Bag Monster, l'Amérique refuse les sacs plastiques

Bag Monster à Bioneers 2007 - Bag Monster
Bag Monster à Bioneers 2007 - Bag Monster
L'activiste californien Andy Keller sillonne les États-Unis pour attirer l'attention sur les dangers que représentent nos sacs plastiques pour la nature.

Le costume d’Andy Keller, plus connu sous son surnom de «Bag Monster» (le Monstre en Sacs), ne crée peut-être pas autant le buzz que la robe à la viande, arborée par Lady Gaga lors des derniers MTV Video Music Awards, mais son message est plus clair: contre la distribution des sacs plastiques non réutilisables. Non contents de polluer la terre, ceux-ci finissent dans nos océans et causent la mort de milliers d’animaux.

Le Bag Monster, c’est qui? C’est quoi?

C’est en 2005 qu’Andy Keller lance sa première campagne d’information sur les dégâts causés par les sacs plastiques. Il confectionne une énorme boule composée de 500 à 700 sacs plastique (la quantité utilisée par un individu en un an) et se rend sur les marchés californiens pour montrer de visu aux gens la quantité de sacs qu’ils utilisent chaque année. Un jour, il décide de s’en faire un costume. Le Bag Monster est né. Les sacs sont accrochés sur une combinaison en Velcro et Andy s’entoure en plus d’une véritable mer de plastique qui représente la somme moyenne de sacs qu’une seule personne consomme dans sa vie – soit environ 45 000. Évidemment, tous les sacs utilisés dans la démonstration de l’activiste ont été collectés par lui et déjà utilisés. L’été dernier (2010), le Bag Monster a parcouru les États-Unis sur son tricycle et fait étape dans 15 villes qui envisagent l’interdiction de ces sacs: San Francisco, Portland, Seattle, Austin, St-Louis… pour terminer son périple en apothéose médiatique au cœur de New York, à Times Square, le 15 septembre dernier. Si le message est délivré sur le ton de l’humour, le but n’en est pas moins très sérieux: éveiller les consciences sur les dégâts causés par cette surconsommation.

Les chiffres d’une catastrophe écologique

Les Américains utilisent chaque année plus de 30 milliards de sacs plastiques, qui nécessitent pour leur fabrication 12 millions de barils de pétrole. À l’échelle mondiale, la consommation dépasse les 500 milliards d’unités par an. Pour la plupart, ces sacs ne servent qu’une fois et ne sont pas recyclés. Ils finissent donc dans des décharges, au mieux, lorsque ce n’est pas dans la nature et dans la mer. Et quand on sait qu’un seul de ces sacs met des dizaines, voire des centaines d’années à disparaître… Ils sont responsables de la mort de plus d’un million d’oiseaux chaque année, qui s’y prennent comme dans un piège, ou – et c’est aussi le cas des poissons – qui les confondent avec des proies et les ingèrent. En étudiant des cadavres de tortues de mer, des chercheurs ont fait un triste constat: en Floride, leurs estomacs contenaient près de 56% de déchets plastique; au Brésil, ce chiffre dépasse les 60% et il frôle les 80% en Méditerranéenne occidentale. C’est que, d’après un rapport du programme environnemental de Nations Unies datant de 2006, on trouve près de 50.000 détritus par kilomètre carré d’océan. Et tous les océans sont concernés par ce fléau, du cercle polaire à l’équateur.

Pour des sacs réutilisables

Pour ceux qui se montreraient indifférents à la pollution ou au sort des animaux, ajoutons que tout le plastique ingéré à un bout de la chaîne alimentaire finit à l’autre bout, c’est-à-dire dans nos assiettes.

Certains états américains ont décidé de prendre les choses en main, la Californie en tête, qui pourrait bien être le premier état à généraliser l’interdiction totale des sacs plastiques, déjà en vigueur ponctuellement dans des villes comme San Francisco ou Oakland. Chacun, à son niveau, a les moyens d’agir. Les citoyens peuvent encourager ou pousser leurs municipalités à prendre des mesures telles que l’élimination, dans tous les magasins, des sacs plastiques à usage unique. Chacun peut aisément passer au sac réutilisable ou au cabas à roulettes. Attention aux sacs en papier, dont on pense à tort qu’ils sont la solution: 10 milliards d’exemplaires sont utilisés chaque année, ce qui correspond à l’abattage de 14 millions d’arbres. Mais les gouvernements aussi peuvent prendre le problème en compte et légiférer pour que les grandes enseignes adoptent toutes une attitude incitatrice à l’égard des sacs réutilisables et mettent en place des collectes des sacs usagés pour en assumer le recyclage.

ROB en 4 vues, Flucky

Raphaëlle O'Brien - Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours griffonné dans des carnets. Les journaux intimes et les poèmes ...

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