Près de trois ans après son second opus Gravity At Last, Joy Olasunmibo Ogunmakin, bien mieux connue sous son nom de scène Ayo, opère un vaste retour cette année. Attendu pour le 7 mars 2011 sur Polydor, Billie-Eve est un projet discographique regroupant quinze chansons et surtout celui qui porte le même nom que son second enfant, sa fille Billie-Eve, n’ayant pas encore soufflé sa première bougie.

Des collaborations fructueuses ont donné naissance à Billie-Eve

Si son prochain disque est très personnel, celui-ci est aussi plus abouti, sophistiqué et plus riche que ses deux prédécesseurs, Joyful en 2006 et le haut en couleurs Gravity At Last en 2008, avec quelques invités très prestigieux et des compositions qui privilégient les émotions à fleur de peau. « Je voulais absolument qu’on enregistre l’album à New York, et on avait le choix entre deux studios, Avatar ou Sear Sound. J’ai choisi le second qui est confortable et plein de bonne énergie », a expliqué Ayo.

« J’ai voulu une équipe resserrée, histoire de faire un retour aux sources. J’ai réalisé les chansons moi-même, et comme musiciens j’ai choisi Gail-Ann Dorsey, qui joue de la basse avec David Bowie, Craig Ross, le guitariste de Lenny Kravitz, et Flemming Lauritsen à la batterie, un drummer old school avec un son très Band Of Gypsys. Après les enregistrements new-yorkais qui ont duré cinq jours, comme pour mes deux précédents albums, je suis retournée en studio à Paris faire quatre chansons avec deux de mes musiciens de tournée, dont "It Hurts" et “Real Love“, sur lesquelles Matthieu Chedid (- M -) est venu jouer de la guitare ».

Billie-Eve ou un florilège de sonorités

La couleur musicale de ce troisième opus puissant est manifestement éclectique, allant du reggae au rock psychédélique avec de jolis passages blues et soul, le tout surplombé de paroles poignantes, les plus intenses qu’Ayo ait jamais écrites. Julia, l’histoire vraie et bouleversante d’une petite fille malheureusement atteinte d’un cancer incurable, est le sommet émotionnel d’un disque capable d’explorer tous les sentiments avec la même conviction.

Seul invité vocal sur l’album Billie-Eve, le poète Saul Williams ajoute une merveilleuse touche de spoken word au titre original Believe, sur lequel la chanteuse germano-nigérienne prend un malin plaisir à jouer de la guitare électrique.

Ayo née Artiste

Qu’Ayo reprenne I Want You Back des Jackson 5 ou qu’elle chante la beauté de la femme sur I’m Gonna Dance, c’est la même profondeur d’âme qui domine, cette façon époustouflante d’apprivoiser les mots et de les marier à des musiques qui leur fournissent un écrin idéal. « On est tous sur cette terre pour une raison, je pense que tout est écrit », a lancé la musicienne. « Moi, j’ai eu la chance de vivre mon rêve et de rencontrer les bonnes personnes pour le mener à bien. Il y a des gens qui ne me comprennent pas quand je dis ça, mais j’ai toujours su que j’étais destinée à être artiste ».

Le meilleur album de sa jeune carrière musicale

Billie-Eve est le témoignage poignant et dansant d’une chanteuse hors pair dont l’évolution artistique est toujours notable depuis son premier CD en 2006, Joyful. « Ce troisième album est plus direct, plus rêche, plus simple. Il a ce feeling rock à cause des guitares électriques, car contrairement à mes deux précédents disques, j’ai joué très peu de guitare acoustique », a confié Ayo, avant de conclure. « Je sais qu’on dit souvent que c’est le premier disque qui est le plus important, mais pour moi c’est celui-là. Billie-Eve m’a ouvert des nouvelles portes, je l’ai réalisé moi-même et j’en suis très fière »... Et vous, qu’en pensez-vous ?