Sept œuvres célèbres, sur le thème des vendanges et de l’automne qui est associé, à découvrir dans les musées de France ou d’Allemagne ! Célèbres ou plus méconnues elles sont de papier ou de bronze, d’argent ou d’huile sur toile, de tapisserie ou de plâtre.

Les vendanges médiévales : tapisserie et livre d’heures au XVe siècle

La Tapisserie des Vendanges est une œuvre tissée au XVe siècle par les lissiers d’Aubusson et actuellement présentée au musée de Cluny à Paris. Impressionnante avec ses 2,46 m de haut et ses 4,95 m de large, c’est une véritable illustration des pratiques, qui met en scène les tâches et tous les aspects de la vendange. On voit la vigne cultivée en rangs, les cueilleurs ainsi que le palefrenier et le cheval qui amènent le raisin vers le pressoir. Sur la partie gauche de la tapisserie, un homme foule les grappes des pieds, une femme recueille le jus du raisin, de manière très traditionnelle, sous l’œil attentif du seigneur. En second plan, plus « moderne » un autre pressoir guidé par une barre et avec une vis sans fin. Au chai, le travail du vin. Un semis de fleurs et feuillages orne le tout.

Au musée Condé à Chantilly, est détenu le célèbre livre d’heures Les Très Riches Heures du duc de Berry, daté de 1416 – 1440 et achevé certainement en 1486. Fruit du travail artistique des frères de Limbourg et très certainement de Barthélémy d’Eyck, le feuillet présentant Septembre, de dimension 22,5 x 13,6cm, est illustré par les vendanges. Le château de Saumur en Anjou, région déjà viticole à l'époque, sert de décor à la scène, et en premier plan, les vignes cultivées sont occupées par des personnages qui cueillent du raisin ou se reposent. On y voit les grappes dans des paniers et des hottes fixées sur des mulets qui les transportent. Ces hottes sont elles-mêmes déversées dans des cuves chargées dans des charrettes tirées par des bœufs.

Au XVIIIe siècle des huiles sur toile, vendanges pour Versailles ou à Cologne

Exposée dans la Grande salle à manger, au Petit Trianon, Les Vendanges ou l’Automne est une célèbre huile sur toile (2.55 m x 2.77 m) de l’artiste Noël Hallé, peinte entre 1772 et 1776. Les modèles sont Vendanges et Automne, bien sûr, mais aussi Bacchus, la Chèvre et les Satyres, le raisin, la beuverie… dans une scène mythologique. L’acte de vendange est plus suggéré qu’exposé, et la vigne ne se devine qu’en second plan, accrochée au tronc et aux branches des chênes. Le thème est ici en relation directe avec Les Quatre Saisons et évoque le plaisir. Ce tableau, daté et signé "HALLE 1776", sera commandé par Louis XV (le Bien Aimé) en 1768, et livré en 1772 mais retouché en 1776. La toile est restée à Versailles, et depuis 1979 est inscrite au Patrimoine Mondial par l'Unesco.

Particulièrement intéressante, en comparaison de la précédente, et de la même époque, l’huile sur toile de Jacob Philipp Hackert (1737–1807) apporte une autre vision des vendanges, plus technique. L’œuvre Vendanges d’autrefois ou L’automne (qui représente les vendanges près de Sorrente), peinte vers 1784, présente de manière plus explicite la vigne lianescente qui grimpe haut dans les chênes. Les hommes montent avec leurs paniers dans les cimes, par de hautes échelles. Les paniers pleins de grappes sont descendus par des cordages et les femmes les réceptionnent et les portent sur leur tête jusqu’au pressoir. Un homme y foule le raisin ; un autre en recueille le jus que d’autres femmes portent jusque la cuve attelée à deux bœufs pour l’y verser. La toile de 97 x 66cm est visible au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne (Allemagne).

La Coupe des vendanges, du XIXe siècle

Exposée au Musée du Louvre (département des objets d’art du XIXe siècle) La Coupe des vendanges est une œuvre d’orfèvre ou se mêlent agate, argent, argent doré et émaillé et perles. Haute de 35 cm et large de 37, elle doit son nom au thème de sa monture : la vigne et l'ivresse. Réalisée vers 1884 par François-Désiré Froment-Meurice, elle reflète l'admiration caractéristique de la Monarchie de Juillet pour l'art de la Renaissance. L’artiste organise autour d’une coupe ovale en agate jaune et sur sa monture de soutien en argent doré une véritable iconographie liée au vin : cep de vigne entremêlé de sarments, feuilles et grappes, amours grimpant sur l’anse, personnages évoquant les différentes formes d'ivresse (poétique, amoureuse et bacchique)…

Sculpture de bronze ou de plâtre, les vendanges au XXe siècle

Présentée sur le site de l’Union des Maisons de Champagne (UMC – Reims, 1 rue Marie Stuart), la sculpture "Les vendanges" de Emile Peynot fait partie d'une série de reproductions réduites (60 cm de haut) de la sculpture originale. Ce bronze est à l’identique du bronze monumental qui était présentée dans le pavillon des Grandes Marques et Maisons de Champagne lors de l’Exposition Universelle de 1900, sous un hall d’exposition. Si cette œuvre originale semble avoir disparu aujourd’hui, le pavillon et les sculptures du célèbre artiste-sculpteur suscita l'admiration de 2 millions de visiteurs ! L’œuvre représente un vigneron et une vigneronne en habit traditionnels, elle cueillant les grappes qu’elle dépose dans un panier, lui vidant un panier dans la cuve du pressoir.

Propriété de la commune de Bar-sur-Seine dans l’Aube, et exposée en mairie, la sculpture en plâtre Scène de Vendanges est une œuvre signée de Briden D., et datée de 1908. Haute de 160cm et d’un diamètre de 130cm, la sculpture est une scène qui s’organise autour du pressoir (une carafe à vin) qu’un homme et une femme actionne à la force des bras. Hymne à l’amour, à la nature et au vin, l’œuvre en blanc immaculé évoque aussi une certaine pureté.