Question hold-up, je pensais avoir du pif, mais celui d’hier a viré au fiasco. Un vrai bide ! Y’a qu’à voir ma carcasse ce matin. J’en ai encore mal aux cheveux. Il faut dire que j’suis tombé nez à nez avec le vigile de la banque, Maurice Gidouille, un gars qu’a rien dans le cigare, tout dans les biscotos !

La caboche

Avec ses paluches – des pinces, j’vous dis pas !, il m’a assaisonné la caboche dès qu’il m’a trouvé devant le coffre en train de remplir le premier sac. Et pourtant, j’m’étais creusé le citron, cassé le tronc si vous préférez, pour faire en sorte de ne pas tomber dessus !

Hélas, en deux temps trois mouvements, il m’a éclaté la truffe, élargi les naseaux et salement esquinté les écoutilles, ce dont j’avais pas besoin étant déjà dur de la feuille depuis mon plus jeune âge (l’excès de taloches, sans doute !).

Jason Statham

Côté toiture, heureusement que j’ai le front dans le cou comme Jason Statham (mon acteur "britiche" préféré), sinon, c’est sûr, l’Maurice, avec ses grosses pognes, aurait tiré sur ma tignasse jusqu’au dernier tif !

Autre satisfaction (si j’peux dire) : j’ai pu sauver mes belles bacchantes, qu’il a voulu arracher par deux fois, histoire, je pense, d’avoir une preuve de mon larcin, car mes moustagaches sont connues dans toute la région.

Au niveau du palpitant

Voyant que mon carafon était solide, Maurice m’a ensuite frappé dans le bidon, mais comme j’avais rien dans le buffet – la boîte à ragout était vide !, j’ai pas jeté du cœur sur le carreau, enfin j’ai pas dégueulé sur les biffetons !

Infatigable, cette brute m’a aussi bourré les côtes, donné un coup de godasse dans le gigot droit et, plus ennuyeux, dans les roubignoles. Il m’a enfin envoyé un coup de boule au niveau du palpitant, ce qui m’a mis H.S. tout de suite.

Miss Gros Nibards

À ce moment précis, j’peux le dire : j’avais les foies

C’est alors que mon associée, Jeannette, alias Miss Gros Nibards, quittant la pièce où elle remplissait le deuxième sac, est arrivée ventre à terre, aussi vite que si elle avait eu les pieds dans le dos

Les gambettes à Momo

Maurice, qui ne l’avait pas vue, a été sacrément surpris par le coup de tatane que Jeannette lui a flanqué illico dans les gambettes… Il faut dire que cette ancienne Miss Maine-et-Loire au châssis encore appétissant met un point d’honneur à pratiquer les hold-up avec des talons aiguilles !

Et ce, au nom de la féminité : « Comme tu m’imposes de cacher ma trombine avec un masque de Charles Pasqua, m’a-t-elle dit une fois, j’veux quand même montrer que bandit n’est pas un métier réservé aux hommes ! »

Lui serrer le quiqui

Sidéré de voir que le faux Charles Pasqua était en fait une simple nana – et de surcroît avec des miches, des cannes et un pétard à damner un saint ! – Maurice demeura coi quand Jeannette lui sauta au colbac et se mit à lui serrer le quiqui avec ses ongles de 2 centimètres certifiés incassables…

Mais, voyant que son absence de réaction risquait de l’envoyer ad patres (à cause du quiqui serré mais aussi parce que Jeannette sentait l’épaule de mouton), Maurice s’attaqua au masque de Pasqua qu’il retira vite fait avant d’agripper avec force la petite choucroute d’une Jeannette vexée de voir sa fiole subitement mise à nue.

« Bon Diou, c’est toi !, qu’il lui cria le Maurice. Ma Jeannette, que j’ai tant aimée y’a dix ans, quand on était en stage de réinsertion à l’ANPE ! Tu te souviens ? »

Un enfant dans le dos

« – Je me souviens surtout, vieux cochon, que t’essayais de me caresser le popotin avec tes sales mains baladeuses ! Et qu’tu m’as fait un enfant dans le dos le jour où t’es allé raconter au patron que j’t’avais dit que c’était un vieux nase

– Ta gueule avec c’te vieille histoire ! cria-t-il. Comme y’ avait qu’un poste à pourvoir, j’avais jugé bon de changer mon fusil d’épaule ! »

Ces paroles furent les dernières que Maurice prononça, car deux gangsters de compétition venaient d’entrer dans la salle et, après avoir crié « en joue », le tuèrent d’une balle dans le citron.

« J’aime ni les vigiles ni les faux-culs », dit l’un d’eux.

Quant à Jeannette et moi, qui faisions une tête longue comme le bras, nous eûmes juste le droit de rentrer chez nous. Sans un biffeton, bien sûr.

La queue entre les jambes

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