, l’unanimité se fait peu à peu contre Rome et son église. On réfute l’idée du purgatoire chère aux catholiques, on cesse de brûler les hérétiques, on annule de nombreuses restrictions établies par les évêques catholiques. Des mesures populaires qui favorisent la propagation de la religion de Calvin, lequel est d’ailleurs invité à la cour. Les hôpitaux, les écoles et toutes les institutions religieuses passent sous le contrôle de la Couronne.

Mais Edward tombe malade et, alors qu’il n’a même pas atteint l’âge fatidique de 15 ans, il meurt de phtisie – une forme de tuberculose pulmonaire – en 1553. Il a 13 ans.

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Raphaëlle O'Brien - Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours griffonné dans des carnets. Les journaux intimes et les poèmes ...

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