
- Réfléchissez avant de souscrire une assurance ! - Photos Libres
Les assureurs proprement dits, mais aussi les banques, les magasins vendant l’équipement, les voyagistes, les loueurs de voiture etc. nous vendent divers produits d’assurance, le plus souvent inutiles. Ces différents prestataires ont des argumentaires commerciaux assez typiques, qui exagèrent les risques et noircissent le tableau afin de vous faire payer une prime dont le montant paraît certes modique comparé au coup d’un éventuel sinistre. Mais cela n’en demeure pas moins bien souvent inintéressant.
Apprenez à raisonner comme un assureur
Lorsqu’on vous propose un tel produit, il faut déjà estimer grosso modo la probabilité que le risque se produise effectivement. Bien souvent, il s’agit d’une probabilité si peu élevée que dépenser de l’argent pour couvrir ce risque n’est pas raisonnable. Autre paramètre à prendre en compte, c’est bien sûr le coût d’un éventuel sinistre. Par exemple un jeune homme en parfaite santé et sans soucis dentaires n’a pas intérêt à prendre une option «dentaire» en contractant avec une mutuelle : si d’aventure il devait aller chez le dentiste, ça ne risque pas de coûter bien cher. En revanche, le vol de bijoux très chers ou une opération au cœur (dans les pays où il n’y a pas de sécurité sociale obligatoire), bien que correspondant à des risques peu probables, doivent être couverts car il s’agit de choses trop coûteuses.
C’est précisément à ce genre de calculs actuariels, estimant le coût d’un sinistre et la probabilité qu’il se produise dans un laps de temps donné (et compte tenu des taux d’intérêts, de l’inflation, des prévisions économiques, etc.), que se livrent les assureurs et tous ceux qui conçoivent les produits d’assurance. Sauf qu’ils le font de manière scientifique et non pas intuitive comme un particulier. Il est bien difficile de concurrencer leur expérience et leur connaissance de leur marché ; et vous pouvez être quasiment sûr que si on vous propose une assurance lambda, l’assureur s’y retrouve largement ! Autrement dit, en moyenne aucun produit d’assurance ne mérite d’être pris (car à ce jeu c’est l’assureur qui gagne forcément et non pas l’assuré), sauf les risques très faibles mais coûteux que l’assureur couvre sans perte car il a en face de lui une population très large (ce qui n’est pas votre cas : si vous devez financer un soin médical très cher pour une maladie rare, savoir qu’il n’était pas financièrement intéressant de vous couvrir compte tenu du risque très faible, sera une bien maigre consolation).
Ne signez jamais sans réfléchir
Désormais, quand on vous vend avec insistance un produit d’assurance, soyez d’emblée critique et réfléchissez avant de payer. Très souvent, les polices sont faites de façon très restrictive, vous pensez p.ex. être bien couvert contre l’annulation de votre voyage, or cela ne marche que pour certains cas bien précis. Ou encore, vous acceptez que votre voyagiste couvre un risque moyennant 15 ou 20 euros «à peine», alors que ce risque est éventuellement déjà couvert (et même mieux !) par votre carte de crédit. Idem pour les extensions des garanties, p.ex. (quel intérêt de prolonger la garantie de 10 ans sur un bien que vous allez peut-être vouloir remplacer au bout de 3 ans ?).
Même pour des risques non couverts par ailleurs, il est souvent plus intéressant de s’auto-assurer plutôt que de prendre sur un coup de tête un produit type que l’on vous vend en dramatisant les risques éventuels. Par exemple, les loueurs de voiture proposent fort souvent l’option «zéro franchise». Autrement dit, si vous faites un accident ou un accrochage avec dégâts, vous êtes amené à régler de toutes les façons une franchise (parfois élevée : 300-500 euros), que cette option permet d’annuler. Cela semble être une bonne chose ; cependant un conducteur expérimenté qui loue une voiture peu chère (avec donc une franchise raisonnable, 150 euros p.ex.) n’a en fait aucun intérêt à dépenser 10-15 euros par jour de location car il est relativement peu probable qu’il fasse un accrochage sans gravité (alors que les risques supérieurs à la franchise sont de toutes les façons couverts !).
Assurez-vous vous-même !
Pour tous ces petits risques, qu’il s’agisse des assurances «bancaires» (couvrant p.ex. le vol de votre carte bancaire ou de votre chéquier), des options «zéro franchise» chez les loueurs de voiture ou les assurances annulation chez les voyagistes (notamment les sites web, qui aiment ce genre de «petits plus» qui agrémentent leurs bénéfices assez faibles), vous avez plutôt tout intérêt à vous constituer un petit compte spécial «auto-assurance».
C’est enfantin : vous ouvrez chez une banque en ligne un livret spécial, rapportant idéalement 3-4%, où vous placez 2-5 mille euros (d’un seul coup, ou bien par des versements progressifs en 3-6 mois, peu importe), et puis refusez systématiquement toutes les assurances que l’on vous propose, sauf les incontournables ou celles qui couvrent des risques trop coûteux. Ce compte vous permettra de payer vous-même les éventuels sinistres (inévitables), qui n’auront de surcroît aucun impact sur votre budget courant.
Et vous pouvez poussez la «perversion» jusqu’à verser sur ce compte spécial toutes les primes qu’on vous demandait, ainsi économisées, et en seulement 2-3 années vous pourrez déjà récupérer votre dépôt initial de 2-5 mille euros. Ensuite, tout ce qui va s’accumuler sur ce compte (primes économisées et les intérêts), c’est votre bénéfice net. Vous voici devenu votre propre assureur, et avez ainsi droit à un joli petit dividende, plutôt que d’enrichir Axa, Allianz et tutti quanti !
