La scène hagiographique relate la rencontre d’un chasseur avec un cerf miraculeux. Hubert aveuglé par la vision tombe de cheval, s’agenouille et entend une voix qui lui dit : « Hubert, pourquoi me poursuis tu ? Jusqu’à quand la passion de la chasse te fera t’ elle oublier ton salut ».

Dés lors Hubert réforme sa vie, se retire puis succède à Saint Lambert sur le siège épiscopal de Maastricht. Là il accomplit de nombreux miracles.

L’installation

L’enceinte sacrée circonscrite par la reproduction du vitrail se présente dans un lieu profane plongé dans le noir et côtoie la machinerie installée par Gadenne.

Le dispositif scénique utilise un processus qui recrée l’image par la lumière du projecteur et remplace la main et le pinceau de l’artiste. La lumière est ici créée par l’homme et la technique, si ceux-ci disparaissent l’image s’efface, éphémère et évanescente comme le serait une vision.

L’image diffusée contient une référence directe au vitrail et à l’art religieux. Chargé de symboles et de traditions, le vitrail incarne l’art de la lumière et du feu, proche de la magie et du sacré : du matériau le plus vil et inerte, le sable et la cendre, naît une substance immatérielle qui parle de lumière colorée et de lumière divine.

Le symbole de la lumière

La lumière est la manifestation la plus évidente de la divinité et joue dans la pensée chrétienne le rôle de la beauté absolue. La vive lumière colorée transperce le noir de la pièce, l’image apparaît telle une brusque et aveuglante révélation, une rencontre avec le sacré, la vision de Saint Hubert. Le spectateur détient le pouvoir divin de faire revivre l’image ou d’abolir la magnificence du vitrail en appuyant sur un bouton !

Faut il considérer que l’artiste se contente de reproduire, grâce à la technique, la beauté de l’art du passé en opposant obscurité et exaltation de la couleur ? Ce serait accorder bien peu de contenu à l’oeuvre et un spectateur attentif y lira la volonté de l’artiste d'offrir à son visiteur et à lui-même la sensation d’être de nouveaux créateurs ; il dit « Pour voir clair j’ai toujours eu besoin d’obscurité ».

Le Vitrail

Le choix de la présentation d’un vitrail ancien n’est pas anodin ; ce dernier est au service d’autres valeurs que lui-même, il a un contenu philosophique. Il relie l’intérieur et l’extérieur, intermédiaire entre le monde du dehors et l’enclos de la prière, il a la propriété de réunir le passé et la modernité, les vieilles pierres et les jeunes verrières. Il confronte l’image et l’idée.

On connaît le rôle important de certains artistes contemporains sur le renouveau du vitrail. La perte du sens religieux n’implique pas la perte du sacré et l’art contemporain n’est pas seulement né d’une recherche purement formelle.

A ses origines et à celles de l’abstraction se retrouvent des interrogations plastiques et des problématiques métaphysiques qui ne sont pas étrangères à une certaine forme du religieux.

Collection FRAC Nord Pas De Calais