Le 17 juin 1940, par l’entremise de l’Espagne du général Franco, le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) adresse, au nom du peuple français, une demande d’armistice à l’Allemagne nazie du chancelier Adolf Hitler (1889-1945). Après seulement cinq semaines de combats acharnés, le Troisième Reich s’inscrit désormais en vainqueur de la bataille de France.

Comment en est-on arrivé là ?

Suite à l’invasion de la Pologne, dès l’aube du 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne. Durant un peu plus de 7 mois, pas la moindre opération militaire n’est entreprise. Au matin du 10 mai 1940, les Allemands mettent un terme à cette «drôle de guerre» en lançant une offensive d’envergure contre les Alliés. Le 14 du mois suivant, les troupes allemandes entrent dans Paris. Trois jours plus tard, tout juste nommé à la tête du gouvernement français, le maréchal Pétain fait savoir qu’il est «prêt à rechercher», avec l’ennemi, «les moyens de mettre un terme aux hostilités».

Pourquoi l’armistice du 22 juin 1940 est-il signé dans la clairière de Rethondes?

Depuis août 1914, la Première Guerre mondiale a fait plus de 18 millions de morts et un nombre incalculables d’invalides ou mutilés. Le 11 novembre 1918, entre 5h12 et 5h20 du matin, un armistice est signé sur le front occidental entre les Alliés et les Allemands, à la tête d’un empire sur le point de s’effondrer. D’une durée initiale de 36 jours, qui sera par la suite régulièrement renouvelée, l'armistice doit entrer en application dès la onzième heure de cette même journée. C’est au cœur de la forêt de Compiègne, dans le wagon-restaurant aménagé du maréchal Foch, et à l’abri d’une futaie située non loin de la petite gare de Rethondes, que le document longtemps espéré est enfin paraphé.

En 1940, afin de laver ce qu’il considère comme un affront fait à son pays, le maître de l’Allemagne nouvelle, Adolf Hitler, exige que la convention d’armistice devant être signée à la demande de la France sous l’autorité du maréchal Pétain, soit conclue dans la clairière marquant l’emplacement de l’acte historique qu’il exècre tant. Pour ce faire, on utilise le même wagon-restaurant qui a autrefois servi à entériner le cessez-le-feu obtenu sur le front ouest. Dans les jours qui suivent le 22 juin 1940, le fourgon des signataires des deux armistices est transféré à Berlin où il sera détruit par incendie en avril 1945.

Quelles sont les conditions établies par cette convention d’armistice ?

Les conditions relatives à la convention d’armistice signée en ce 22 juin 1940 prévoient, entre autres: l’arrêt des combats, la démobilisation et le désarmement des troupes (sauf maintien de l’ordre), l’occupation des zones nord et atlantique dans lesquelles l’occupant exerce son autorité de plein droit, la livraison des stocks de munitions et du matériel militaire à l’exception de l’aviation et de la flotte laissées à disposition du gouvernement français, mais sous la tutelle de l’occupant allemand comme italien, le musellement de toutes les éventuelles actions de résistance à l’occupant, le contrôle des ports et des aérodromes, le maintien en état des moyens de circulation et de communication du territoire, la mise à disposition de l’arsenal industriel français, l’arrêt provisoire des émissions T.S.F., l’approvisionnement et l’entretien des troupes d’occupation, le rapatriement des populations dans les zones d’avant l’exode, le maintien sur le territoire et dans leur zone d’origine de tous les capitaux, stocks et autres valeurs, la remise aux autorités d'occupation des ressortissants allemands réfugiés en France depuis l'établissement du Reich, le maintien en détention des prisonniers de guerre et la signature d’une convention d’armistice avec l’Italie fasciste de Mussolini.

Quels sont les signataires de cet armistice?

Les signataires de la convention d’armistice sont les généraux Keitel pour l’Allemagne et Huntziger pour la France. Le Troisième Reich est également représenté par le chancelier Adolf Hitler en personne, ainsi que Rudolf Hess, Hermann Göring, le ministre des Affaires étrangères Von Ribbentrop, le chef de la Kriegsmarine, l'amiral Raeder, et le commandant de la Wehrmacht, le général von Brauchitsch. Le gouvernement français a, pour sa part, délégué le général d'aviation Bergeret, le vice-amiral Le Luc et l'ambassadeur Léon Noël.