
- Le jardin - Jean-Luc Mercier
Dès les premiers pas de l’enfant, la confrontation au jardin et à ses dangers peut vite devenir angoissante pour les parents. Subitement, tout apparaît source de risques. On se demande quel animal dangereux pourrait se cacher sous l’arbuste ou parmi les fleurs, quel être maléfique va piquer, empoisonner, mordre, attaquer, brûler, érafler le délicat bambin.
Pas de panique! Préparez ces moments à l’avance, sereinement, comme vous l’avez fait pour la chambre de bébé. Concevez et pensez l’espace du petit sans vous priver des fonctions et du plaisir du jardin.
Cet article est un petit guide pour vous aider à cet effet.
Petit enfant, petit jardin
Il n’y a aucune raison de restreindre l’espace de l’enfant dans une maison et de ne pas le faire dehors. Il n’y a pas lieu de laisser tout le jardin à l’usage exclusif des enfants.
Sur le principe de la clôture qui interdit l’accès à la route ou à la piscine, il est utile pour les parents de restreindre l’espace jardin de l’enfant, surtout si la parcelle est grande ou longue.
Cette restriction permet à l’enfant de comprendre que tout n’est pas permis, même dehors.
C’est l'apprentissage de la notion d’espace de liberté, de gradualité dans l’usage des lieux: ici je fais ce que je veux, c’est chez moi. Là, je fais comme tout le monde, c’est l’espace collectif (famille, ami). Là-bas, je peux y aller sous conditions, sur autorisation, je n’y fais pas ce que je veux (c’est le domaine d’autrui: potager de maman ou papa par exemple). Enfin, il y a les lieux où je n’ai pas le droit d’aller (cabane à outils, cuve à gaz, espace stockage, bûcher…).
Partager l’espace, c’est apporter plus de sérénité dans le quotidien des parents et cela facilite la surveillance du petit. Cela permet, si le besoin s’en fait sentir, de séparer le chien de l’enfant, d’avoir un coin compost et un coin «débarras» sans risque de voir le petit se blesser ou essayer de manger des déchets…
Aménager le jardin pour l’enfant
Un coin de pelouse avec des jouets n’est pas un jardin et n’a rien d’éducatif. Aménagez l’espace comme un vrai jardin adapté à l’enfant. Pensez à ces quelques principes:
- Ne transmettez pas vos peurs. L’enfant doit pouvoir toucher, tomber, courir, observer, se coucher, découvrir les textures, les odeurs… Si l’essentiel de la surface reste libre pour jouer sans contrainte, arbustes et fleurs seront bienvenus sur le reste de la surface. Par ailleurs, la «jolie» coccinelle (redoutable prédateur) n’est pas plus gentille que le «sale» cloporte (inoffensif mangeur de débris végétaux)!
- Un arbre d'ombrage est important de même qu’un espace ensoleillé.
- La nature n’est pas sale. Se salir avec de la terre ou de l’herbe ne mérite pas la réprimande. La saleté est plus dangereuse sur un trottoir, sur le sol des magasins, sur les carrosseries des voitures ou les murs des bâtiments urbains.
- Les animaux dangereux sont rares.
- Ne laissez pas de tas de débris ou de bois, de tôle appuyée contre les murs ou au sol, de plastique posé au sol avec du sable dessus, par exemple. Préférez un vrai bac à sable délimité par des rondins. Le tas de compost sera loin de l’espace enfant. L’été, surveillez le goûter du petit. C’est le seul moment où les guêpes peuvent être attirées par l’odeur des aliments (produits sucrés, laitage, fruits ou charcuterie).
- Les aménagements des hommes sont plus dangereux que la nature. Angle de mur, clous qui dépassent, marches, tuyaux, attaches de grillage mal repliées, outils et matériaux qui trainent… méfiez-vous de tout ce qui peut blesser et de tous les produits utilisés au jardin qui doivent rester totalement inaccessibles à l’enfant jusqu’à 12 ans ou plus.
Le refuge et les fleurs
Le jardin sera un plaisir si l’enfant s’y sent bien et en sécurité. Il y a les jeux, les portiques (préférez-les en bois), il y a l’espace pour le refuge et quelques plantes adaptées.
Les mini maisonnettes vendues dans les commerces de jouets sont de superbes refuges sécurisés pour les plus jeunes (faciles à déplacer et entretenir). Rien ne remplacera ensuite la cabane… celle en bois, perchée sur ses pilotis à 1 m du sol, parmi les arbustes ou les bambous, ou celle accrochée à l’arbre à 2 m de haut, avec sa porte et sa fenêtre aux jolis volets.
Quant aux plantes, les espèces non toxiques, à feuillages doux, aux jolies fleurs, et costaudes sont à privilégier. Hémerocalles, œillets, aubriètes, pâquerettes sont de celles-là et n’attirent pas les insectes butineurs (pas de risque de piqûre). Les graminées d’ornement à feuillage non coupant sont parfaites.
Noisetiers, photinias, pittosporums, certaines viornes et cotonéasters sont des arbustes sans danger pour les plus petits, surtout si on en supprime les éventuels fruits.
L’enfant grandit, faites évoluer le jardin. Vous pouvez réaliser de belles choses pour et avec votre enfant: créez un jardin sensoriel ou réalisez une découverte botanique pour lui , par exemple.
