En 1966, une jeune Anglaise de 16 ans s'apprêtait à devenir une star mondialement connue. Ca méritait de rester sept heures sous le peigne du coiffeur ! Arte, ce soir, revient sur un destin hors du commun.

Londres, février 1966…

Leslie Hornsby a été convoquée pour poser sous l’objectif du photographe Barry Lategan. Rien que pour la coiffer, sept heures ont été nécessaires. Comme c’est un peu fastidieux, elle en a profité pour feuilleter des magazines. A la une, les Rolling Stones et les Beatles, ses idoles. Elle ignore encore que dans quelques mois elle sera à leurs tables dans les endroits les plus chics de la capitale.

Une séance de photos qui s’avère payante

A l’issue de cette séance marathon, Leonard, le grand coiffeur à la mode, est emballé. Leslie sera son ambassadrice. Mais pas question de divulguer son identité. Elle est son mannequin, c’est lui qui va lui trouver un nom. Ce sera Twiggy (a twig : un bourgeon). Ensuite, à tort, on croira que « twiggy » signifie « maigre ». D’ailleurs, un célèbre animateur de radio, Roger Day, très maigre lui aussi, se faisait appeler Roger Twiggy Day, se présentant comme « your thinner record spinner » (l’animateur radio le plus maigre). A l’époque, il n’était vraiment pas « tendance » d’être maigre. Twiggy trouvait qu’elle ressemblait à… Olive Oyl (la fille dans le dessin animé de Popeye).

Une campagne de presse efficace

Deirdre McSharry, journaliste au Daily express et future rédac’ chef de Cosmopolitan lance le slogan « Visage de l’année » : « I name this girl the face of 1966 », écrit-elle. A l’époque, on n’employait que rarement le terme « anorexique », on disait moins élégamment « squelettique » ! N’empêche que la squelettique jeune fille semble ne pas manquer de charme : elle séduit le monde entier, et particulièrement le coiffeur Justin de Villeneuve qui sera son manager jusqu’en 1973.

Manager et ami

On ne peut empêcher les rumeurs sur le compte du tandem (couple ?) que forment Twiggy et Justin. Mais, au début, tout le monde s’en moque : en 1967, on est certain que Twiggy n’est qu’un phénomène de mode condamné à disparaître aussi rapidement qu’il est apparu. Twiggy et Justin se séparent en 1973. Dans sa première biographie parue en 1975, Twiggy minimise la part de Justin dans son accession au vedettariat. Et dans sa seconde biographie, « Twiggy in black and white », il n’est même plus cité !

Mannequin, chanteuse, actrice… et muse des Beatles

Actrice, elle était en 1971 la vedette de « The Boyfriend », comédie musicale de Ken Russel.

Le célèbre mannequin, qui figurera à côté de David Bowie sur la pochette de l’album « Pin Ups » (1973), avait eu une petite carrière de pop singer sans pour autant entrer au hit-parade anglais ni américain ; en revanche, elle recueillit un succès monumental au Japon. Les quatre chansons enregistrées sur 45 tours en 1967 furent regroupées en 1971 sur l’album « Twiggy and the Girlfriends » aujourd’hui disponible sur CD (les huit autres titres, interprétés par The Silver Screen Syncopators, sont instrumentaux). Récemment interviewée au sujet de ces 4 vieilles chansons, Twiggy expliqua qu’elle n’avait jamais eu le courage de réécouter « ces vieilles horreurs ».

Double Blanc

Fin 1968, lorsque sort le double album surnommé « Double Blanc », on ignore que la chanson « Back in the USSR » a été écrite pour Twiggy par son ami Paul McCartney pour illustrer un documentaire, « Twiggy in Russia ». Un documentaire… qui ne vit pas le jour : l’invasion de la tchécoslovaquie par les chars russes mit un point final au projet. C’est également pour Twiggy que Paul écrivit une assez médiocre chanson, « Gotta sing, gotta dance »… que Twiggy refusa d’enregistrer. Dépité, Paul l’interpréta lui-même, une fois à la télévision américaine.

A 30 ans, la retraite ?

A 20 ans, Twiggy était mondialement connue. A 25, elle commençait à devenir trop vieille pour le mannequinat. Allait-elle prendre sa retraite ? (à suivre en cliquant sur ce lien)