En 2005, a eu lieu à l'UNESCO, une exposition baptisée "Ensemble". Cette exposition présentait une série de 21 oeuvres réalisées en commun, sur le même support, par trois artistes venus d'horizons très différents : Maître Akéji, (calligraphe japonais shintoïste), Marcel Hasquin (peintre belge catholique) et Rachid Koraïchi (plasticien algérien musulman). Ces 21 oeuvres étaient complétées par trois séries de sept oeuvres individuelles destinées à mieux comprendre le cheminement intellectuel des trois artistes et les concessions consenties par chacun pour tendre vers cette écriture commune.

Partons à la découverte de Maitre Akéji, calligraphe japonais à l'itinéraire exceptionnel.

Genèse d'un futur artiste

Akéji est né à Kyöto, en 1938, dans un lieu où se trouvait jadis un ancien palais impérial. A l'âge de trois ans, il a été recueilli par l'un de ses grands-pères, qui vivait dans le massif de Kuramayama, au nord de l'ancienne capitale du Japon. C'est là qu'il découvrit la tradition des arts martiaux et qu'il apprit l'art des pinceaux.

Akéji a été élevé dans la tradition bouddhiste et s'est adonné à la discipline Zen.

Pendant sa jeunesse, il a également fait des séjours dans des monastères Shinto et s'est familiarisé avec la pharmacopée traditionnelle du Japon ancestral. Ces expériences ont profondément marqué son art.

Influences croisées de l'Extrême Orient et de l'Occident

Fin connaisseur de la voie japonaise, Akéji a également étudié le droit à l'université de Kyoto et la chimie et les sciences naturelles à l'université de Shimane. Il a aspiré très jeune à la synthèse entre les traditions orientales et les traditions occidentales. Devenu dans les années 60 conseiller du gouvernement japonais de l'époque, il réalise à cette occasion un premier voyage en Europe. Son art manifeste cette connaissance intime de l'Orient et de l'Occident.

Akéji aujourdhui

Installé avec son épouse sur les flancs du massif où son grand père lui a inculqué les traditions du Japon ancien, Akéji mène une vie d'ermite. Il élabore lui-même ses pigments, renouant avec les traditions japonaises ancestrales : minéraux, plantes, étoffe, bois, encre et pinceau. Il expose ses calligraphies dans le monde entier, mais revient toujours vivre en ermite au pied de la montagne de sa jeunesse où son épouse lui prépare la Cérémonie du Thé chaque jour. La rencontre avec ses oeuvres ne peut laisser indifférent : force mystique, puissances telluriques, traditions ancestrales du Japon s'allient en une symphonie picturale emprunte de force et de sagesse.

Akéji à l'Unesco : Exposition Ensemble, avec Rachid Koraichi et Marcel Hasquin.

Au cours de l'hiver 2003, au coeur d'une Abbaye normande cistercienne du 12è siècle, l'Abbaye Blanche de Mortain, trois traditions, trois oeuvres et trois artistes se sont rencontrés pour préparer l'exposition "Ensemble" qui a eu lieu à l'Unesco de Paris. Ces trois artistes aux traditions et au parcours différents ont accepté de travailler à des oeuvres communes, sur un même support, chacun conservant son identité propre et distincte. Leurs oeuvres communes sont le manifeste d'un dialogue interculturel et inter-religieux où chacun conserve les richesses de son identité culturelle, religieuse et artistique.

A lire : Maitre Akéji, Le sabre et le pinceau, Albin Michel 2003. Une oeuvre magnifique mariant les calligraphies de maitre Akéji à des poèmes de la plus pure tradition japonaise, le Waku, dont dérive la forme poétique Haiku.