Filles en jeans moulants et chapeau Stetson vissé sur la tête des garçons (on s'attend à trouver les chevaux attachés à la sortie), musique country-rock et bière fraîche : goûter à l'ambiance “saloon” d'un Honkey Tonk Bar de Denver, c'est déjà entrer dans la légende du Far West Américain. Un premier contact chaleureux avec le Colorado, dont Denver s'honore d'être la capitale culturelle et sportive. C'est en tout cas une ville aux multiples visages. Il suffit de traverser la rue, et nous voici dans un club de jazz où les musiciens, tout sourire, occupent le quart de la petite salle, dans un cadre plus intime qui rappelle les tableaux de Edward Hopper. On comprend déjà que Denver est plus qu'une ville-étape sur le chemin des Rocheuses. Et deux journées suffisent à peine pour s'imprégner des murs de brique rose de la ville où repose Buffalo Bill (un musée lui est consacré).

Nature exceptionnelle

Le passage par le Colorado History Museum s'impose également pour comprendre les influences indiennes et hispaniques de la ville. Et il ne faut pas partir sans faire au moins un tour par le hall du Brown Palace, l'un des plus vieux hôtels du Colorado, construit en 1892. Denver, Capitale culturelle, historique, mais également sportive, située à seulement une heure de la fameuse station de ski d'Aspen, dont les quatre domaines skiables font le plein en hiver (le Colorado regroupe au total 24 stations de sports d'hiver). Aspen, porte d'entrée des Montagnes Rocheuses, donne un avant goût d'une nature exceptionnelle, puisque l'Etat compte pas moins de 58 sommets de plus de 4000 mètres!

Indiens Pueblos

Le site de Mesa Verde est lui aussi perché : sur un immense plateau de 20.000 ha, ce parc a préservé l'architecture troglodyte des Indiens Pueblos. C'est une ville entière qui a ainsi été creusée dans la roche, avant d'être abandonnée à la fin du XIe siècle, à l'apogée de cette culture Pueblo qui s'était développée avec la commerce de la vannerie et en introduisant les cultures de maïs sur les hauts plateaux (“mesas”). Il ne faut pas manquer le beau musée à l'entrée du parc, qui présente des belles collections de pièces artisanales. La visite mérite de durer une journée entière, surtout en mai, à l'occasion du festival de musique et d'artisanat Mesa Verde Indian Arts.

Paysages de western

De Mesa Verde à Durango, on passe de l 'Amérique des Indiens Pueblos à celle des pionniers du XIXe siècle. Plus de trace en effet des Indiens Navajos et Anasazis qui vécurent à l'emplacement de Durango pendant des siècles, et dont le souvenir semble avoir été emporté par le Rio de las Animas Perdidas (Le Fleuve des Ames Perdues) qui traverse la ville. Sur la route, certains paysages de montagne du Colorado rappellent immanquablement les westerns de John Wayne. Et pour cause : c'est ici que le plus célèbre cow-boys de Hollywood a tourné nombre de ses films.

Look de trappeur

On pourrait également se croire au milieu d'un décor de cinéma dans les rues de Durango. C'est sans doute l'effet du look de trappeur de nombreux habitants de cette petite ville, de ses “ saloon ” de western, sans oublier sa célèbre ligne de chemin de fer, la Durango & Silverton Narrow Gauge Railroad, qui permet de rejoindre les anciennes mines de Silverton. Le trajet n'a bien évidemment plus qu'une vocation touristique, mais la promenade dans les wagons ouverts aux quatre vents vaut le coup d'œil, pour l'authenticité de la gare de Durango, la beauté des panoramas, et les nuages de charbon crachés par la vieille locomotive. Ça pique un peu les yeux, mais c'est aussi le prix à payer pour conquérir ces terres méconnues de l'ouest Américain.