Adrien Vuillemin a été tué le 21 mai 2009, alors qu'il discutait avec un groupe d'amis, tranquillement assis sur un banc du parking du complexe Raymond Troussier à Decines. Mort d'une balle en pleine tête, à l'âge de 20 ans, Adrien s'est écroulé, dans l'incompréhension générale. Très vite l'enquête avait été ouverte, des prélèvements effectués, un suspect arrêté. Et pourtant 3 ans après les faits, les parents d'Adrien lancent un appel à témoins, désespérés de pouvoir enfin obtenir une réponse à ces deux questions qui hantent leurs jours et leurs nuits : qui a tué leur fils ? et pourquoi ?

Le principal suspect

Dès le lendemain même du drame, la police avait placé en garde à vue pour homicide volontaire un homme âgé de 58 ans, habitant un immeuble situé à une quarantaine de mètres du banc où discutait Adrien et ses amis. Lors de la perquisition dans son appartement, des balles de 22 long rifle avaient été découvertes par les enquêteurs, ainsi que des traces de poudre sur les vêtements et les mains du suspect, mais aucune arme. Ces traces ont donné lieu à trois analyses et contre-analyses successives. Là où les premières analyses ont été affirmatives quant aux résidus de tirs, les deux autres ont soulevé un doute, insistant sur la mauvaise qualité des prélèvements qui n'auraient pas été effectués avec toutes les précautions nécessaires. Aujourd'hui, l'enquête piétine. Le suspect présumé, qui a toujours nié les faits, a été relâché. Et à cause d'une orientation de l'enquête dès le début sur cette seule piste, négligeant l'exploration des alentours de la zone du drame, ou la mise en examen d'autres suspects potentiels, l'issue de l'instruction est désormais bien incertaine.

Un appel à témoins

C'est parce que les parents d'Adrien ont vu leur vie s'arrêter en même temps que celle de leur fils que depuis trois ans ils multiplient les interventions dans la presse, à la télévision, et à la radio pour que leur voix, leur colère, leur tristesse, et leur incompréhension soient entendues. C'est pour cela qu'ils ont fait rebaptiser le square au nom d'Adrien. Pour cela qu'ils ont organisé des marches à sa mémoire. Des lectures par ses amis et sa famille.

Et c'est parce que les parents d'Adrien ne peuvent pas envisager l'idée de voir la mort de leur fils se solder par un non lieu et de ne jamais connaitre l'auteur de ce crime, qu'ils ont lancé un appel à témoins diffusé à l'échelle nationale. Ils ont également mis en place une ligne téléphonique (06 88 52 07 41) et un site internet pour que toute personne souhaitant témoigner puisse le faire de façon anonyme. De façon à apporter tout nouvel indice, toute information susceptible de relancer l'enquête sur une nouvelle piste. Pour qu'enfin la procédure puisse avancer, que le meurtrier soit identifié, inculpé et condamné. Pour que justice soit faite. Et que la mort d'Adrien ne reste pas impunie.