En pédagogie par objectifs, chaque séquence est découpée en trois activités : la découverte, la démonstration, l'application.

En activité de démonstration, le formateur réalisera un exposé interactif s'il s'agit d'une séquence à dominante de savoir, et utilisera la technique de la démonstration pratique s'il s'agit d'une séquence à dominante de savoir-faire.

Pourquoi rédiger un plan ?

Quelle que soit la dominante, un plan sera élaboré pour deux raisons essentielles :

  • Il sera affiché durant toute la séquence, et guidera le déroulement de l'intervention du formateur.
  • Présenté après l'énoncé de l'objectif spécifique, et avant le démarrage de l'activité de découverte, il permettra aux stagiaires de comprendre par quel cheminement pédagogique ils pourront aborder sereinement l'activité d'application de fin de séquence.

Quel support faut-il utiliser pour afficher le plan ?

Trois types de support sont envisageables, mais un seul est efficace.

  1. Le diaporama est un outil moderne, et le formateur sera tenté d'y insérer un plan afin de le projeter grâce à un vidéo-projecteur. Néanmoins, pour que le plan soit toujours visible, il faudra l'insérer en format miniature dans l'angle de chaque diapositive qui suivra, ce qui nuira à la lisibilité des autres contenus.
  2. Le rétro-projecteur permet d'afficher un plan, précédemment élaboré sur un transparent, de manière constante. Néanmoins, le bruit de l'appareil représentera rapidement une nuisance sonore. De surcroit, l'initiative prise par certains formateurs de dévoiler le plan au fur et à mesure de l'avancement des contenus ne permet pas aux stagiaires de bénéficier d'une vision globale de l'organisation de l'exposé ou de la démonstration pratique.
  3. Le paperboard (ou tableau de papier) -bien qu'il paraisse obsolète- demeure l'outil le plus adapté à l'affichage permanent du plan, lequel peut être manuscrit ou imprimé. Il est en outre intéressant de disposer d'un support matériel spécifique au plan, et d'autres supports dédiés aux contenus.

Comment construire un plan pédagogique ?

Certains plans, essentiellement basés sur le tryptique "thèse, antithèse, synthèse", sont davantage adaptés à la littérature, à la dissertation, au mémoire d'études, etc.

Mais un exposé interactif ou une démonstration pratique en formation continue réclament tous deux une structure dynamique, toujours composée depuis deux jusqu'à quatre parties, numérotées, afin de pouvoir respecter une durée maximale d'exécution de vingt minutes, après lesquelles l'attention du public faiblit notablement.

  • La structure descriptive sera choisie pour présenter des éléments distincts, qu'il faudra regrouper en parties homogènes. Par exemple, un extincteur pourra faire l'objet d'un plan en trois parties : (1) le système de propulsion, (2) le système de diffusion, (3) les éléments complémentaires.
  • La structure chronologique servira à présenter un processus. La difficulté de conception réside dans les sujets de savoir-faire en "aller-retour". Par exemple, l'action en trois étapes qui consiste (1) à soulever manuellement une charge, (2) à la transporter, puis (3) à la reposer ne pourra pas être transposée en l'état dans un plan chronologique. En effet, une démonstration pratique est réalisée étape par étape par le formateur, et reprise en alternance par les stagiaires, qui exécutent alors un apprentissage de gestes. S'ils apprennent comment soulever une charge, à un moment donné, ils devront reposer cette même charge sans avoir appris à le faire de manière adaptée, pour aborder la seconde partie du plan, ce qui est "contre-pédagogique". Or, la technique pour reposer une charge est l'inverse de celle qui consiste à la soulever. Le plan sera donc le suivant : (1) soulever et reposer une charge, et (2) transporter une charge.

Autour du développement, ajouter une introduction et une conclusion, puis élaborer un titre évocateur

Rappelons que, quel que soit le nombre d'étapes inclus dans une procédure réelle, il faudra les regrouper en un maximum de quatre parties mémorisables. Des sous-titres pourront être ajoutés sous chaque titre de partie, mais seront généralement superflus.

  • L'introduction, non numérotée, présentera en une simple phrase les conséquences négatives susceptibles de se produire si les étapes du plan sont mal réalisées.
  • La conclusion, non numérotée, indiquera le bénéfice qu'on tire à respecter ces mêmes étapes. L'utilisation de rimes apporte simplement un vernis "chic et choc", mais n'est pas indispensable.
  • Le titre principal débutera par un nom s'il s'agit d'un sujet de savoir (exemple : "Présentation du Halligan tool" et de son utilisation en intervention), et par un verbe s'il s'agit d'un sujet de savoir-faire (exemple : "Réaliser une ouverture forcée de porte palière en intervention, avec l'Halligan tool").
Voici un exemple de plan relatif à une démonstration pratique qui porte sur une procédure célèbre chez les Sapeurs Pompiers : le TOOTEM, acronyme permettant de mémoriser les actions suivantes :

"Toucher, Observer, Ouvrir, Tester, Engagement Minimal".

De manière à respecter un maximum de quatre parties dans le développement, et à sensibiliser les stagiaires, l'un des plans possibles pourrait être le suivant (origine : FOR1-SDIS33-Johan Lamarre) :

  • Titre principal : "Réaliser la technique du TOOTEM"
  • Introduction : "Porte fermée en intervention incendie, attention danger !"
  • Développement en quatre parties :
  1. Respecter la position du binôme devant une porte.
  2. Décoder les signes d'alarme significatifs.
  3. Ouvrir la porte : les fumées sortent.
  4. Evaluer la température pour un engagement plus sûr.
  • Conclusion : "Un TOOTEM maîtrisé, c'est une progression en toute sécurité".

Valoriser le plan avec des couleurs, et l'utiliser efficacement

  • Si le contenu ne nécessite pas d'être différencié pour chaque partie, l'utilisation du noir ou du bleu, à la fois pour le titre et le développement, permettra de conserver le rouge pour l'introduction "négative" et le vert pour la conclusion "positive".
  • Si l'utilisation d'une couleur différente par titre de partie est justifiée, à l'inverse, le titre, l'introduction et la conclusion seront écrits d'une seule et même couleur.
Afin que le plan ne demeure pas un élément de décoration, figé au fond de la salle de formation, le formateur, après une première lecture orale de l'ensemble de ses composantes, veillera à revenir vers cette structure de référence à chaque changement de partie.