Décès accidentels: d'abord les personnes âgées puis les enfants

Les plus vieux et les plus jeunes. - TS laboratoires.
Les plus vieux et les plus jeunes. - TS laboratoires.
Les deux tiers des victimes des accidents de la vie courante sont des personnes âgées. Les décès des jeunes enfants diminuent un peu grâce à la prévention.

Les experts médicaux les appellent les «AcVC», les accidents de la vie courante. Ce sont tous ces décès accidentels provoqués par les chutes, les noyades, les asphyxies, les intoxications, les accidents domestiques. D'après l'étude «Mortalité par accident de la vie courante en France métropolitaine, 2000-2008» réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) et rendue publique dans le Bulletin épidémiologique du mardi 19 juillet, on déplore près de 20 000 décès chaque année. Cela représente vingt fois plus de victimes que les accidents du travail et cinq fois plus que les morts sur la route, selon une comparaison établie par Le Figaro qui évoque aussi 4 500 000 blessés dont 500 000 se retrouvent à l'hôpital. Les plus touchés par ces drames de la vie courante: les enfants et les personnes âgées.

Une évolution plutôt positive mais davantage de morts

  • Une baisse en valeur absolue.

Le taux de mortalité par accident de la vie courante a reculé de 2,8 % par an entre 2000 et 2008. Cette diminution, qui varie selon les types d'accidents, est plus significative chez les moins de 15 ans (-5,7 % par an) et elle est due d'abord à la prévention.

  • Un plus grand nombre d'accidents mortels.

C'est un véritable paradoxe. Si l'on constate cette tendance baissière en valeur absolue, le nombre des décès a augmenté, lui, de +2,8% de 2006 à 2007 (de 18 549 décès à 19 061) et de +3,4% en 2008 (de 19061 à 19 703). En réalité, c'est l'accroissement du nombre des personnes âgées, et donc le vieillissement généralisé de la population qui fait monter les statistiques.

Deux victimes sur trois sont des personnes âgées

  • Un peu moins de décès chez les enfants.

Le nombre des décès chez les moins de 15 ans a baissé. Ils sont passés de 358 en 2000 à 254 en 2008 (-5,7% chaque année en moyenne) «En 2000, un enfant mourait chaque jour; huit ans plus tard, il n'y avait plus que cinq décès par semaine. Cela signifie que chaque semaine on a gagné deux vies. C'est loin d'être un détail», se réjouit le Dr Bertrand Thélot, épidémiologiste à l'InVS et auteur de l'étude. Chez les enfants, la prévention qui commence à payer. On a ainsi constaté une baisse conséquente du nombre des décès par noyade: ils sont passés de 122 en 2003 à 70 en 2008.

  • Mais l'objectif n'est pas atteint.

Les «AcVC» représentent la première cause de mortalité des enfants de 1 à 14 ans. C’est la suffocation par aliments qui arrive en tête chez les tout-petits, et la noyade chez les moins de 25 ans. Certes, depuis 2004, le taux moyen d’«AcVC» a diminué globalement de 11% chez les moins de 15 ans. Mais, ce n'est pas assez, regrette l’InVS qui, en 2004, s'était fixé un objectif de diminution de 50%.

  • Les chutes des personnes âgées.

Les principales victimes des «AcVC» sont les personnes âgées de plus de 75 ans (13 000 décès). Plus des trois quarts des chutes mortelles (9412 décès en 2008) les frappent directement. L'InVS souligne pourtant que «des petits gestes simples peuvent suffire à éviter ces accidents, comme installer une rampe dans l'escalier et poser de l'antidérapant sur les marches (...) Tout ça, c'est quand même un désastre, parce qu'on ne devrait pas mourir d'un accident en principe évitable», déplore Bertrand Thélot dans France-Soir.

  • L'ostéoporose responsable.

Sur les 9 412 décès par chute observés en 2008, 5 563 sont des décès directs et 3 849 des morts associées à une chute. D'où la nécessité relevée par les experts de l'InVS d'accroître la prévention dans le domaine de l'ostéoporose, l'un des principaux facteurs de risques.

  • Surtout les hommes.

Globalement, les hommes sont plus souvent victimes que les femmes des «AcVC». «Les chercheurs constatent une nette surmortalité masculine (32,7 décès par accident de la vie courante pour 100 000 hommes, contre 18,9 pour 100 000 femmes). Elle est particulièrement frappante chez les jeunes adultes (25-44): 1088 décès chez les hommes en 2008 contre 283 chez les femmes», note L'Express.

Les principales causes de décès accidentels

  • 2999 suffocations.

Si les chutes constituent de très loin la principale cause des décès accidentels, les suffocations sont encore très importantes: au nombre de 2999 en 2008, elles sont provoquées par l'ingestion d'un aliment qui bouche les voies respiratoires.

  • 1376 intoxications.

Les accidents mortels liés à une intoxication alimentaire (du type de ceux provoqués par les graines germées infectées par la bactérie E coli), a entraîné la mort de 1376 personnes. Mais, rappelle L'Express, la principale cause des intoxications (plus des deux-tiers est due à des médicaments (prises accidentelles, erreurs de prescription), les autres étant dues à d'autres substances, dont les gaz (monoxyde de carbone).

  • Les noyades et le feu.

Pas moins de 1028 personnes se sont noyées parmi lesquelles 70 enfants, et 476 sont mortes dans un incendie.

  • Les hausses et les baisses.

Les suffocations et les noyades sont en baisse, explique l'InVS, mais les décès par le feu demeurent stables. Les décès par intoxications enregistrent une légère hausse (+1,9) mais ils progressent beaucoup chez les 15-64 ans (+7,6%), sans que les chercheurs puissent l'expliquer.

Thierry de Cabarrus, T.C.

Thierry de Cabarrus - J'ai passé trente-sept ans dans de nombreux journaux de la presse généraliste comme grand reporter, rewriter, ...

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