Les Omega 3, le chocolat, la vitamine D… seraient bons contre la dépression. Au-delà des recettes plus ou moins sérieuses, peut-on penser que l’alimentation joue un rôle sur la santé psychique ?

Une étude de l’Inserm menée sur 10 ans

Une étude sur les comportements alimentaires comparés aux accidents psychiques - troubles de l'humeur, dépression - d’une population de 20 000 personnes a été menée par l’Inserm.

Elle s’appuie sur une enquête récurrente réalisée entre 1999 et 2009 auprès d’une « cohorte » : groupe de personnes régulièrement interrogées – en l’occurrence la cohorte Gazel bâtie auprès d’agents d’EDF et GDF.

La population suivie a été classée en fonction de ses habitudes alimentaires .Pour les hommes comme pour les femmes, cinq profils ont été définis selon le type d’alimentation :

  • « allégé » : consommation de plats, boissons, yaourts etc dits « allégés » ou « light »,
  • « sain/légumes » : alimentation à base de légumes, fruits, crus ou cuisinés à l’huile,
  • « occidental » : pratique de repas à base de viandes, charcuteries, féculents, aliments frits,
  • « grignotage » : consommation de petits en-cas entre les repas,
  • « desserts » : consommation régulière de sucreries, viennoiseries, desserts, crèmes glacées….
Un sixième profil apparaît chez les femmes : « sain/poisson » (consommation de fruits et de poisson).

Ces profils ne sont pas exclusifs : on peut appartenir à la fois aux profils « sain/légumes » et « occidental » si l’on consomme beaucoup de fruits et de légumes, mais aussi de viande.

Ces profils ont été comparés à une échelle internationale de symptômes dépressifs (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale ».

Il en est résulté qu’on observe une correspondance entre le mode alimentaire et la propension à manifester des symptômes dépressifs.

Plus de fruits, légumes et poissons : moins de dépression

Les profils « sain/légumes » et « sain/poisson » , c'est-à-dire les personnes consommant régulièrement des fruits et des légumes et les femmes consommant fruits et poisson sont moins sujets à la dépression que les autres.

Gare au grignotage

Tous les nutritionnistes le disent : il n’est pas bon de grignoter à longueur de journée. Cela est vrai pour éviter l’obésité. Il s’avère également que le grignotage a un lien avec les risques dépressifs.

A titre d’exemple, sur l’année 2009, plus de 20% des « fort grignoteurs » avaient manifesté des symptômes dépressifs alors que ce fut le cas de moins de 15 % des faibles grignoteurs ».

De même, les personnes figurant dans les plus hauts scores des profils « occidental », « sucré », « allégé » ont une plus forte propension à être sujettes à la dépression.

La poule et l’œuf

La question se pose cependant : est-ce une alimentation saine qui induit un meilleur état psychique ou est-ce le fait de se sentir déprimé qui induit une compensation vers des sucreries ou du grignotage ?

Des études complémentaires ont été menées pour tenter de le préciser.

Il semble que c’est la dépression qui engendre une faible consommation de légumes et non le manque de légumes qui engendrerait des états dépressifs. Le fait de consommer beaucoup de légumes (profil sain/légumes) serait donc la marque d’un état psychique satisfaisant, les légumes n’étant pas par eux-mêmes protecteurs Par contre, la consommation de poisson chez les femmes semble avoir un effet protecteur : l'effet Oméga 3 ?

Sources

Journal d'information de la cohorte Gazel n°46 - juillet 2012

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