Dès l'âge de 18 ou 20 ans, les femmes subissent des frottis de dépistage systématiques. À raison d'un prélèvement tous les deux ou trois ans, selon les médecins, et en fonction de la patiente, on a vite tendance à considérer cet examen comme un mauvais moment à passer. De ce fait, on oublie la raison d'être de ces frottis, qui est essentiellement le dépistage du cancer du col de l'utérus.

Que faire si vous recevez une lettre de votre médecin suite à un frottis ?

Dans la plupart des cas, les médecins se contentent de vous avertir par simple lettre, voire par un coup de téléphone, que le frottis comporte des anomalies. En principe, ces avertissements laconiques ne précisent pas la nature de l'anomalie et déclenchent des angoisses et des inquiétudes.

Il ne faut pas perdre de temps. Recontactez votre médecin pour un nouveau rendez-vous en urgence. Pas question de rester avec des interrogations et des doutes plus que nécessaire. Évitez la politique de l'autruche, vous ne ferez que retarder une inévitable consultation.

Qu'est-ce qu'un frottis de dépistage "ACS-US" ?

Lors du rendez-vous, votre médecin vous donnera des précisions quant aux résultats du frottis. Il ne faut pas hésiter à demander des détails, à se faire expliquer ce qui a été découvert au moment de l'analyse.

Un frottis anormal comporte des cellules dysplasiques ou néoplasiques qui sont classées par ordre de sévérité en CIN I, CIN II et CIN III. Ce qui signifie des cellules pré-cancéreuses à différents stades de développement. On dit d'un frottis qu'il est ACS-US lorsqu'on est en présence de cellules anormales d'origine indéterminée.

Lors de ce nouveau rendez-vous, votre médecin procèdera à une colposcopie (examen indolore à la loupe binoculaire, parfois aussi à une biopsie : prélèvement d'un infime morceau du col de l'utérus en différents endroits) pour une nouvelle analyse destinée à écarter tout risque d'erreur (faux positifs) et confirmer ou infirmer la présence de cellules suspectes.

Le virus human papilloma virus (HPV), responsable des cancers du col de l'utérus

Lors de cette analyse, vous pourrez demander qu'on recherche la présence du virus HPV dans le prélèvement. Ce virus est impliqué dans les cancers du col de l'utérus neuf fois sur dix, cancer qui est le second chez la femme dans le monde. Sachez cependant que, si votre frottis n'est pas ACS-US, autrement dit si on y a trouvé des cellules classées CN I, CN II ou CN III, vous ne serez pas remboursée.

Ce virus se transmet par voie sexuelle, et les femmes peuvent être porteuses durant de longues périodes, parfois plus de vingt ans, avant que celui-ci ne se manifeste silencieusement, d'où l'intérêt des frottis réguliers. Il existe aujourd'hui un vaccin très efficace destiné aux jeunes filles à partir de 14 ans, à faire avant toute relation sexuelle.

Laser, cryothérapie et conisation

Les résultats du prélèvements sont revenus et confirment le diagnostic. Selon la gravité des lésions, votre médecin pourra vous proposer un traitement par laser, par cryothérapie (peu employé) ou une conisation.

Ces traitements se font en milieu hospitalier, sous anesthésie locale ou générale.

Le plus lourd des trois est la conisation, car il s'agit d'un acte chirurgical. Le chirurgien enlève une partie du col de l'utérus semblable à un cône, d'où son nom. Il déterminera à l'aide d'un réactif coloré l'étendue des lésions et retirera la partie atteinte. Une analyse des tissus ôtés confirmera que toute cellule maligne a été enlevée.

La conisation est une intervention sans grandes complications. Le seul risque est hémorragique, c'est pourquoi il faut se reposer une semaine environ, éviter les bains qui ramolliraient la cicatrisation du col. Les relations sexuelles ne pourront êtres reprises qu'après la visite de contrôle, soit un mois après la conisation.

Les saignements après l'opération sont plutôt légers, mais une possible hémorragie peut survenir entre le 10e et le 15e jour suivant l'intervention, au moment où la croûte de la cicatrice est expulsée. Les douleurs sont insignifiantes.

Les suites de la conisation

Comme dans toute attaque cancéreuse, il faut plus que jamais prendre le temps de consulter régulièrement votre médecin. Il pratiquera un frottis de contrôle tous les six mois, puis tous les ans, si les résultats sont négatifs.

Ne négligez surtout pas ces contrôles, aussi fastidieux soient-ils. Une récidive est toujours possible et sans aucun signe annonciateur. Seul le frottis peut détecter la présence de cellules anormales sur votre col.

Pour aller plus loin, vous trouverez quelques réponses aux questions que vous vous posez ici.