Aussi vieilles que les guerres et l’agriculture, les haies défensives connaissent un regain d’intérêt. Bien entretenues, elles sont belles et évitent l’implantation de grillages ou palissades coûteuses. Mais attention à ne pas exposer le passant au danger ou de vous prendre au piège !

Vous pouvez aussi tresser ou plesser des arbustes non épineux (cornouillers, saules) pour réaliser de jolies clôtures d’ornement autour du potager ou du verger.

Tressage, plessage ou plantes défensives

La haie tressée est l'une des variantes du plessis, mais l’expression est utilisée par certains, pour laisser croire à de nouvelles techniques que l’on voudrait différencier de la technique ancienne, presque tombée en désuétude, du plessage.

Pourtant, cette remise en scène reste dans la droite ligne de la tradition.

Passée cette mise au point, le plessage, et donc le tressage de plantes, connait un nouvel essor. Divers stages sont organisés, par des associations notamment, pour réapprendre les techniques, plus particulièrement dans les régions où elles ont longtemps fait figure de tradition.

Les haies de plantes défensives non plessées sont, en revanche, très différentes dans leur principe car les plantes mises en place se suffisant à elles-mêmes, elles ne sont pas entrelacées. Elles existent dans de nombreux endroits du monde et peuvent s’avérer extrêmement efficaces.

Bref regard sur le passé du plessis

Dans « La Guerre des Gaules », César parle d’un système défensif similaire à l’une des techniques de plessage : "Ils étaient dans l'habitude de couper de jeunes arbres, de les courber, d'y placer transversalement de nombreuses branches, et d'entremêler le tout d'épines, afin qu'à l'instar d'un mur, ces haies leurs servissent de retranchements, à travers lesquels il n'était possible ni de pénétrer, ni même de rien voir".

Les plessis ont laissé leur nom à l’étymologie de nombreux villages français, et furent fréquemment utilisés jusqu’à la fin du 19e siècle, tout comme en Angleterre.

En 1972, nous avons connu en Vexin, un vieil homme qui pratiquait tantôt un tressage fin, tantôt un tressage sur piquets avec des arbustes épineux.

Mais les pratiques sont encore courantes en Pologne, en Hongrie et en Russie, où d’impénétrables tressages sont parfois réalisés sans qu’il y ait besoin d'avoir recours à des artifices de type barbelés métalliques ou piquets de renfort.

Les haies défensives d’épineux non tressés sont toujours immuablement cultivées dans des pays comme le Maroc, le Sénégal, l’île de Malte ou des îles des Canaries par exemple.

Haies vives défensives non tressées

  • Sur l’île de Malte, le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) est plantée en limite des prés, comme clôture, produisant du même coup un fruit comestible qui est ramassé.
  • Au Mexique, l’agave est, de la même manière, planté en haie de défense servant à la production artisanale de fibre de sisal. L’agave est encore présente ponctuellement sur l’île canarienne de la Goméra.
  • En Corée, le citronnier épineux (Poncirus trifoliata) crée des haies totalement infranchissables.
  • En Bretagne, l’ajonc d'Europe, toujours utilisé, constitue des haies totalement infranchissables d’environ 2 m de haut.
  • En Normandie, en Picardie, notamment, les prunelliers et aubépines, parmi lesquels les agriculteurs laissaient soigneusement s’installer ronces et églantiers, étaient redoutablement efficaces aussi.
De telles plantations sont toujours parfaitement réalisables de nos jours.

Plessez, bonnes gens ! Tressez

La haie plessée est souvent constituée en fendant les tiges (de 5 cm de diamètre ou plus) des arbustes qui la constituent à proximité du sol. Les parties fendues sont plus ou moins inclinées et tressées par entrelacement entre des piquets espacés de 0,40 m à 1m. Les piquets peuvent être remplacés soit par des tiges laissées verticales des pieds précédents, soit par des pieds intermédiaires dont on ne garde qu’une belle tige robuste.

La haie reprend sa croissance naturelle, les arbustes cicatrisent et émettent de nombreuses pousses qui se « faufilent » entre les tiges tressées, renforçant le maillage.

Une autre technique consiste à plesser par entrelaçage direct, ou tressage. Partant d’arbustes à tiges multiples et fines, l’entrelacement se fait d’abord le plus horizontalement possible à la base, avec quelques rameaux pour fermer le pied de haie, puis en arquant les tiges plus grandes que l’on entrelace sur les côtés en utilisant les arceaux formés par les brins précédents. L’emploi de brins de raphia ou des liens de saules des osiers permettent de consolider l’ensemble.

Quelles espèces, quelle sécurité ?

  • Il y a des espèces pour tous les climats :
Aubépine et azérollier, citronnier épineux (ou poncirus trifolié), églantier, diverses épine-vinettes (dont Berbéris darwinii, B. julianae, B. thunbergii), févier et sa variété dorée, houx, jujubier et paliure (Zizyphus jujuba et Z. paliurus), prunellier.

  • Pensez à la sécurité :
Si les haies défensives, plus efficace qu’un grillage, se veulent une sécurité anti-franchissement contre les gens mal intentionnés, les vaches et chevaux, il est presque indispensable de les doubler de végétaux plus inoffensifs sur les tronçons proches des lieux fréquentés par les humains.

Un rideau de Lonicera nitida, par exemple, économique et très facile à tailler, ou de bambous cespiteux (Fargesia muriela ‘Simba’ est parfait), permet de protéger les passants, les enfants et vous-même des risques de blessures graves, notamment aux yeux.

Alors… vous plessiez, "j’en suis fort aise !" Et bien tressez maintenant !

CONT 9