Les Jeux Olympiques sont bien entendus voués au sport et bon nombre d'anecdotes lui sont relatives. Mais ils ont souvent été aussi le théâtre d'événements qui dépassent ce simple cadre comme en témoignent certaines de ces petites histoires.

Médailles et défilés

C'est à Saint-Louis aux États-Unis, en 1904, que les premières médailles sont attribuées aux athlètes. Mais il faudra attendre 1932 et les Jeux de Los Angeles pour que ces récompenses soient remises sur un podium.

Le défilé des participants derrière leurs drapeaux respectifs remonte quant à lui à 1908, lors des JO de Londres. Et les cinq anneaux qui symbolisent l'olympisme datent des JO d'Anvers en 1920.

Médaille mal gravée

En 1928, le Comité International Olympique organise un concours pour sélectionner l'artiste qui aura l'honneur de graver les médailles olympiques. Un privilège qui revient à l'Italien Giuseppe Cassioli. Ce dernier choisit de représenter de manière assez classique la déesse Niké, symbole de la victoire, sur la médaille. Mais en arrière-plan, il grave le Colisée romain, suggérant par erreur ou esprit partisan une origine italienne aux JO.

Erreur réparée 72 ans plus tard lors des Jeux d'Athènes de 2004. Le stade de Panathénaïko, théâtre des premiers Jeux de l'ère moderne (1896) remplacera dès lors en toile de fond sur les médailles, le fameux Colisée. Mieux vaut tard que jamais!

Tricherie caractérisée

Pour obtenir le titre suprême, la fin justifie parfois les moyens. Ceux utilisés par Fred Lotz lors des JO de 1904 à Saint-Louis resteront dans l'histoire. Victime de crampes au terme du premier tiers du marathon olympique, l'athlète américain couvre une vingtaine de kilomètres en voiture, se fait débarquer peu avant l'arrivée et franchit la ligne en vainqueur dans un état de fraîcheur remarquable. Finalement démasqué, il cède le titre à Thomas Hicks son second. La morale est sauve.

Marathon fatal

JO de Londres, 1908. La victoire semble promise à l'Italien Dorando Pietri qui arrive détaché dans l'enceinte du stade olympique. Las! Épuisé par les efforts consentis, il emprunte la piste d'arrivée à contre sens, s'effondre à cinq reprises, franchit finalement la ligne soutenu par un médecin et un officiel... avant d'être déclassé au profit de l'Américain Johnny Hayes.

Owens secondé par un adversaire allemand

En difficulté dans l'épreuve olympique de qualification du saut en longueur aux JO de Berlin (1936), Jesse Owens reçoit le concours de son principal adversaire, l'Allemand Lutz Long, qui lui aurait dit: "Tu dois te qualifier les yeux fermés. Pourquoi ne traces-tu pas une ligne de 30 centimètres avant la planche et ne cherches-tu pas à prendre ton appel de là? Cela t'évitera de mordre." Conseil appliqué à la lettre. Mieux, Owens enlèvera le titre quelques jours plus tard sous les yeux de son plus farouche opposant, Hitler!

Histoires et Histoire

La grande Histoire rattrape souvent la petite. Lors des Jeux de Londres en 1948, les séquelles de la seconde guerre mondiale ne sont pas encore effacées. L' Allemagne, que le relais de la flamme olympique depuis Athènes a soigneusement évitée, et le Japon sont absents. Dans les rangs français s'illustre un certain Alain Mimoun, qui a failli perdre sa jambe pendant la guerre lors de la bataille de Monte Cassino. C'est aussi le début d'une longue rivalité avec son adversaire de toujours le Tchèque Emil Zatopek.

Ségrégation raciale et Jeux

Les JO de Rome (1960) marquent l'avènement d'un des plus grands boxeurs noirs de l'histoire, l'Américain Cassius Clay, titré dans la catégorie des 81 kilos. Quelques années plus tard, alors qu'on vient de lui refuser l'entrée d'un restaurant de l'Ohio fréquenté par des Blancs, il jette symboliquement sa médaille d'or au fond du fleuve Ohio. Trente-six ans plus tard aux JO d'Atlanta une médaille similaire lui sera restituée. Un dédommagement un peu tardif pour le boxeur alors atteint par la maladie de Parkinson.

Dans le même (triste) registre, comment ne pas mentionner le geste de désespoir de Tommie Smith, relayé par son compagnon John Carlos sur le podium olympique du 200 mètres des JO de Mexico? L'Américain brandit un bras ganté de noir alors que retentit l'hymne américain pour alerter l'opinion sur la discrimination raciale qui sévit dans son pays. Il sera quelques jours plus tard exclu du village olympique!

Beamon au royaume de la démesure

Mexico toujours, théâtre d'un fabuleux record à mettre au crédit de l' Américain Bob Beamon, auteur d'un bond prodigieux au saut en longueur: 8 mètres 90, soit 55 centimètres de mieux que le précédent record. Le rail de l'appareil de visée optique qui faisait son entrée en service olympique se révélant trop court, il faudra que les juges utilisent un bon vieux décamètre à ruban pour mesurer l'exploit.

Fosbury, le novateur

Dick Fosbury: cet athlète vous dit quelque chose? Il a donné son nom à la technique aujourd'hui classique qui sert à effacer une barre à la hauteur. En 1968 pourtant, aux JO de Mexico, il est le seul à utiliser cette pratique, le saut ventral faisant l'unanimité. Et ce jeune Américain amuse beaucoup le public mexicain. Il remporte pourtant le concours. Aujourd'hui le ventral est tombé aux oubliettes.

Le bus américain et Borzov

Valeriy Borzov est le premier sprinter européen titré aux JO, ceux de Munich (1972) en l'occurrence. Ses deux principaux adversaires, les Américains Eddie Hart et Reynaud Robinson se verront disqualifiés faute de s'être présentés au départ de la course. Ils auraient manqué le bus qui devait les conduire au stade. Stratégie d'évitement?