Une mission archéologique égyptienne vient de mettre au jour deux tombes de l’Ancien Empire à Saqqara Nord (9 juillet 2010). Elles sont situées à l’ouest de la pyramide à degrés de Djoser (premier roi de la IIIe dynastie) et à proximité immédiate du Gisr el-Moudir, vaste enclos qui date également de la IIIe dynastie (fouillé par une mission archéologique écossaise).

Shendouai, un fonctionnaire du roi Pépy II

Les propriétaires des deux tombes étaient Shendouai et son fils Khonsou. En surface, les archéologues ont découvert les fausses-portes des deux tombes dans un excellent état de conservation. Les peintures qui ont plus de 4000 ans, sont excellemment bien préservées. La fausse-porte permettait, selon les anciens Egyptiens, à l'«âme» du défunt de sortir de la tombe et elle servait également de lieu de culte. Sur celle de Shendouai, on peut le voir assis devant une table d’offrandes. Les inscriptions permettent de "dater" la tombe. En effet, Shendouai était chef des délégations des prêtres-wab (prêtre de base) de la pyramide du roi Pépy II Néferkaré. Celle-ci se nommait Men-ankh-Néferkaré. Shendouai appartenait à la petite noblesse, il était «ami unique» du roi, superviseur du département des volailles aquatiques. Ce dernier titre fait probablement référence à un entrepôt de nourriture, il se retrouve essentiellement sous la VIe dynastie. Shendouai était également chambellan royal, scribe et charpentier royal.

Sa fonction de «chef des délégations des prêtres-wab de la pyramide de Pépy II» indique qu’il vécut à la fin de la VIe dynastie. En effet, Pépy II Néferkaré Ier était le cinquième roi de cette dynastie. Il est même possible que Shendouai exerçât cette charge après le décès du roi afin de lui assurer un culte. A la mort d’un roi, ce dernier devenait le nouvel Osiris et son complexe funéraire servait de lieu de culte.

La chambre funéraire intacte de Shendouai

Sous le mastaba de Shendouai, les archéologues mirent au jour le puits funéraire, profond de 20 mètres et la chambre funéraire. Cette dernière était inviolée! Malheureusement le climat relativement humide de la région a fait disparaître les matériaux organiques. Seuls quelques petits artéfacts permirent de savoir que le défunt possédait un sarcophage en bois peint. Plusieurs vases en calcite, ainsi que cinq récipients en forme de canards furent retrouvés intacts. A l’intérieur de ces récipients, il y avait des os de canards. Ainsi, les anciens savaient que la viande allait pourrir mais la forme du récipient permettait d’assurer, de manière symbolique, la subsistance du défunt.

Au fond du puits funéraire, un petit obélisque de 30 cm de haut fut également retrouvé. Celui-ci était destiné au culte solaire. Ra était l’un des dieux les plus importants de la fin de l’Ancien Empire.

La tombe de Khonsou

Située contre la tombe de son père, la tombe de Khonsou présente également une fausse-porte et quelques bas-reliefs peints. Khonsou hérita des fonctions de son père, comme cela était fréquent à la VIe dynastie. Les archéologues retrouvèrent également une table d’offrandes devant la fausse-porte.