La volonté humaniste de s’occuper des enfants handicapés est rentrée souvent en collision avec le rejet, la pitié, l’indifférence ou bien la démagogie. Aujourd’hui, enfin, on commence à peine à traiter ces enfants comme tous les autres, malgré leurs déficiences et difficultés d’intégration. On les appelle, désormais « enfants à besoins particuliers ».

Pour arriver à cette conception moderne on a dû, néanmoins, traverser quelques étapes.

Les débuts

Tout a commencé au XVIIIe siècle, en France, lorsque ce sont ouverts les premières écoles pour des enfants handicapés. A Paris, il y a eu d’abord la création d’un établissement pour les enfants aveugles, puis celui pour des enfants déficients mentaux.

Ainsi durant plus de 200 ans, dans différents pays, on assiste à la création de divers établissements pour des enfants déficients et des institutions pour des adultes handicapés. Au fil de temps, on se rend compte que l’éducation de ces enfants est possible ; parallèlement à ça, les méthodes d’intervention évoluent, se spécialisent et sont d’autant plus performantes.

Mais malgré la bonne volonté et les excellentes initiatives, l’ouverture de ces écoles stigmatise et isole de plus en plus les personnes infirmes. La société crée une séparation nette entre les valides et les invalides, les structures qui accueillent ces derniers étant des lieux clos.

Vers une intégration?

Avec les années, on assiste de plus en plus souvent à la création d’internats pour invalides, de cités pour invalides, d’usines qui emploient des invalides, de maisons de retraite pour invalides. Dans la pensée collective émerge la conception selon laquelle les enfants et adultes déficients ne sont pas comme les autres puisque ils nécessitent un environnement et des soins spécifiques.

Indépendamment de la création des institutions caractéristiques, la recherche sur le handicap évolue. Les spécialistes se rendent compte que les personnes concernées n'ont pas seulement besoin d’éducation, mais d'une adaptation à la société toute particulière. Ainsi, à la fin du XIX siècle, on commence à réfléchir sur une loi spécifique de défense des droits des personnes handicapées. Durant cette même période émergent deux types d’organisations : organisations des invalides, constituées de personnes déficients dans le but de défendre leurs droits, et organisations pour les invalides, constituées de personnes bien portantes qui soutiennent les handicapés. De cette façon débute le « mélange » entre les sains et les infirmes.

L'évolution durant le XXe siècle

Durant les premières décennies du XXe siècle, dans la majorité des pays, il y a déjà un réseau bien formé d’écoles, institutions et organisations de et pour handicapés. Il n’a pas de doutes que des enfants invalides peuvent acquérir des diverses apprentissages scolaires, mais ceci demeure insuffisant, car ils n’ont pas l’autonomie et les bases de vie en société pour s’intégrer dans la vie active et mener une vie indépendante.

L’objectif étant d’en finir avec la marginalisation qui freine la socialisation des personnes handicapés. Ainsi, juste après la Seconde Guerre mondiale, on commence à mener une politique d’intégration et de réhabilitation. Le but est de faire participer les infirmes à tous les domaines de la vie communautaire, de la vie politique et culturelle. Il y a aussi cette volonté d’en finir avec les écoles spécialisées et de faire scolariser les enfants handicapés dans les écoles ordinaires où ils pourront poursuivre leurs études à l’aide d’éducateurs formés.

On commence également à se questionner sur l’intégration de ces enfants dans l’univers professionnel. De nos jours cette idée est soutenue par l’opinion publique, mais les faits montrent que les jeunes handicapés ont toujours des difficultés à accéder au monde de travail.

Sources :

www.education.gouv.fr

www.vie-publique.fr