
- Livre Généalogistes, Anecdotes de professionnels - Laurence Abensur-Hazan
Lorsque l’on souhaite devenir professionnel la première question à se poser est de savoir si l’on veut exercer en tant que généalogiste successoral ou familial.
Successoral ou familial ?
Le premier a pour mission de rechercher les héritiers d'une personne décédée afin de régler sa succession, tandis que le second travaille pour des particuliers désireux d'en savoir plus sur leurs ancêtres et plus largement leur famille. Il est possible de travailler dans les deux domaines en même temps.
Les successoraux travaillent plutôt au sein de structures collectives. Certains cabinets importants existent depuis le 19ème siècle. Le plus ancien, fondé à Paris, est l’Etude Andriveau.
D’autres successoraux exercent seuls, tout comme la grande majorité des généalogistes familiaux.
Travailler seul nécessite une discipline et une capacité à gérer tous les aspects administratifs que ne manque pas de générer l’exercice d’une activité libérale.
Une formation encore souvent "sur le tas"
Pour devenir généalogiste professionnel, aucun diplôme n'est actuellement requis. Ceux qui exercent ce métier ont commencé par faire des recherches sur leur propre famille avant de décider de s’intéresser à celle des autres. Connaître les archives est bien sûr indispensable, tout en sachant que dans ce domaine on apprend et découvre tous les jours. Il est conseillé de connaître tout de même autre chose que les actes d’état civil et les recensements de population avant de se lancer. Si l’on souhaite exercer en successoral, un minimum de connaissances juridiques concernant les règles de la dévolution successorale est nécessaire.
Certains généalogistes sont titulaires de diplômes universitaires en Histoire ou en Droit, mais aussi dans d’autres domaines comme les langues. Leur point commun est d’avoir acquis ainsi l’expérience de la recherche dans les bibliothèques universitaires fréquentées durant leurs études et d’être, en principe, capables de rédiger correctement. L’aptitude à écrire, à soigner son orthographe et son style, à respecter syntaxe et grammaire est essentielle. Les généalogistes familiaux sont, en effet, plus que les successoraux, amenés à présenter à leurs clients le résultat de leurs recherches sous forme d’un compte-rendu rédigé. La moindre des choses est donc qu’il soit lisible et dépourvu de fautes grossières !
Des généalogistes familiaux proposent des formations qui, si elles n’ont pas valeur officielle, permettent tout de même d’acquérir des connaissances complémentaires avant de se lancer. Les Chambres professionnelles mettent également en place des formations destinées à leurs membres, nouveaux venus ou non dans la profession.
Il existe depuis peu une formation universitaire diplômante dispensée par l'Université de Nîmes. Elle a pour objectif de former à la généalogie familiale, mais aussi successorale puisqu'elle comporte un enseignement du Droit de la Famille.
En pratique…
Le choix de la structure juridique (entreprise individuelle, société) dépend de la situation de chacun. La plupart des généalogistes familiaux exercent en entreprise individuelle et non en société, jugée jusqu'à présent plus lourde à constituer mais qui permet de mieux protéger son patrimoine. Ils disposent d’un numéro SIRET, s’acquittent de leurs charges à l’URSSAF, cotisent bien sûr aux assurances maladie et retraite (auprès de PREVADIES et CIPAV). L’ensemble de ces charges sont proportionnellement lourdes par rapport au chiffre d’affaires. Avant de se lancer, il est essentiel de s’assurer que l’on pourra faire face financièrement. Actuellement, il est également possible de débuter l’activité en tant qu’auto-entrepreneur.
Les revenus sont soumis à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Les différents régimes proposés sont ouverts aux familiaux selon le chiffre d’affaire annuel réalisé : micro-entreprise, déclaration contrôlée etc …
Les généalogistes optant pour la société peuvent alors être soumis à l'impôt sur les sociétés.
Les généalogistes, généralement successoraux, intégrant des cabinets existants ont, eux, le statut de salariés. Leur situation est donc très différente.
Adhérer ou non à une Chambre professionnelle ?
Travailler seul n’est pas toujours facile. Rejoindre une chambre professionnelle permet de rencontrer les confrères, d’échanger, de confronter les situations, de mieux faire face aux difficultés dans l’exercice de la profession. Cela permet aussi de bénéficier de la vitrine de son site et, plus largement, de ses actions publicitaires. Etre membre d’un syndicat professionnel est aussi un gage de sérieux à l’égard des clients. Les généalogistes qui en sont membres sont soumis à des règles de déontologie. Ils doivent également respecter une certaine norme en ce qui concerne les contrats qu’ils établissent avec leurs clients.
Parallèlement aux syndicats purement successoraux, deux structures regroupent familiaux et successoraux : la Chambre des Généalogistes Professionnels et la Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France, toutes deux membres fondateurs de l'Union des Syndicats des Généalogistes Professionnels (USGP).
Pour y présenter sa candidature, il est impératif d’avoir déclaré son activité et de disposer d’un numéro SIRET. Un dossier de candidature doit leur être présenté dont l’appréciation est soumise au Conseil d’administration.
Se faire connaître
S’il est difficile de dire en combien de temps l’exercice de cette profession devient rentable, il ne faut pas espérer vivre de cette activité avant plusieurs années. Pour se faire connaître, les généalogistes professionnels ont presque tous un site sur lequel ils présentent leur parcours, les prestations qu’ils proposent et les tarifs qu’ils appliquent. Ils apparaissent aussi sur les supports publicitaires (presse spécialisée, dépôts d’archives), individuellement ou par le biais de la chambre professionnelle à laquelle ils appartiennent. Il est important de se différencier par rapport aux confrères en proposant des compétences particulières, comme la traduction de documents anciens étrangers, un domaine géographique spécifique ou toute autre aptitude susceptible d’intéresser la clientèle dans le cadre de la généalogie. Certains professionnels proposent par exemple la rédaction d’un véritable livre, au-delà de la recherche généalogique pure.
Si devenir généalogiste professionnel est plutôt simple, le rester est indéniablement plus difficile. Ceux qui y parviennent sont ceux qui avaient dès le départ pleinement conscience de la difficulté et qui, passionnés par cette activité, savent évoluer dans leur pratique tout en veillant à se former en permanence.
Chambre des Généalogistes Professionnels ; Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France
