
- Des incertitudes toujours aussi grandes - DR
La plupart des économistes guettent une éventuelle reprise économique. Mais il faut bien constater que ceux qui voient aujourd'hui des signes positifs de regain économique sont les mêmes que ceux qui n'ont absolument pas vu venir la sévère crise financière, voire qui l'ont niée alors qu'elle avait déjà contaminé l'économie mondiale. Au même moment, d'autres experts -notamment Charles Dumont, Jan Weissmuller et Webster Tarpley- tentaient déjà d'alerter depuis des années sur les dérives financières d'un système qui semble fonctionner en roue libre.
Délinquants financiers
« La crise se terminera lorsque le système financier aura été purgé, financièrement et moralement », estime aujourd'hui Jan Weissmuller, expert en économie financière : « Nous commencerons à entrevoir la fin de cette crise lorsque les états, les banques et les particuliers seront revenus à des niveaux d'endettement raisonnables, et lorsque les délinquants financiers, aux USA comme ailleurs, auront été mis derrière les barreaux ». Le problème, poursuit l'économiste, c'est que le produit intérieur brut de l'économie mondiale s'élève à 55 000 milliards de dollars, alors que la bulle des produits financiers dérivés s'élève à 1 500 000 milliards de dollars!
Trous noirs
Pour appuyer ses affirmations, Jan Weissmuller cite l'historien américain Webster Tarpley : "Si les politiques actuelles se poursuivent, nous sommes confrontés au danger de la désintégration terminale du dollar et de l'hyperinflation [...] La bulle des produits financiers dérivés de 1,5 quadrillion est comparable aux trous noirs des astrophysiciens [...] qui aspirent toute matière passant à leur portée. [...] Les produits financiers dérivés sont les trous noirs de l'ingénierie financière, ils peuvent facilement engloutir toute la richesse physique, tout l'argent du monde et être encore en situation de banqueroute. [...] Il est temps d'enlever du dos de l'humanité le poids écrasant des produits financiers dérivés avant que l'économie mondiale et les grandes nations sombrent de façon irréversible dans le chaos et la guerre, comme on l'a vu dans les années 30".
« Rien n'est résolu »
Mais Jan Weissmuller ne limite pas ce constat aux états-unis, désignant aussi d'autres pays qui sont techniquement en situation de banqueroute, outre les USA : Royaume-Uni, les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), Italie, Pologne, Lettonie, Lituanie, Estonie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Ukraine, Kazakhstan (le Japon et l'Argentine ne sont pas loin derrière). « Il ne suffit pas de déverser des torrents de billets dans l'économie pour la relancer », argumente l'économiste : « Aucun des problèmes structurels responsables de la crise financière et économique actuelle n'a été traité, rien n'est résolu ».
