Dans les domaines du social et du médico-social, on utilise beaucoup ce concept de bientraitance. Maisons de retraite, services à domicile et hôpitaux sont concernés quotidiennement ; des professionnels sont là pour y veiller.

Mais les familles doivent aussi connaître et pratiquer le soin à leurs anciens selon les bons préceptes, car on peut passer de la bientraitance à la maltraitance sans s’en rendre vraiment compte. Excès de zèle ou erreurs de jugement peuvent entraîner des comportements préjudiciables pour une personne en situation de dépendance partielle ou totale.

Vouloir aider est très louable, à condition de ne pas transformer cela en abus de pouvoir. À vouloir trop "faire à la place de", on finit par en arriver à de la maltraitance involontaire.

Qu’est-ce que la bientraitance ?

C’est une démarche active visant à assurer à la personne âgée le meilleur accompagnement possible, en s’adaptant à ses besoins, aussi bien à domicile qu’en établissement, dans le respect de ses choix.

Cette démarche regroupe à la fois les notions :

  • de bienveillance : attitude respectueuse et chaleureuse dans le relationnel à la personne aidée ;
  • de bienfaisance : volonté de bien faire dans le but de minimiser les dommages possibles et d’apporter un maximum d’avantages à la personne aidée.

Comment mettre en pratique la bientraitance ?

Il faut respecter la personne dans tous les aspects de sa vie, quelle que soit sa spécificité, c’est-à-dire sa ou ses pathologies, son âge, ses conditions de vie, ses convictions.

  • Ne jamais oublier que la personne âgée est une personne à part entière.
  • Ne pas l’infantiliser : elle est peut-être plus lente qu’autrefois, moins alerte, moins habile, cela ne veut pas dire pour autant qu’elle est redevenue un petit enfant. Il faut donc respecter sa lenteur, accepter sa surdité, ou ses autres défaillances, et s’armer de patience.
  • Prendre le temps de lui parler et de l’écouter pour lui permettre de relater ses expériences, et ne pas hésiter à lui demander conseil.
  • La faire participer le plus possible aux activités familiales, car cela entretient le lien transgénérationnel.
  • Si ce n’est pas un membre de la famille (voisin, par exemple), éviter le tutoiement et s’abstenir d’employer des surnoms tels que Papi ou Mamie, sauf s’ils sont sollicités par la personne elle-même.
  • Faire le maximum afin de ne pas changer ses habitudes.

Quels sont les facteurs pouvant amener à la maltraitance ?

Une mauvaise communication entraîne l’incompréhension des demandes, du stress, lié à un échange très limité (face à une personne qui n’arrive plus à communiquer), et la réponse décalée de l’interlocuteur. Ces difficultés de communication amènent fréquemment à une maltraitance involontaire (exemple : "J’ai froid et elle refuse de me couvrir davantage").

Toute forme de violence verbale, telle que langage irrespectueux ou dévalorisant, tout chantage ou abus d’autorité, tout comportement d’infantilisation, le manque de respect de l’intimité sont des prémices de maltraitance, ainsi que les négligences passives relevant de l’ignorance ou de l’inattention de l’entourage, comme d’oublier de saluer une personne grabataire ou parler d’elle comme si elle n’était pas là.

Comment reconnaître la maltraitance avérée ?

Si vous constatez à l’endroit d’une personne dépendante :

  • des marques de violence physique (traces de coups, brûlures, brutalité dans les soins), ou même la non-satisfaction des demandes (comme laisser le repas à disposition sans se préoccuper de savoir si la personne peut s’alimenter seule) ;
  • des négligence actives, comme l’abandon notoire, des manquements tels que ne pas venir nourrir la personne à l’heure prévue ;
  • une privation ou une violation des droits de la personne telles qu’une privation de l’exercice de ses droits civiques (ne pas lui donner la possibilité de voter, par exemple) ou de sa pratique religieuse (comme lui refuser la messe) ;
  • des violences matérielles ou financières telles qu’exigence de pourboire, vols, escroqueries…
… prenez contact au plus vite avec les services sociaux de la mairie ou la gendarmerie. Des gens habilités pourront prendre les mesures qui s’imposent, afin de rendre à la personne sa dignité et ses droits.