Autolib', l'ambitieux projet d'autopartage de la ville de Paris, a été attribué à l'entreprise Bolloré le 16 décembre 2010, suite à l'appel d'offres lancé par le syndicat mixte (Paris et 40 communes de banlieue) il y a près de deux ans. Sur le terrain, c'est un challenge considérable qui attend le groupe Bolloré, lequel devra à la fois terminer l'équipement des stations et démontrer la fiabilité de la batterie Batscap de sa voiture électrique.

Deux ans de travail pour répondre à l'appel d'offres

Répondre à un appel d'offres de cette ampleur a représenté des mois et des mois de travail pour les quatre gros concurrents en lisse: le consortium RATP-SNCF-Avis-Vinci Park, le groupe Bolloré, ADA et Veolia. Études techniques de mise en activité, technologies des véhicules électriques, tarification, accessibilité des stations, sans compter les aspects juridiques d'un tel dossier. Des réponses d'appel d'offres qui ont nécessité des mois de lecture et de réflexions de la part des équipes techniques et institutionnelles du Syndicat mixte.

Bolloré et la voiture électrique

L'aventure avait commencé il y a plus de deux ans, lorsque la Blue Car est apparue au salon de l'Automobile 2008, issue du projet B Zéro, né il y a déjà quatorze ans. Quatorze ans pour convaincre l'opinion publique et les constructeurs que la voiture électrique avait un avenir radieux, pour élaborer un petit bijou technologique, équipé de batteries au lithium métal polymère, d'une autonomie de 250 km. Dès le mois de juin dernier, optimiste quant à la commercialisation mondiale de la Blue-Car, Vincent Bolloré a lancé la construction d'une deuxième usine dans le Finistère, où seront fabriquées les batteries Batscap.

C'est sans doute cette expertise et cette ancienneté dans la technologie électrique qui a fait pencher la balance pour l'équipement d'Autolib'. 8 000 véhicules électriques sont déjà en précommande depuis le début 2010 et les premières livraisons ont commencé dans le monde entier, une sorte de CV convaincant pour les clients de Bolloré. Pourtant, ce n'est pas la Blue Car qui sera en circulation dans les rues de Paris, mais un modèle spécifiquement conçu pour cette opération.

Bolloré devra assumer la livraison de 3 000 véhicules électriques, l'équipement des stations et l'information aux voyageurs (formation, assistance, dépannage...), 800 personnes devraient travailler sur ce projet Autolib'.

Autolib': 1000 stations à équiper en région parisienne

Quant au Syndicat mixte, la lourde tâche des travaux de voirie lui incombe, et ils devront démarrer dès le printemps 2011. La circulation intra-muros étant déjà catastrophique avec les travaux du tramway, l'année 2011 devrait être une année noire pour les Parisiens. De quoi en motiver une bonne partie à utiliser Autolib' par la suite. Chaque station sera dotée de quelques emplacements reliés à une borne de chargement et de paiment, et coûtera 50 000 euros.

Il reste que l'autopartage part vers l'inconnu: Paris est la 2e ville d'Europe, après Ulm, à tenter l'expérience, et aucune prévision ne garantit le succès et la rentabilité de l'opération. Bolloré investit donc dans un pari financier de taille, sans aucune assurance quant à son succès.

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