
- Lit de bronzage : une utilisation raisonnée - flickr
En juillet dernier, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a décidé de classer les appareils de bronzage à émission d’ultra-violets (UV) comme cancérigènes pour l’homme au même titre que le soleil ou le tabac. Selon le CIRC, le risque de mélanome cutané augmente de 75 % quand l’utilisation de ces appareils de bronzage commence avant l'âge de trente ans. Par ailleurs, le bronzage artificiel pourrait également augmenter le risque de mélanome oculaire. Toujours selon le CIRC, l’ensemble des rayonnements ultraviolets (UVA, UVB et UVC) sont cancérigènes pour l'homme.
Les appareils de bronzage sont-ils dangereux ?
Le désir de bronzer ou de le rester à la fin de l’été conduit parfois à se montrer imprudent et peu soucieux des règles de sécurité (la grande majorité - 75 % - des utilisateurs de lits de bronzage sont des femmes).
On sait avec certitude que l'exposition aux UV, qu’elle soit naturelle ou artificielle, est un facteur de risque connu de cancer cutané. L'OMS estime qu’elle risque de renforcer les conséquences néfastes d’une exposition au soleil. Les UV émis par des appareils de bronzage ne sont a priori pas moins nocifs que les UV naturellement émis par le soleil. Le risque est majoré par le fait que les appareils de bronzage exposent davantage de peau au rayonnement que lors d’une exposition classique au soleil.
Par ailleurs, certaines peaux ne bronzeront jamais, même après plusieurs séances. En fonction de la sensibilité aux coups de soleil, on classe les types cutanés en six catégories différentes, de I à VI. Les personnes de type cutané I, avec la peau la plus claire, ne bronzent pas et attrapent très facilement des coups de soleil.
Le rayonnement ultraviolet artificiel est également totalement déconseillé aux enfants et aux adolescents. La législation française interdit d’ailleurs leur accès aux lits de bronzage.
Les effets bénéfiques pour la santé
Outre le fait de se sentir bien dans sa peau en étant bronzé, l'utilisation des lits de bronzage, surtout en hiver, favorise le sentiment de détente et de bien-être. Le soleil est indispensable au corps humain pour synthétiser la vitamine D. Chez certaines personnes, l'exposition au soleil est très réduite et dans ce cas-là, il peut être intéressant d'utiliser les appareils de bronzage. Mais, une courte exposition au soleil et une alimentation équilibrée suffisent en général à assurer la synthèse.
Si le bronzage artificiel fait du bien à la personne qui le pratique, il faut toutefois veiller à respecter certaines consignes :
- Les séances d’UV illimitées sont dangereuses car il faut au minimum 48 h entre deux séances pour que la peau se répare.
- Les yeux doivent impérativement être protégés avec, par exemple, des lunettes.
- Attention à l’association médicaments/bronzage artificiel. Les antidépresseurs, les antibiotiques, les psoralènes, les antifongiques et les antidiabétiques augmentent la photosensibilité de la peau et le risque de brûlures.
Qui peut pratiquer le bronzage artificiel ?
La Commission internationale sur la radioprotection non ionisante (ICNIRP), un organisme indépendant, recommande aux personnes à risques de ne pas utiliser le bronzage artificiel. Ces personnes appartiennent aux groupes suivants :
- les gens appartenant aux phototypes cutanés I ou II
- les enfants et les jeunes de moins de 18 ans
- les gens qui ont un grand nombre de grains de beauté (nævus)
- ceux qui ont tendance à avoir des taches de rousseur
- les sujets qui ont des antécédents de coups de soleil fréquents au cours de l’enfance
- les personnes qui présentent des lésions cutanées pré-cancéreuses ou cancéreuses
- les gens dont la peau est endommagée par le soleil
- ceux qui se maquillent (les produits cosmétiques peuvent renforcer la sensibilité aux UV)
Enfin, les personnes qui prennent des médicaments doivent d’abord demander conseil à leur médecin.
Face à la récente prise de position du CIRC, le SNBPC (Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine) a réagi, affirmant que « la pratique du bronzage en cabine est parfaitement encadrée par la réglementation la plus protectrice au monde. Depuis 1997, le port des lunettes de protection oculaire est obligatoire, le nombre de séances de bronzage maximum recommandé est de 33 à 60 séances par an selon le phototype et la durée d'exposition. Enfin, l'accès est interdit aux mineurs et le rayonnement limité ».
