Sur son agenda, Louis XVI nota, le 14 juillet 1789 : « Mardi quatorze : rien. ». Les nouvelles ne parvenaient pas vite à Versailles. Le roi ne pouvait pas imaginer ou même deviner que, plus tard, la chute de vieille et orgueilleuse Bastille qui dressait ses huit tours au-dessus du faubourg Saint-Antoine deviendrait le symbole de la victoire du peuple et de la chute de la monarchie. Sur le moment, l’événement, de médiocre importance en soi, surprit l’opinion. Depuis quelques semaines, pourtant, l’effervescence grandissait. Des bruits absurdes couraient : des brigands menaçaient les populations, les aristocrates méditaient d’affamer les Parisiens, le roi concentrait des troupes pour mater la capitale. Le 12 juillet 1789, la nouvel du renvoi du populaire Necker accrut l’agitation : des orateurs improvisés annoncèrent une prochaine « Saint-Barthélemy » de patriotes. Le 13, les députés du tiers-état, réunis à l’Hôtel de Ville, créèrent, pour protéger la ville, un comité permanent qui décida la formation d’une milice civique. Dès le lendemain, la foule alla s’emparer de 3000 fusils et de quelques canons aux Invalides, Puis à la Bastille afin d’y prendre d’autres armes.

La Bastille

La vieille forteresse, qui servait de prison d’Etat et dont les hautes tours dominait l’est de Paris, avait alors comme gouverneur le marquis de Launay, en fonction depuis 1776. Celui-ci commandait une très faible garnison, composée de 30 gardes suisses et de 85 invalides de guerre. Voyant les manifestants – nombreux – approcher, il tenta de parlementer et accepta même de faire reculer les canons installés au sommet des remparts, mais il laissa imprudemment les émeutiers pénétrer dans les cours avancées.

D’où partit le premier coup de feu ?

Sans doute de la forteresse, où comme dit Rivarol, Launay, affolé, « perdit la tête avant qu’on la lui coupât ! ». Ce fut en tout cas le signal de la ruée. Les gardes-françaises, qui s’étaient joints aux bandes populaires, braquèrent leurs canons contre les grosses tours. Après 4 heures de combat, au cours duquel les assaillants perdirent une centaine d’hommes, Launay capitula, sous promesse de vie sauve. Il n’en sera rien, puisqu’il sera traîné, massacré et décapité à l’Hôtel de Ville. La victoire ne se fait pas sans mensonge. Seront libérés de la prison symbole du despotisme royale deux fous, un débauché et quatre faussaires.

Le roi alerté

Apprenant la nouvelle, le roi accepta de renvoyer les troupes concentrées autour de la capitale et rappela Necker. En déplacement à l’Hôtel de Ville, Louis XVI accepta d’arborer symboliquement la cocarde tricolore, signe d’une nouvelle France. Pour anecdote : Palloy, un entrepreneur de démolition, tailla dans la pierre de petite Bastilles. Il mourut ruiné.

Source et complément

Coup de feu un 14 juillet