Rome et Écône sont sur le point de sceller un accord historique avec la signature prochaine d'un document. Dans ce rapprochement, qui se joue à l'abri des médias, un nouveau geste fort pourrait intervenir ce 15 août 2012, jour de l'Assomption.

Pour Mgr Bernard Fellay, joint par téléphone, "la signature d'un document fixant les relations entre le Saint-Siège et les disciples de Mgr Lefebvre est une question de jours.....À propos de la réponse que j’ai envoyée , le 17 avril, à Rome, je ne sais pas encore ce qu’en pense la Congrégation de la Foi. Tout simplement, je ne sais pas.

"D’après ce que je peux savoir de sources privées, j’ai l’impression que cela convient. ...."

Rome et Écône sur le point de sceller un accord

Officieusement et dans la plus grande discrétion, les émissaires ont travaillé, de part et d'autre, pour «aboutir à un accord». Ces dernières semaines, les ultimes réglages ont été finalisés entre Rome et Écône pour répondre au mieux aux demandes de «clarifications» sollicitées par le Vatican.

Le désaccord doctrinal entre les lefebvristes et Rome à propos du concile Vatican II est effectivement abyssal. On avait simplement oublié que l'objet de ces échanges n'était pas de trouver un accord, mais d'établir la liste des différences et de leur pourquoi. Avec l'accord à venir, on assistera à la réintégration de tous les catholiques traditionalistes au sein de l'église romaine.

Pour mémoire, Mgr Marcel Lefebvre, "fondateur des traditionalistes", est un homme d'église français né le 29 novembre1905 à Tourcoing (Nord) et mort à Martigny (Valais) le 25 mars1991 (à 85 ans). Comme l'indique le site Wikipedia, il fut "archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l'Afrique française, et il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Figure de l'opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d'Écône, créés pour « former des séminaristes en vue de la prêtrise ». En 1988, il est excommunié latæ sententiæ pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l'aval de Rome....".

En avril, officiellement, le Vatican attendait la réponse de Mgr Bernard Fellay, le chef de fil des lefebvristes. Reçue à Rome, "cette réponse, indique-t-on au Vatican dans l'entourage de Benoït XVI, joint par téléphone, a été aussitôt» analysée.Et le Saint-Siège pourrait annoncer très vite un accord historique avec cette branche de fidèles, connus sous le nom d'«intégristes».....".

L'unité retrouvée pour bientôt ?

Si la curie romaine donne souvent l'image "d'un porte avions" à la manoeuvre, c'est donc en parfaite connaissance de cause, et donc sans aucune ambiguïté, que Rome entend sceller cette unité retrouvée avec Ecône, fief des lefebvristes en Suisse.

Cette unité retrouvéee passera certainement par l'attribution d'un statut spécial, une 'prélature personnelle" déjà expérimentée par l'Opus Dei. Cette structure donne une véritable autonomie d'action dès lors que la foi catholique est partagée. Son supérieur rend compte directement au pape et non aux évêques.

Mais l'image forte, pas comprise par tous les évêques et par tous les cathloliques, que le pape Benoît XVI cherche à laisser aux yeux de l'histoire de l'Église catholique est ailleurs. Elle touche non pas des aspects périphériques de l'Église catholique. Ceux-ci font d'ailleurs déjà bondir les groupes opposés à cette réconciliation. Ici, des "progressistes" de l'Église conciliaire qui voient les "acquis" du concile Vatican II remis en cause. Là, des "ultras" des rangs lefebvristes qui voient là une trahison et une compromission avec la Rome moderniste.

Cette révolution est plus ambitieuse. Elle veut apporter une vision élargie de l'Église catholique. Le théologien Benoît XVI n'a jamais admis qu'en 1962, la bimillénaire Église catholique se coupe de la culture et de la force de son passé. Plus qu'une réconciliation avec les lefebvristes, il entend insufler par ce geste une réconciliation définitive de l'Église catholique avec elle-même. Et il est probablement en communion de pensée avec Mgr Bernard Fellay à Econe.