La noblesse médiévale n'aspire qu'à une chose: guerroyer. Les enfants suivent dès leur plus jeune âge une formation assidue pour rejoindre les plus grands sur les champs de bataille.

L'apprentissage pour devenir chevalier

Il est long, rigoureux et nécessaire. Le jeune noble doit acquérir de nombreuses connaissances dans divers domaines. De l'art militaire jusqu'au maniement d'armes, en passant par l'équitation et la chasse, le futur chevalier doit tout apprendre.

Jusqu'à l'âge de sept ans, il reste auprès de sa mère ou des femmes du logis seigneurial. A partir de cet âge, il a le devoir d'accompagner son père dans ses activités quotidiennes pour commencer son apprentissage. Il apprend à monter à cheval, à chasser et à manier l'épée.

A l'âge de douze ans, n'étant plus considéré comme un enfant, son père le confie à son suzerain pour parfaire son éducation chevaleresque.

Loin d'être prêt à devenir chevalier, il joue au départ le rôle de serviteur auprès de son seigneur. En parallèle, il apprend la guerre en pratiquant l'escrime au bâton sur des mannequins de paille sous l'œil bienveillant du maître d'armes.

Au bout de plusieurs années d'entrainement intensif, il est jugé apte à devenir écuyer et donc à accompagner son seigneur à la guerre. Il ne s'y rend pas pour y participer, mais pour servir le suzerain. N'étant pas encore adoubé il est chargé d'emmener sa monture au combat et de porter ses armes et son écu.

L'apprentissage se termine entre sa quinzième et vingtième année. Ayant toutes les connaissances nécessaires et le savoir-faire requis il peut enfin être adoubé et devenir chevalier.

L'adoubement

C'est un moment inoubliable pour tout futur chevalier: la concrétisation d'un apprentissage long et exigent depuis l'enfance.

La veille de la cérémonie, le jeune noble prend un bain afin de se purifier, jeûne et passe sa nuit en prière et en méditation. Il doit être sûr de son choix, car il s'engage à vie.

Au matin du jour J, il assiste à la messe et communie accompagné de son seigneur. Enfin, entouré de sa famille, d'une foule de seigneurs voisins, il est prêt pour l'adoubement.

Agenouillé face à son suzerain, il jure, sur la Bible, fidélité et loyauté ad vitam æternam. Le seigneur lui remet alors son épée, ses éperons, son bouclier et ses armoiries. Pour clore la cérémonie, il reçoit la collée, coup brusque sur la nuque afin qu'il n'oublie pas son serment.

Devenu chevalier, le jeune noble peut enfin participer à la guerre et protéger les plus faibles.

Sources

Les Chevaliers, Monaco, Editions du Rocher, Lausanne, Trois continent, 1999.