Dès leur plus jeune âge, les enfants spartiates étaient élevés « à la dure ». À partir de douze ans, les entraînements physique et militaire des jeunes garçons s’intensifiaient. De même, leurs conditions de vie les endurcissaient chaque jours un peu plus...

Un entraînement et des conditions de vie de plus en plus dures

Entre douze à quinze ans, les jeunes garçons abandonnent leur tunique pour un seul manteau qu’ils gardent toute l’année. À partir de quinze ans, ils dorment sur des paillasses de roseaux. Le bain et les onctions d’huile ne sont autorisés que lors des jours de fête. La nourriture est distribuée en quantité insuffisante de manière à ce qu’ils acquièrent adresse et ruse dans le vol des aliments. Toute faute même mineure se solde par de cruels coups de fouet.

Éloge de la pédérastie

Le confinement entre jeunes garçons favorise les relations amoureuses et charnelles entre partenaires du même âge mais aussi parfois entre un jeune et son aîné. Les relations sexuelles entre adolescent et adulte sont en effet autorisées par la loi et l’opinion sous certaines conditions qu’il est toutefois difficile d’apprécier (Platon, Lois I et VIII). Selon les spartiates, ces liens homosexuels permettent de renforcer la solidarité entre les combattants et les valeurs guerrières.

Vers le statut d’éphèbe

De seize à vingt ans, les jeunes spartiates deviennent irènes puis éphèbes de première, seconde, troisième et quatrième année. Les irènes participent à des épreuves d’endurance et à des cérémonies à caractère magique comprenant danses et mascarades. L’épreuve la plus singulière est la cryptie (cachette). Elle ne concerne que les garçons les plus doués (Plutarque, Vie de Lycurgue). L’éraste (dominant) amène son éromène (initié ou dominé) à la campagne où ce dernier devra vivre seul et caché durant une période. La nuit, armé d’un seul poignard, le jeune garçon part à la chasse aux hilotes (esclaves) dans le but d’en égorger au moins un.

Une vie d’hoplite

La vie des spartiates se poursuit ensuite en caserne jusqu’à l'âge de trente ans même s’ils sont mariés. Car si la pédérastie est considérée comme un passage de l’adolescence à l’état adulte nécessaire et surtout utile aux fonctions militaires, celle-ci ne peut se prolonger seule au-delà. À Sparte, le mariage est en effet fortement conseillé sous peine de brimades voire de condamnation (Plutarque, Vie de Lycurgue). Il est également de bon ton de concevoir des enfants susceptibles de perpétuer la défense de la cité.

Pour en savoir plus :

Levy, Edmond, 2003. Sparte: Histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine. Éditions du Seuil, coll. Point Histoire, 336p.

L'éducation spartiate